Comment un joueur qui a inscrit 61 points en 55 matchs pendant la saison peut-il être blanchi six fois en six rencontres en demi-finale de la Coupe Stanley ?

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

C’est la question à laquelle tentera de répondre Mark Stone au cours de l’été. Le capitaine des Golden Knights n’a pas été l’ombre de lui-même contre le Tricolore. Il avait possiblement été le pire joueur de son club dans le match numéro 5, disputé à Vegas. Et dans le match numéro 6, à Montréal, il a été, au mieux, invisible, incapable de décoder la couverture étanche orchestrée par Phillip Danault et par la défense du CH.

« C’est un sentiment assez terrible », a lancé Stone, tout de go, quelques instants à peine après le but d’Artturi Lehkonen en prolongation.

Le joueur de 29 ans, qui a assuré qu’il n’était pas blessé, n’a emprunté aucun détour.

« J’ai été très mauvais dans cette série, a-t-il lancé. Ça ne peut pas arriver. Je suis le capitaine de cette équipe. Je prends toute la responsabilité de ce qui est arrivé. »

Je veux apprendre de mes erreurs et faire de cette équipe une gagnante de la Coupe Stanley, pas juste une prétendante.

Mark Stone

Il a rendu hommage au travail du Canadien, dont les défenseurs « sont gros et jouent dur » et dont le groupe d’attaquants est « responsable ». Mais il n’en démord pas : « Je peux les vanter tant que je le veux, ultimement, ça revient à moi et aux meilleurs joueurs de notre équipe. »

Stone peut prendre tout le blâme du monde s’il le désire. Mais comme l’a martelé son entraîneur, il n’a pas été le seul à tomber à plat.

Jonathan Marchessault n’a récolté qu’une maigre mention d’aide. Reilly Smith et Max Pacioretty ont obtenu chacun trois points en six matchs, un rythme bien en deçà du rythme de croisière habituel de l’ancien capitaine du Canadien. De fait, Pacioretty vient de connaître sa saison la plus prolifique, alors que, pour la première fois de sa carrière, il a inscrit plus d’un point par match (51 en 48).

Des joueurs de premier plan des Knights, seul William Karlsson (5 aides) a fait bonne figure sur le plan statistique.

Refrain connu

Des canons tenus au silence pendant toute une série, ça arrive. Mais lorsqu’ils se taisent deux années de suite en demi-finale, c’est plus problématique.

En 2020, les Knights ont été muselés par les Stars de Dallas, qui ont réglé leur cas en cinq petits matchs. Un résumé de la performance de quelques joueurs des Knights dans cette série : deux points pour Karlsson et Stone, un seul pour Smith, Marchessault et Pacioretty.

Il y a là quelque chose de récurrent, aurez-vous remarqué…

Le Canadien de 2021 et les Stars de 2020 déploient un « système de séries éliminatoires », a analysé Reilly Smith. « Ils protègent bien l’avance, ils trouvent les rondelles libres, leurs défenseurs dégagent l’avant du filet, leurs cinq joueurs restent bien serrés, a énuméré l’ailier droit. La combinaison de tout ça nous a rendu la vie difficile. »

Smith, lui non plus, n’a pas cherché d’excuses.

Nous sommes capables de faire la même chose qu’eux, croit-il. C’est à nous, les joueurs, de faire du meilleur travail. C’est probablement la meilleure équipe pour laquelle nous jouerons dans notre carrière. On doit être meilleurs que ça.

Reilly Smith

« On doit continuer à apprendre et à faire grandir cette organisation », a répété Mark Stone.

L’entraîneur-chef Peter DeBoer, quant à lui, a attribué le mérite au Tricolore, qui a joué « toute une série », selon lui.

Ce succès a bien sûr passé par Carey Price, « qui n’a pris aucun soir de congé ». Et il s’est poursuivi par le truchement des attaquants, qui, consciencieux en défense, ont été efficaces en contre-attaque. « Ils n’ont pas eu besoin de beaucoup d’essais pour mettre la rondelle dans le but », a résumé le pilote de Vegas. C’est ce qui s’est produit contre les Maple Leafs de Toronto et contre les Jets de Winnipeg, a-t-il rappelé. Et voilà que son équipe s’est fait prendre elle aussi.

« C’est le hockey des séries, a conclu DeBoer. On a fait la même chose contre l’Avalanche du Colorado [au deuxième tour]. Mais, cette fois, les rôles ont été inversés. »