À une époque autrement moins rose pour le Tricolore, Stéphane Richer avait été conspué pour avoir déclaré qu’il n’y avait pas que le hockey dans la vie.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Autres temps, autres mœurs : à la veille d’un autre match dit « sans lendemain » pour le Canadien, Corey Perry a rappelé, sourire en coin, que peu importe le dénouement de la série finale qui oppose son équipe au Lightning de Tampa, « en fin de compte, c’est juste du hockey ».

Perry a déjà vu neiger – image audacieuse en juillet, mais passons. Il roule sa bosse dans la LNH depuis plus de 15 ans. La rencontre de ce mercredi, la cinquième de la série menée 3-1 par le Lightning, sera sa 1261e en carrière. Il a remporté la Coupe Stanley en 2007 et il participe aujourd’hui à sa troisième grande finale. Trois autres fois, il a atteint la demi-finale.

Pas plus tard que l’an dernier, alors qu’il évoluait avec les Stars de Dallas, il a marqué un but gagnant en prolongation qui a gardé son équipe en vie contre ce même Lightning, qui s’est toutefois imposé 2-0 pour remporter la Coupe le surlendemain.

Son pouls ne s’accélère donc pas lorsqu’on lui demande ce que son expérience passée lui dicte pour l’avenir à court terme du Canadien. « Ce sera mon message, demain : soyez préparés à travailler, mais en fin de compte, c’est juste du hockey. Alors, ayez du plaisir. »

Les séries éliminatoires, estime-t-il, doivent être considérées dans leur ensemble, pas seulement sur un match ou une courte série de matchs.

« Il y a des hauts et des bas, des changements de dynamisme ici et là. Tu dois seulement être prêt à jouer le prochain match avec énergie et confiance. Tu dois jouer pour gagner, pas pour perdre, car tu sais que [l’adversaire] sera au sommet de sa forme. »

Folie

Au lendemain d’une victoire dramatique de 3-2 en prolongation qui a gardé le Canadien en vie, l’ambiance était curieusement détendue au point de presse quotidien de l’équipe.

Alors qu’on s’apprêtait à s’envoler pour Tampa, ville que doit frapper la tempête tropicale Elsa au cours des prochaines heures, l’entraîneur-chef Dominique Ducharme a avoué que plus rien ne le surprenait, après la saison rocambolesque qu’a connue son équipe et l’improbable parcours en séries qui a suivi.

PHOTO FRANÇOIS ROY, LA PRESSE

Le Canadien a remporté une victoire de 3-2, lundi soir, grâce à un but de Josh Anderson (17) en prolongation.

Selon lui, une victoire à Tampa pourrait semer le doute dans l’esprit des joueurs du Lightning, probablement davantage que l’a fait le gain de lundi.

« Ça fait un bon moment que tout ce qui nous arrive, on le prend, on le regarde, et on se dit que ça fait probablement partie de notre destinée, a-t-il philosophé. Ç’a été fou, mais on est une bande de gars un peu fous, ici [crazy bunch of guys, en anglais]. On accepte le défi qui se présente à nous. »

Perry a (encore) souri lorsqu’un journaliste lui a rapporté les propos de son entraîneur.

« Toute la saison a été chaotique, a-t-il rappelé. On est passés par tout, que ce soit la COVID, notre manière de jouer certains soirs… Et voilà qu’on s’en va possiblement dans un ouragan à Tampa. J’espère que [le voyage] se passera bien, car on doit jouer ce match [mercredi] et revenir ici. On sera prêts. »

« On s’amuse, a-t-il renchéri. C’est plaisant que ça arrive ici, avec toute la ville derrière nous. On est l’une des deux dernières équipes encore dans le coup. C’est ce dont on rêve comme enfants. On a hâte à demain. »

En bref

Les « bêtes » Edmundson et Chiarot

PHOTO JEAN-YVES AHERN, ARCHIVES USA TODAY SPORTS

Ben Chiarot

Joel Edmundson et Ben Chiarot n’ont pas seulement été les deux joueurs les plus utilisés de leur club, lundi, ils ont aussi disputé un match inspiré sur le plan défensif. Ils ont ensemble distribué 12 mises en échec et bloqué 6 tirs. On retient notamment leur travail en infériorité numérique, phase de jeu pendant laquelle Chiarot a, à lui seul, disputé presque 8 minutes. En fin de troisième période et en prolongation, le duo a écoulé en entier la pénalité de 4 minutes imposée à Shea Weber. « On devait y aller avec nos éléments qui peuvent nous sortir d’une situation comme ça. Ce sont des gars importants pour nous », a dit Dominique Ducharme à leur sujet. « Ce sont des bêtes, a abondé Jake Evans. En infériorité numérique, ils sont intelligents et difficiles à affronter. Je ne voudrais pas jouer contre eux. »

Evans à l’honneur

Laissé de côté dans les deuxième et troisième matchs après avoir connu une première rencontre difficile contre le Lightning, Jake Evans n’a pas raté son retour dans la formation, lundi soir, en remplacement de Jesperi Kotkaniemi. Employé sur un trio à caractère défensif avec Paul Byron et Artturi Lehkonen, il a été de toutes les batailles et a même été à l’origine du deuxième but de son équipe. « Ce qui est bien, avec Jake, c’est qu’on peut l’utiliser dans plusieurs situations, a souligné Dominique Ducharme. Il patine bien, il prend les mises au jeu du bon côté, il joue en désavantage numérique… C’est un joueur intelligent qui nous amène de la vitesse et qui fait de petits jeux qui n’apparaissent pas nécessairement sur la feuille de match. Gagner des batailles, couper des jeux, récupérer des rondelles en zone critique, des choses comme ça. On pense que c’était important pour nous de compter sur lui, Lehky et Paul, et ils ont connu un match solide. »

Formation inchangée

À moins d’une « surprise », la formation qui prendra part au match numéro 5, pour le Canadien, demeurera intacte par rapport à la rencontre précédente. On comprend donc que Kotkaniemi sautera encore son tour, tout comme les défenseurs Jon Merrill et Erik Gustafsson, à qui l’on a préféré Alexander Romanov et Brett Kulak, lundi. « On sait que chaque match est différent, mais ces gars-là ont fait du bon boulot. Il y a de bonnes chances qu’on revienne avec la même formation. Des fois on a des surprises, mais on aime ce que ces gars ont amené. On devrait les voir demain. »