Que reste-t-il, au juste, du repêchage de 2014 chez le Canadien ? Ce n’est pas bien compliqué, il reste un seul joueur.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Toutes nos félicitations à ceux qui ont ici reconnu Jake Evans, le seul rescapé de cette pauvre récolte dans le camp montréalais. Une récolte qui aura permis de repêcher six espoirs au total, tous portés disparus ou presque.

Le dernier survivant de cette liste fut aussi, littéralement, le dernier de la liste, puisque Evans avait été à l’époque un lointain choix de septième tour. Mais puisque les bons gars ne finissent pas toujours derniers, il est aussi celui qui aura eu la plus belle carrière du groupe.

Dans son cas, c’est loin d’être terminé, et à 25 ans, Evans semble être le meneur dans la course pour le poste de troisième centre chez le Canadien.

« Tous les joueurs essaient de se prouver lors d’un camp d’entraînement, a-t-il expliqué vendredi à Brossard. C’est mon cas aussi et je ne m’inquiète pas de savoir si j’ai un poste ou non. Je donne le meilleur de moi-même et ensuite, je suis convaincu que tout finit par s’arranger. »

Evans est de cette race de joueurs qui partent de loin, souvent confrontés à de nombreux obstacles, et qui ne peuvent jamais se permettre de lever le pied. C’est précisément cette ténacité qui lui a permis de faire sa place chez le Canadien la saison dernière, au moment où d’autres tenaient peut-être certaines choses pour acquises.

« J’ai pu disputer des matchs la saison dernière, ça m’a donné de l’expérience et de la confiance, et ça fait en sorte que je suis de plus en plus à l’aise sur la patinoire, a-t-il ajouté. Je veux être un joueur intelligent qui prend les bonnes décisions, je veux être celui qui repère des coéquipiers sur la glace et qui fabrique des jeux. Je ne vais pas être celui qui épate tout le monde avec son lancer frappé, mais je sais que je suis capable de faire le bon jeu, et ça m’aide. »

La saison dernière, dans un rôle limité, Jake Evans a récolté 13 points en 47 rencontres. En séries, malgré la blessure que l’on sait, il a tout de même trouvé une façon d’apporter sa contribution en seulement sept matchs, avec un but et une passe, mais aussi avec un jeu défensif qui lui a attiré des éloges de ses patrons.

Cette saison, surtout avec le départ de Phillip Danault, le rôle de Jake Evans pourrait être moins limité. C’est du moins ce que laisse entendre Dominique Ducharme.

« Il a fait l’ajustement nécessaire assez rapidement entre le hockey universitaire et le jeu de la Ligue américaine à Laval, a noté l’entraîneur-chef du Canadien. Il a eu des hauts et des bas, mais on le voit grandir. Il a fait sa place l’an passé. Il a montré de belles choses et il peut continuer à avancer. Il a compris ce qu’il doit faire pour avoir du succès. »

Pour un choix de septième tour, seul rescapé de sa cohorte, c’est déjà beaucoup.