Marc-André Fleury porte désormais l’uniforme des Blackhawks de Chicago, mais force est de constater qu’il a encore sur le cœur la manière dont il a été traité par les Golden Knights cet été.

Katherine Harvey-Pinard
Katherine Harvey-Pinard La Presse

Dans une entrevue avec Frank Seravalli du site Daily Faceoff, la semaine dernière, Fleury et son agent Allan Walsh sont revenus sur le fameux échange qui a secoué la planète hockey à la fin juillet.

Rappelons que l’organisation du Nevada est devenue l’une des rares à échanger le gagnant en titre du trophée Vézina, qui plus est contre rien, sinon un attaquant des ligues mineures. Le dernier à avoir changé d’adresse avec le trophée encore tout chaud est Dominik Hasek en 2001, mais les Sabres de Buffalo avaient obtenu en retour l’attaquant Vyacheslav Kozlov, un choix de première ronde et des considérations futures…

Fleury a expliqué avoir rencontré le directeur général Kelly McCrimmon une première fois après l’élimination des Knights aux mains du Canadien en troisième ronde des séries éliminatoires, le printemps dernier. À ce moment, le dirigeant lui aurait dit qu’il « regardait toutes ses options ».

« Je pense que je l’ai appelé ensuite à la mi-juillet pour voir ce à quoi il pensait, de quel côté il penchait, a-t-il raconté. À ce moment, il n’était pas certain. Il écoutait les équipes. Il n’avait pas d’idée claire sur ce qu’il voulait faire la saison prochaine. Mon agent lui a parlé après le repêchage et à ce moment aussi il n’était pas certain de ce qu’il voulait faire. »

« Puis j’ai appris que j’étais échangé », a-t-il dit.

Quatre jours plus tard, pour être précis. Sur Twitter, pour être encore plus précis.

Selon les dires de McCrimmon, l’information aurait coulé sur les réseaux sociaux alors que l’échange n’était pas complété : « une excuse faible », selon l’agent de Fleury, Allan Walsh.

« J’ai eu une tonne d’appels de directeurs généraux à propos d’échanges avant qu’ils n’aient été complétés, a soutenu Walsh en entrevue. Fleury était le visage de la franchise, Vegas était tout pour lui. »

« Le propriétaire des Golden Knights dit miser sur l’honneur et l’intégrité. Tu penserais que quelqu’un appellerait et dirait : "Marc-André, nous voulons que tu saches que nous avons fait une entente verbale pour t’échanger. Nous en parlerons plus en détails plus tard, mais nous voulons te montrer du respect en te le laissant savoir directement de nous. Merci pour tout." Ça n’aurait pris que 30 secondes. Fleury méritait au moins ce respect. »

Le cerbère de 36 ans, qui était la vedette de la franchise depuis sa création en 2017, a pour sa part affirmé que son passage à Vegas a été « une des plus belles expériences » qu’il a connue au hockey.

Souvenons-nous que Fleury a pris quelques jours, après l’échange, avant d’annoncer qu’il se rapporterait aux Blackhawks. Selon ce que rapporte Frank Seravalli, ceux-ci auraient proposé au gardien de lui faire faire des allers-retours à Vegas quand l’horaire le permettrait pour rendre visite à sa famille. Fleury a cependant préféré amener sa famille avec lui à Chicago.

« Après avoir joué dans la bulle à Edmonton pour environ deux mois, je ne pouvais pas penser à ne pas voir mes enfants pendant si longtemps. Je n’aime pas ça. J’aime les avoir avec moi », a-t-il mentionné.

Le Québécois ne se le cache pas : il pensait qu’il terminerait sa carrière à Vegas.

« Le propriétaire l’a dit dans les médias la saison passée, aussi, a-t-il évoqué. Je ne sais pas combien de saisons il me reste à jouer, alors je pensais que je pourrais vivre là après le hockey. »