(Tampa, Floride) Il y a un bout de chez nous à l’Amalie Arena dans les matchs entre le Lightning et le Canadien. En plus de Julien BriseBois, Mathieu Darche, Frantz Jean, Yanni Gourde, Alex Killorn, David Savard, Mathieu Joseph et des autres Québécois dans l’organisation ici, bien sûr.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Ce bout de chez nous, ce sont les milliers de petits bracelets lumineux qui scintillaient pendant les présentations d’avant-match mercredi. Des bracelets fournis par l’entreprise montréalaise PixMob.

Sur place, l’entreprise est représentée par Xavier Bégin-Leblanc, opérateur-programmeur, qui veille au bon fonctionnement de la présentation.

« Mon cœur est avec le Canadien, mais dans le contexte actuel, ma tête est avec le Lightning ! », lance-t-il entre deux gorgées de bière sure dans une microbrasserie en périphérie du centre-ville.

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Xavier Bégin-Leblanc

Comme les journalistes québécois qui suivent cette finale de la Coupe Stanley, Bégin-Leblanc est « coincé » en Floride en attendant un possible retour à Tampa pour le cinquième match. Le pauvre.

Alors, un opérateur-programmeur, ça fait quoi, exactement ?

« Pour nous, le match de mercredi a commencé lundi. On avait 16 000 bracelets à regrouper et auxquels il fallait donner une adresse, une section, détaille-t-il. C’est ce qui donne une granularité, un contrôle, qui me permet de faire des diagonales, des cercles concentriques, des pointes de tarte qui tournent. On peut faire plein de détails. »

L’opération de distribution doit être complétée la veille du match. D’ailleurs, lorsque nous avons pris place dans les gradins de l’Amalie Arena, mercredi matin, pour observer les entraînements matinaux des deux équipes, les bracelets étaient déjà déposés sur les dossiers des bancs. Un par banc. Une opération qui a pris environ cinq heures et qui s’était conclue vers 22 h la veille du match.

« Ensuite, je continue à faire des modifications dans la programmation. Le jour du match, on est arrivés vers 13 h, pour faire des corrections. À 18 h, c’est la générale. On rode le show. Souvent, c’est la première fois qu’on le voit dans le noir. Moi, je suis derrière la console, c’est comme une console d’éclairage normale, et je pèse sur les boutons. »

Toute cette préparation pour un moment relativement bref. C’est que la LNH demande que les bracelets soient éteints pendant le match, pour éviter les distractions visuelles. Et puis, « aussitôt que les lumières qui éclairent la patinoire sont allumées, on peut continuer tant qu’on veut, on voit vraiment moins les bracelets ! ».

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Un bracelet de PixMob

Cette finale, c’est bien beau, mais PixMob a du vécu, avec à son actif des tournées de Taylor Swift, des Spice Girls, plusieurs clients dans la NBA et la LNH, sans oublier quelques Super Bowl. Notamment le spectacle de la mi-temps du dernier Super Bowl, dont on se demande si The Weeknd a fini par trouver la sortie. « On est habitués au “heat” des grands évènements », souligne notre homme.

Et puis, lors de la série Canadien-Golden Knights, PixMob a fait son entrée chez le Canadien pour la première fois. L’entreprise avait déjà contribué à la facture visuelle de spectacles au Centre Bell, mais jamais à un match du Tricolore. En plus des bracelets, PixMob avait alors utilisé les pixels ultralumineux NOVA, ce qui permet d’« occuper l’espace des bancs vides », souligne Xavier Bégin-Leblanc.

Reste à voir si l’initiative sera répétée l’an prochain, devant un amphithéâtre un peu plus rempli.