Phillip Danault a joué 21:33 dans le deuxième match de la série contre les Golden Knights, mercredi soir. Aucun attaquant des deux équipes n’a joué davantage. Le capitaine de Vegas, Mark Stone, est le seul autre à avoir dépassé le seuil des 20 minutes. Il a joué une minute de moins que Danault.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Dans les cinq dernières minutes, avec une mince avance d’un but à protéger, on a eu l’impression que le Québécois ne quittait jamais la glace. On lui a aussi confié toutes les mises en jeu cruciales en zone défensive pendant que les fans du Canadien se rongeaient les ongles devant leur téléviseur. Il a connu un taux de succès de 60,1 % à ce chapitre dans le match.

Danault présente des statistiques modestes : à peine deux aides en 13 matchs, une fiche de -2. Quatorze joueurs ont plus de points que lui, dont le défenseur Erik Gustafsson, employé avec parcimonie par son entraîneur Dominique Ducharme.

Mais il vient au premier rang en terme du temps d’utilisation chez les attaquants du CH depuis le début des séries éliminatoires avec 19:09, 40 secondes de plus que Nick Suzuki, pourtant employé en supériorité numérique, contrairement à Danault.

Il est aussi deuxième au chapitre de l’efficacité lors des mises en jeu, avec un taux de succès de 53 %, contre 53,5 % pour Jesperi Kotkaniemi.

Il a été cité par le premier centre des Jets, l’infâme Mark Scheifele, après l’élimination de Winnipeg. « Je croyais qu’on allait essayer de me neutraliser avec l’aide de Phillip Danault. C’est plutôt le service de la sécurité des joueurs qui m’a freiné. »

En janvier, le centre de l’Avalanche du Colorado, Nathan MacKinnon, lui a lancé le compliment ultime lors d’un passage à une balado dans les Maritimes. « Phillip Danault est un gars sous-estimé. Je n’aime pas l’affronter. Il me surveille étroitement chaque fois que nous affrontons le Canadien, à domicile ou à l’étranger. Il mérite de remporter un (trophée) Selke un jour (remis à l’attaquant défensif par excellence dans la LNH). Il est bon contre tout le monde, pas seulement moi. »

Danault aura droit à l’autonomie complète cet été. Le Canadien affirme lui avoir offert un contrat de six ans moyennant 5 millions par saison en septembre. Le clan Danault prétend que la durée du contrat était plus courte.

Le Canadien ne peut se permettre de perdre Phillip Danault. À 28 ans, on peut aisément le mettre sous contrat pour six ans sans crainte qu’il ne soit plus efficace à la fin de son entente. Son utilité ne repose pas seulement sur ses habiletés individuelles. L’intelligence de ce joueur lui permettra sans doute d’être encore efficace à la mi-trentaine.

Serge Savard a sous-estimé l’importance de Guy Carbonneau quand il a échangé son capitaine aux Blues de St. Louis pour Jim Montgomery en août 1994. Montréal a mis des années avant de retrouver un centre défensif de qualité.

Même si son rôle a diminué dans la bulle de Toronto l’été dernier, au profit de Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi, il a retrouvé son importance sous Dominique Ducharme.

On peut vanter Jake Evans et même Ryan Poehling comme on veut, l’expérience et l’instinct défensif de Danault ne s’achètent pas. Si le Canadien veut être encore compétitif ces prochaines saisons, il doit retenir Danault.

Encore faut-il que celui-ci veuille rester et accepte de faire son deuil de jouer en supériorité numérique. Seul Danault possède la réponse.

Parlant de joueur essentiel, il serait crucial aussi de faire signer une prolongation de contrat à Joel Armia. Le Finlandais possède des attributs rares au sein de l’équipe. Il est costaud, à 6 pieds 3 pouces et 220 livres. Il contrôle bien la rondelle. Il est efficace défensivement. Et il compte dans les moments opportuns. Armia a déjà cinq buts en 13 matchs ce printemps, un sommet chez le CH, sur un pied d’égalité avec Tyler Toffoli. En 23 matchs de séries depuis deux ans, il a huit buts et 13 points. Il touche 2,6 millions cette année. Il y aura sans doute moyen de s’entendre.

PHOTO STEPHEN R. SYLVANIE, USA TODAY SPORTS

Joel Armia

Corey Perry mérite lui aussi de revenir. À 36 ans, il joue encore comme un attaquant fringant dans la vingtaine. Il fallait le voir toiser le colosse Ryan Reaves mercredi soir.

Dans le cas de Tomas Tatar, on pourra le remercier pour les fiers services en saison régulière, la bonne humeur contagieuse et le professionnalisme.