Si, dans un sondage auprès des entraîneurs de la LNH, on demandait de résumer en deux mots les clés d’une formation optimale en séries éliminatoires, les chances sont grandes que les termes « expérience » et « profondeur » arriveraient en haut de la liste.

Simon-Olivier Lorange
Simon-Olivier Lorange La Presse

Toutes les équipes les recherchent. La plupart se vantent de les posséder. Mais qu’en est-il lorsque la réalité frappe ?

Chandler Stephenson, joueur de centre du premier trio des Knights de Vegas, a raté le deuxième match de la série contre le Canadien, mercredi soir. Son équipe a évoqué une vague blessure au « haut du corps » et laisse chaque jour planer le scénario d’un retour.

En son absence, en excluant William Karlsson, les trois autres joueurs de centre en uniforme dans le camp des Chevaliers totalisaient 163 matchs de saison. C’est 8 de moins que Jesperi Kotkaniemi à lui seul.

Nicolas Roy et Keegan Kolesar sont habitués à des rôles de soutien, principalement sur les troisième et quatrième trios des Knights. Mercredi, ils se sont séparé la tâche d’alimenter Mark Stone et Max Pacioretty. Roy a en outre hérité d’un peu moins de deux minutes en avantage numérique, une phase du jeu qu’il a peu expérimentée au cours de la saison – à peine 9 fois en 50 matchs, il a dépassé les 56 secondes d’utilisation avec un homme en plus.

La marche était encore plus haute pour Kolesar, qui, pendant la saison 2021, a été employé moins de 10 minutes dans 24 de ses 44 matchs.

Ajoutez au duo Patrick Brown, qui, à 29 ans, est surtout considéré comme un joueur de la Ligue américaine, et vous obtenez une ligne de centre qui n’est pas typique d’une équipe en demi-finale de la Coupe Stanley.

PHOTO STEPHEN R. SYLVANIE, USA TODAY SPORTS

Patrick Brown (38) et Jeff Petry

Roy et Kolesar « ont fait du bon travail », a soutenu l’entraîneur-chef Peter DeBoer, jeudi en fin de journée, après que les Knights eurent atterri à Montréal.

Toutefois, il n’a pas caché que la commande était de taille pour les deux joueurs de 24 ans. « C’était une grosse responsabilité, mais je crois que ce sont deux gars qui le méritent. »

Et d’ajouter : « N’importe quelle équipe qui fait un long chemin [en séries] doit être capable de se fier à sa profondeur. C’est ce que ces gars nous apportent. »

Tâche partagée

PHOTO JACK DEMPSEY, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Peter DeBoer, entraîneur-chef des Golden Knights

La promotion sur le premier trio en début de match était une belle reconnaissance pour Nicolas Roy, devenu le troisième centre de confiance de Peter DeBoer en 2021 après avoir fait la navette entre la Ligue américaine et la LNH pendant toute la saison précédente.

Or, l’expérience n’a duré qu’une période. À l’instar de son équipe, son unité a connu un premier vingt difficile, et Roy a retrouvé sa place entre Mattias Janmark et Alex Tuch pour le reste du match.

Kolesar a pris le relais, avec davantage de succès. Pendant les quelque 10 minutes qu’il a disputées avec Stone et Pacioretty à cinq contre cinq, les Knights ont contrôlé presque 70 % des tentatives de tir. Et c’est Kolesar qui a remporté la mise en jeu contre Nick Suzuki, tard en deuxième période, qui a permis à Alex Pietrangelo de s’emparer de la rondelle et de marquer le premier but des Knights.

« Il a joué un bon match et a fait preuve de beaucoup de calme », avait dit le capitaine Mark Stone de son coéquipier après la rencontre de mercredi soir.

Il importe ici de rappeler que Kolesar revient de loin. Choix de troisième tour des Blue Jackets de Columbus en 2015, il a été échangé aux Knights en 2017 sans jamais avoir joué un match en Ohio. Après trois saisons dans la Ligue américaine, qui a inclus un passage dans la ECHL, il a obtenu un poste à Vegas cette année.

Or, malgré le soleil et la chaleur du Nevada, l’hiver n’a pas été de tout repos pour autant, le Manitobain ne disputant que trois ou quatre minutes certains soirs.

C’est beaucoup plus difficile que de jouer 18 minutes. Tu t’assois, tu attends, et si tu n’as pas une bonne présence, tu attends encore 10 minutes. J’ai beaucoup parlé avec lui, je lui ai assuré que son tour viendrait. […] Il a été excellent quand il a été appelé à jouer avec Stone et Pacioretty. Il sera un bon joueur dans cette ligue.

Ryan Reaves

On n’a pas vraiment abordé le cas de Patrick Brown, et c’est probablement parce qu’il n’y a pas grand-chose à raconter. Le quatrième trio qu’il formait avec Ryan Reaves et William Carrier s’est fait surprendre tôt dans la rencontre sur le but de Joel Armia. Et le joueur de centre n’a effectué que quatre présences au troisième vingt, dont une seule au cours des 10 dernières minutes.

Mystère

PHOTO JOE BUGLEWICZ, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Chandler Stephenson (20) et Max Pacioretty (67)

On ne sait pas encore si Chandler Stephenson sera en mesure de participer au match numéro 3, disputé ce vendredi soir au Centre Bell.

Invité à confirmer si le joueur de centre avait fait le voyage à Montréal avec son équipe, Peter DeBoer a esquivé la question et simplement répété que la situation évoluait « au jour le jour ». L’entraînement matinal des Knights, vendredi, pourrait être révélateur de l’état des troupes.

DeBoer a cherché à minimiser l’absence de Stephenson, rappelant que « tout le monde doit composer avec des blessures ou compter sur des gars amochés dans sa formation », à commencer par le Canadien, qui a dû se défendre sans Jeff Petry dans le match numéro 1.

« On est préparés à ça, a-t-il ajouté. C’est seulement un autre élément d’adversité sur la route des séries. »

Et surtout, « ça teste ta profondeur ». Manière polie d’expliquer le passage d’un joueur de centre directement du quatrième au premier trio.