(Tampa) Assis dans les gradins de l’Amalie Arena, Vincent Lecavalier pointe vers un joueur du Lightning de Tampa Bay et y va d’un geste de la main tout en donnant des explications à son fils, qui écoute attentivement.

Alexis Bélanger-Champagne La Presse Canadienne

De retour sur les lieux où il a soulevé la coupe Stanley en 2004, Lecavalier insiste pour dire qu’il ne fait que profiter du bon temps en famille. Ce n’est pas la troisième présence en sept saisons en grande finale du club avec lequel il a disputé 14 de ses 17 campagnes dans la LNH qui va lui donner des fourmis dans les jambes.

« Je me suis entraîné hier et j’ai mal au dos ce matin, dit Lecavalier en riant lors d’un entretien à l’impromptu avec La Presse Canadienne. Juste de suivre ça et de regarder les matchs, c’est agréable. »

Lecavalier, qui a récolté 949 points, dont 421 buts, en 1212 rencontres dans la LNH, a été ralenti par des blessures en fin de carrière. Cinq ans après avoir accroché ses patins, il ne s’ennuie pas de l’éprouvant calendrier de la LNH.

« Honnêtement, je suis passé à autre chose, insiste celui dont une bannière avec son numéro 4 flotte dans les hauteurs de l’Amalie Arena. J’apprécie vraiment le hockey et encore plus depuis que j’ai fini. Je regarde plus de matchs.

« Juste de jouer en séries, ce serait incroyable. Mais passer à travers les 82 matchs (de la saison), je sais que je ne serais plus capable de faire ça. »

Lecavalier apprécie malgré tout d’avoir la chance de suivre de près certains de ses anciens coéquipiers lors de leur deuxième parcours d’affilée jusqu’en finale de la Coupe Stanley.

Contrairement à l’an dernier, quand les séries de la LNH se sont déroulées dans des bulles à Toronto et Edmonton, Lecavalier a cette fois la chance de suivre l’aventure en personne et en famille.

« Avoir la foule ici, c’est la meilleure expérience pour nous et pour le monde de Tampa, souligne-t-il. Évidemment, si le Lightning gagne encore, les gens vont pouvoir vivre l’expérience qu’ils souhaitaient avoir l’an dernier avec les célébrations. »

Et si jamais le Lightning devait s’incliner cette fois-ci face au Canadien de Montréal, le lauréat du trophée Maurice-Richard en 2007 croit que ce ne pourrait être que partie remise.

« Nous sommes chanceux à Tampa parce que je pense que cette équipe-là peut gagner encore pendant les cinq ou six prochaines saisons, dit Lecavalier. Mais c’est dur de gagner la coupe Stanley. »

Lecavalier, qui est âgé de 41 ans, habite toujours dans la région de Tampa. Le natif de L’Île-Bizard profite de la vie de famille.

Pendant l’hiver, il est entraîneur de l’équipe de hockey de son garçon âgé de 9 ans, Gabriel. Lecavalier croit que ce sont des moments comme ceux que vit Gabriel présentement qui inspireront une génération à jouer au hockey dans la région de Tampa.

« Ça amène la passion aux jeunes comme on le voit à Montréal, comme moi quand j’étais jeune dans les années 1980. De vivre ça à Tampa, c’est spécial », souligne-t-il.

Lecavalier joue aussi le rôle de cadet, au golf, pour ses filles âgées de 11 et 8 ans, Victoria et Amélia.

Lundi soir, avant le premier match de la série entre le Lightning et le Canadien, Lecavalier a participé à la cérémonie d’avant-match. Il a été responsable d’allumer la bobine électrique dans les hauteurs de l’Amalie Arena. Il était accompagné de Gabriel et de l’un de ses amis.

Pendant l’entraînement matinal du Lightning, mercredi, Gabriel a reçu une rondelle de la part d’un joueur au début de l’entraînement. À la fin de la séance, Anthony Cirelli a fait signe au garçon de s’approcher de la bande. Il lui a ensuite remis un bâton par-dessus la baie vitrée.

« Ç’a fait sa journée, et la mienne aussi », admet Lecavalier.

Quand fiston est heureux, papa l’est aussi. Et Lecavalier n’a pas de raison de s’ennuyer des longs hivers à arpenter les quatre coins de l’Amérique du Nord.