Le Canadien ne joue peut-être pas souvent en avantage numérique. Mais à un moment où l’on cherche par tous les moyens à marquer des buts, il n’y a pas de mauvaise idée pour essayer de trouver l’étincelle qui sauvera sa saison.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Le Tricolore a consacré la quasi-totalité de son entraînement de dimanche matin à son jeu de puissance, et ce, sous toutes ses déclinaisons – cinq contre quatre, cinq contre trois, quatre contre trois. On souhaitait mettre l’accent sur cette phase de jeu à la veille du quatrième match de la finale de la Coupe Stanley, menée, rappelons-le, par le Lightning de Tampa Bay au compte de trois victoires à zéro.

Depuis le troisième tour, le Canadien ne passe plus que trois minutes et des poussières par match en avantage numérique. Une nette diminution par rapport aux quatre minutes et demie de la saison. Or, « qu’on ait qu’une seule chance ou qu’on en ait quatre, on doit être prêts dès la première occasion », a souligné Jeff Petry.

Deux changements majeurs ont été apportés sur le plan de l’effectif. D’abord, Petry a retrouvé son poste sur la première vague. Après y avoir passé pratiquement toute la saison et le début des séries éliminatoires, il avait été relégué à la deuxième vague après qu’une blessure à un doigt l’eut forcé à rater deux matchs.

Ensuite, Jesperi Kotkaniemi a perdu sa place sur la deuxième vague, remplacé par Eric Staal.

Les nouvelles combinaisons à cinq contre quatre :

1re vague : Suzuki-Toffoli-Caufield-Petry-Perry

2e vague : Staal-Anderson-Gallagher-Armia-Weber

L’entraîneur-chef du Canadien, Dominique Ducharme, n’a pas fourni de justification pour ces changements. Dans le cas de Kotkaniemi, par exemple, il a simplement dit que l’équipe continuait de « travailler » avec lui « au jour le jour », mais que pour le quatrième match, on sentait « que ce sont les unités qu’on a besoin d’utiliser pour avoir du succès ».

En uniforme ?

Il n’est sans doute pas exagéré de se demander si Kotkaniemi sera même en uniforme lundi.

Lors de la dernière rencontre (défaite de 6-3), le Finlandais de 20 ans a présenté le pire bilan de son camp en matière de possession de rondelle et s’est retrouvé sur la glace pour deux buts et quatre occasions de marquer de qualité (contre aucune) du Lightning à cinq contre cinq. Toutes positions confondues, il a été le joueur du Canadien le moins utilisé.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi

On peut se poser la même question au sujet d’Erik Gustafsson, dont l’absence semble autrement plus probable. Sa présence dans la formation étant attribuable à son talent en attaque, qui compense d’une certaine manière ses maladresses en défense, on peut douter des chances de le voir n’être employé qu’à forces égales. Vendredi soir dernier, il s’est rendu directement responsable du cinquième but du Lightning.

Fidèle à son habitude à la veille d’un match, Ducharme a gardé pour lui les changements finaux qu’il apporterait à sa formation. On devrait avoir un portrait plus clair de la situation à l’entraînement matinal de lundi.

L’entraîneur-chef a seulement indiqué que si Gustafsson était laissé de côté, il n’était « pas inquiet » que son remplaçant, vraisemblablement Brett Kulak ou Alexander Romanov, serait « prêt à jouer ».

Utilisation modifiée

Petry, pour sa part, n’a pas voulu gonfler l’importance à accorder à son retour sur la première vague du jeu de puissance. Il a simplement suivi les demandes formulées par le personnel d’entraîneurs, a-t-il dit.

Il a néanmoins précisé que la blessure à un doigt qu’il a subie au deuxième tour contre les Jets de Winnipeg guérissait bien, ce qui lui donne la possibilité de décocher des tirs avec plus d’aisance et de force.

La mention n’est pas dénuée d’importance. Car le temps de glace de Petry a considérablement changé depuis qu’il est revenu au jeu pendant la série demi-finale contre les Golden Knights de Vegas.

Avant sa blessure, Petry passait 2 min 35 s par match en avantage numérique, une valeur légèrement supérieure à sa moyenne de la saison. Depuis son retour, son utilisation a chuté à 1 min 7 s dans ces circonstances. L’Américain, en outre, ne joue pratiquement plus du tout en infériorité numérique, une unité qui l’employait 2 min 16 s en moyenne en séries avant sa blessure, et à peine 12 secondes depuis.

Au sujet des changements de personnel en avantage numérique, Petry a insisté sur le fait que le premier quintette qui affrontera le Lightning lundi « a bien fonctionné dans le passé ». Vérification faite, il a produit un but contre les Knights de Vegas, mais avait été blanchi par les Maple Leafs de Toronto au premier tour en un peu moins de 5 minutes de travail.

Un match à la fois

Ne comptez toutefois sur personne, chez le Canadien, pour parler du passé, lointain comme présent.

Tout le monde a appris la comptine par cœur. Avec un retard aussi considérable à combler dans la série contre le Lightning, on aborde désormais la situation « un jour à la fois, un match à la fois », dixit Jeff Petry.

« On doit rester positifs, a rappelé Josh Anderson. On se prépare à travailler fort et à fournir un effort total » dans ce qui sera « le match le plus important de l’année ». Tout ceci dans l’objectif avoué de reprendre l’avion, mardi, en direction de Tampa pour un cinquième match.

PHOTO FRANÇOIS ROY, ARCHIVES LA PRESSE

Josh Anderson

« Tout le monde va être prêt, a encore promis Anderson. Rien n’est terminé. »

Petry a sans doute eu la remarque la plus colorée du jour. Invité à dire si l’idée d’empêcher le Lightning de soulever la Coupe Stanley au Centre Bell constituait une motivation supplémentaire en vue du match de lundi, il a répondu, tout bonnement : « On ne veut pas voir le Lightning soulever la Coupe du tout. »

La volonté est louable, mais l’Histoire et les probabilités sont du côté des Floridiens.

Il n’empêche qu’en 2021, le Canadien a déjà fait mentir les deux. Il lui reste quatre matchs pour le faire de nouveau.