Coup de tonnerre chez le Canadien : l’entraîneur-chef, Dominique Ducharme, a été déclaré positif à la COVID-19 et devra s’isoler du reste de l’équipe pour une durée indéterminée.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Tôt jeudi matin, à Las Vegas, où le Tricolore a disputé les deux premiers matchs de sa série de demi-finale contre les Golden Knights, Ducharme a passé un test avant de prendre l’avion pour Montréal. Le test s’est révélé positif 24 heures plus tard, si bien que le Québécois a été placé en isolement préventif en matinée vendredi, juste avant la séance d’entraînement de l’équipe, qui a eu lieu comme prévu. Un test additionnel, administré en cours de journée, a confirmé le résultat positif.

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« Je ne peux pas dire combien de temps il sera absent », a indiqué Marc Bergevin, directeur général du CH, à quelques heures du troisième match de la série, prévu au Centre Bell.

La LNH a d’ailleurs confirmé que le match pouvait avoir lieu comme prévu, puisque tous les tests passés par les autres membres de l’organisation au cours des deux derniers jours se sont révélés négatifs.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Luke Richardson et Alexandre Burrows

En l’absence de Ducharme, c’est Luke Richardson qui prend la relève derrière le banc, avec l’assistance d’Alex Burrows et de Sean Burke. Des trois, Richardson est en effet le seul qui possède de l’expérience comme entraîneur-chef dans les rangs professionnels, puisqu’il a dirigé le club-école des Sénateurs à Binghamton pendant quatre saisons, de 2012 à 2016.

Ducharme, qui se porte bien, selon Bergevin, a toutefois contribué à préparer le plan de match à distance et continuera à communiquer avec son équipe de la maison.

« Transparence »

Comme c’est cas avec toutes les éclosions de COVID-19 dans la métropole, le cas de Ducharme fait actuellement l’objet d’une enquête de la Direction régionale de santé publique de Montréal afin de déterminer comment l’entraîneur du CH a contracté le virus.

Marc Bergevin a assuré que le club avait fait preuve de « transparence » avec les autorités concernées et que la Santé publique du Québec était à l’aise avec le fait que le match de vendredi ait lieu comme prévu. Une information que confirme Québec.

« Il y a un protocole spécifique avec la LNH [et] l’organisation du CH le respecte à la lettre », a écrit dans un courriel un porte-parole du ministère de la Santé et des Services sociaux.

Cette remarque s’appuie sur le fait que tous les membres du Canadien, y compris Ducharme, ont reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19. La deuxième dose a été administrée le 9 juin dernier, soit neuf jours plus tôt.

Cette période laisse toutefois place à deux interprétations différentes. Dans un communiqué, la LNH a écrit que Ducharme était « partiellement vacciné », laissant entendre que la deuxième dose est encore trop récente pour que l’entraîneur soit considéré comme pleinement vacciné.

Toutefois, selon nos informations, la Direction régionale de santé publique de Montréal considère désormais qu’une personne ayant reçu sa deuxième dose depuis au moins sept jours est pleinement vaccinée. En conséquence, elle n’a plus à s’isoler si elle entre en contact avec une personne positive à la COVID-19 et qu’elle ne présente pas de symptômes. C’est ce qui expliquerait le feu vert qu’a obtenu le Canadien pour poursuivre ses activités, et ce, même si ses joueurs et les entraîneurs adjoints ont côtoyé Ducharme au cours des derniers jours.

Folle journée

Si le match de vendredi soir a été essoufflant autant pour les joueurs que pour les spectateurs, la journée avait été un peu folle pour le personnel d’entraîneurs.

Dès que les entraîneurs-adjoints sont arrivés au Complexe Bell de Brossard pour l’entraînement matinal, le thérapeute du Sport en chef de l’équipe, Graham Rynbend, les a informés que Ducharme avait dû quitter les lieux conformément au protocole sur la COVID-19. « On s’est tout de suite mis au travail », a raconté Luke Richardson, désigné d’emblée comme remplaçant derrière le banc.

Avec Burrows, Burke et Bergevin, ils ont planifié la suite des choses. « C’est allé vite, mais c’est aussi bien comme ça, a-t-il estimé. On n’avait pas trop le temps d’y penser. On a essayé de faire les choses comme Dom les fait. »

Ducharme s’est adressé à ses joueurs avant et après la rencontre et il a communiqué avec ses remplaçants entre les périodes. « Comme on le fait à chaque match », a rappelé Richardson. Selon lui, « les gars étaient fébriles d’entendre » la voix de leur entraîneur-chef. « Et ils ont bien répondu. »

« On a confiance en eux », a assuré le capitaine Shea Weber.

En fin de compte, « je pense qu’on a bien géré les choses, de manière très organisée », a encore ajouté Richardson, habituellement responsable des défenseurs du club.

Et de conclure en riant : « J’ai toujours cru que j’aurais ma première chance [comme entraîneur-chef dans la LNH] dans un match hors concours… Ça m’est plutôt arrivé dans un match de troisième tour qui s’est fini par une victoire en prolongation. »

Avec la collaboration d’Alexandre Pratt, de Guillaume Lefrançois et de Richard Labbé, La Presse