Alors que les Golden Knights de Vegas se prêtent à toutes sortes d’exercices introspectifs pour comprendre pourquoi un adversaire qu’ils auraient pu déclasser est à une victoire de les éliminer, le Canadien baigne dans un mélange de bonne humeur et de confiance à la veille du sixième match de la série demi-finale.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Le club a été intraitable en défense et a marqué des buts aux moments opportuns dans la victoire de 4-1 signée mardi soir. Carey Price protège le fort sans concession. L’été est arrivé. Que demander de plus, en fait ?

La prudence demeure de mise, rappelle-t-on avec sagesse. « Il faut garder notre calme », a prévenu Joel Armia. « On est en bonne posture, mais on sait que les Golden Knights veulent revenir et gagner, et qu’ils vont tout faire pour y arriver », a ajouté Erik Gustafsson.

Armia, encore : « Il nous reste une longue route avant d’arriver là où on veut être. »

L’entraîneur Luke Richardson a livré un message semblable en rappelant qu’il n’est « pas encore satisfait ». Il ne boude pas son plaisir pour autant.

Originaire d’Ottawa, mais établi à Montréal depuis bientôt quatre ans, il a souligné à quel point le match de jeudi, disputé à domicile le jour de la fête nationale du Québec, ouvrait la porte à « une grande célébration » avec les partisans. Les joueurs ont du plaisir, a-t-il dit, « et ils le méritent ». Et les entraîneurs s’amusent tout autant.

Succès

Des détails des dernières rencontres ont retenu l’attention de Richardson, car ils sont à la fois la cause et la conséquence du succès que connaît l’équipe en ce moment.

D’une part, l’indéniable ascendant qu’exercent les joueurs les plus expérimentés du groupe sur les plus jeunes.

Richardson a répété à quel point les Staal, Perry et Weber facilitaient le travail du personnel d’entraîneurs en prenant constamment la parole sur le banc. « Les jeunes les respectent et réagissent quand ils parlent, a rapporté l’ex-défenseur. Les vétérans entendent [ce que disent les entraîneurs] et le transportent du vestiaire au banc et sur la glace. Pour nous, ça n’a pas de prix. »

Exemple facile : avant le but de Cole Caufield, les caméras de télévision ont montré le jeune homme en écoute active avec Corey Perry, qui lui prodiguait des conseils. Quelques instants plus tard, Perry remettait la rondelle à Caufield sur le flanc droit, et le numéro 22 triplait l’avance des siens. Large sourire au visage, le numéro 22 a rapidement pointé son coéquipier sur la glace.

PHOTO JOHN LOCHER, ASSOCIATED PRESS

Auteur du troisième but des siens, mardi soir, Cole Caufield a tenu à remercier ses coéquipiers Corey Perry et Nick Suzuki pour leur contribution sur le jeu.

D’autre part, les éternels « jeunes » que sont Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi sont, justement, de moins en moins jeunes. L’expérience des séries éliminatoires de l’an dernier et de cette année les ont vu gagner en maturité « comme joueurs et comme personnes ». Le Finlandais en a fait la démonstration mardi, a remarqué Richardson, lorsque les arbitres ont annulé une punition qu’ils avaient décernée à Alex Pietrangelo, qui venait d’atteindre Kotkaniemi au visage.

« Il a bien géré ses émotions. Et à sa présence suivante, il a fait deux replis efficaces et n’a pas lâché son opposant d’une semelle. Il était furieux, mais il l’a montré de manière disciplinée. »

Continuer

Richardson a réitéré à quel point ses hommes ont confiance en leurs moyens. Ils respectent le système de jeu à la lettre en faisant preuve d’une intransigeance défensive qui est « frustrante » pour l’adversaire.

On en est au point où on désire limiter les ajustements pour, comme le disent nos amis anglophones, ne pas réparer ce qui n’est pas brisé.

On veut qu’ils [nos joueurs] gardent confiance.

Luke Richardson

« On doit seulement aborder quelques points, peut-être faire quelques ajustements, mais du reste, on les encourage à continuer comme ça », a résumé l’entraîneur.

Les joueurs du Tricolore avaient congé d’entraînement, mercredi, puisqu’ils prenaient l’avion de Vegas vers Montréal. Ils reprendront le collier jeudi matin, en préparation au match numéro 6 qui sera disputé à 20 h au Centre Bell.

En bref

Toujours flou pour Ducharme

PHOTO DAN HAMILTON, USA TODAY SPORTS

Dominique Ducharme

Étrangement, le Canadien ne sait toujours pas à quel moment il pourra renouer avec son entraîneur-chef Dominique Ducharme. Le Québécois a été placé en isolement vendredi dernier après avoir rendu un test positif à la COVID-19. Il demeure en communication constante avec ses adjoints et ses joueurs, mais sa date de retour dans l’entourage du club demeure inconnue. L’organisation est encore en attente d’un verdict d’Ottawa pour savoir si Ducharme doit s’isoler 10 jours, comme le demande la Santé publique du Québec pour une personne atteinte du virus sans présenter de symptômes, ou 14 jours, comme le prévoit le gouvernement fédéral pour les voyageurs infectés qui entrent au pays. Selon les deux scénarios, Ducharme pourra retrouver son équipe le dimanche 27 juin, sinon le jeudi 1er juillet, si bien sûr le Canadien réussit à vaincre les Knights de Vegas.

Une tape dans le dos appréciée

PHOTO STEPHEN R. SYLVANIE, USA TODAY SPORTS

Erik Gustafsson

Erik Gustafsson n’est pas dupe. Employé à peine 10 minutes par match – 7 min 33 s, mardi – et conspué sur les réseaux sociaux pour ses performances défensives, il est bien conscient de son rôle dans la hiérarchie du Tricolore. Or, Richardson lui a donné toute une tape dans le dos, au cours des derniers jours, en concédant que ses atouts en avantage numérique lui avaient ouvert la porte de la formation, mais en précisant que c’est la qualité de son jeu qui lui avait permis de garder son poste. « Ça fait toujours du bien, a reconnu le Suédois. Beaucoup de monde dit que je ne peux pas bien jouer défensivement, mais je pense avoir montré ce que je peux faire. J’essaie seulement de faire mon travail. Je ne joue pas beaucoup, mais chaque fois qu’on fait appel à moi, je suis prêt à y aller. »

« Je croyais que c’était DeBrincat ! »

PHOTO ERIC BOLTE, USA TODAY SPORTS

Cole Caufield

Depuis qu’il a été repêché, Cole Caufield a souvent été comparé à Alex DeBrincat. Et pour cause : les deux sont droitiers, mesurent 5 pi 7 po, sont originaires du Midwest américain et sont, surtout, de redoutables marqueurs. Visiblement, les comparatifs ne sont pas finis, car Erik Gustafsson, qui a joué pour les Blackhawks de Chicago, s’est surpris à confondre les deux. « La première fois que j’ai vu Caufield à l’entraînement, je croyais que c’était DeBrincat !, s’est esclaffé le défenseur. Chaque fois qu’ils touchent à la rondelle, il se passe quelque chose. Ils ont tellement d’habiletés… Ils voient bien la glace et sont une menace constante en avantage numérique. C’est plaisant de voir ce qu’accomplit Cole depuis le début des séries. C’est dur pour un jeune de 20 ans d’arriver et de faire sa place comme il le fait. Il a montré à toute la LNH ce dont il est capable. »

Sedwick récompensé

PHOTO TIRÉE DU SITE WEB DU CANADIEN

John Sedgwick

Les succès que connaît le Canadien sur la glace se répercutent jusque dans la direction du club. L’organisation a récompensé l’un de ses membres de haut rang en offrant une prolongation contractuelle de trois ans à John Sedgwick, vice-président aux opérations hockey et affaires juridiques. Travailleur de l’ombre, Sedgwick est responsable de la négociation des contrats avec les joueurs ainsi que de la complexe gestion du plafond salarial. Son rôle a été plus important que jamais au cours de la saison 2021, alors que les pertes financières essuyées par la LNH en raison de la pandémie de COVID-19 ont empêché l’habituelle augmentation du plafond salarial. Pendant toute la campagne, le directeur général Marc Bergevin et lui ont dû, sur base quotidienne, travailler avec un soin maladif afin de respecter le cadre en vigueur et de conserver une formation la plus complète possible. Embauché par le Canadien en 2013, Sedwick a été promu au rang de vice-président en 2017.