(Montréal) Alors qu’un groupe montréalais aidant les victimes d’agressions sexuelles continue de critiquer la décision du Canadien d’avoir repêché un joueur reconnu coupable d’une infraction sexuelle en Suède, les commanditaires qui ont précédemment exprimé leurs inquiétudes disent qu’ils vont maintenir leur lien avec l’équipe.

Virginie Ann La Presse Canadienne

Le Groupe St-Hubert et Desjardins se sont dits satisfaits des excuses présentées la veille par le propriétaire de l’équipe, Geoff Molson.

Les commanditaires avaient publiquement remis en question la décision du Tricolore de sélectionner Logan Mailloux vendredi dernier.

Les entreprises ont annoncé jeudi leur décision de poursuivre leur association avec le Tricolore.

PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE

Nous apprécions le fait que M. Molson ait assumé la responsabilité de la décision et s’en soit excusé.

Josée Vaillancourt, porte-parole de St-Hubert

Desjardins a déclaré dans un communiqué être également satisfait de la réponse de l’équipe.

« Nous avons contacté le Canadien lundi pour partager notre malaise face à cette décision, a déclaré la porte-parole de Desjardins, Valérie Lamarre. Nous sommes satisfaits de la sincérité des commentaires exprimés par Geoff Molson. »

Pour Trêve pour Elles, un groupe à but non lucratif basé à Montréal qui lutte contre la violence sexuelle, le fait que la Ste-Flanelle ne revienne pas sur ce choix de repêchage est une erreur.

« Le message reste le même, que le bien-être et la sécurité des femmes valent moins que la carrière d’un homme », a déclaré Geneviève Brochu, travailleuse sociale du groupe.

Mailloux a été condamné à une amende par les autorités suédoises l’an dernier après avoir reconnu deux chefs d’accusation liés au partage, sans son consentement, d’une photo d’une femme en train d’accomplir un acte sexuel.

Par communiqué, Molson a exprimé que les actions de Mailloux « ne reflètent en rien les valeurs » de l’équipe, ajoutant que le CH n’avait aucune intention de nuire à la victime en repêchant Mailloux, et qu’ils se sont engagés à éduquer les gens sur le consentement sexuel.

Il a déclaré que le Canadien a demandé à Mailloux de ne participer ni au camp des recrue ni au camp d’entraînement, cet automne.

Le Groupe St-Hubert a déclaré dans un communiqué que l’entreprise est convaincue que le club prendra des mesures pour sensibiliser le public aux inconduites sexuelles.

« Cela apportera, espérons-le, des changements positifs, a déclaré Vaillancourt. Nous continuons de désapprouver les actes d’abus et les comportements répréhensibles, quel que soit le statut d’une personne dans la société. »

Au Canada, la publication non consensuelle d’une image intime est une infraction au Code criminel et, dans les cas les plus graves, est passible d’une peine d’emprisonnement pouvant aller jusqu’à cinq ans.

« C’est un crime, a dit Brochu. Tourner autour du pot et utiliser des expressions comme’erreur grave’ou’erreur de jeunesse’contribue à la banalisation et à la culture du viol. »

Clara Descurninges a contribué à ce texte