(Las Vegas) On retrouve Paul et Kelly Caufield dans un restaurant aux abords du T-Mobile Arena. Le deuxième match de la série Islanders-Lightning vient de commencer, et Brock, le grand frère de Cole, est attendu dans quelques minutes.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

« Je n’arrête pas de dire à Brock que Nikita Kucherov est le joueur, dans la LNH d’aujourd’hui, qui se rapproche le plus de Wayne Gretzky. Et il ne veut rien savoir quand je lui dis ça ! »

Et évidemment, au moment où Brock Caufield nous retrouve, Brayden Point vient tout juste de marquer. Sur une passe de Kucherov, qui est posté derrière le but, dans l’ancien bureau de Gretzky. Brock a la mine d’un gars découragé quand son père lui montre la reprise. Vous savez, l’air du jeune adulte qui pense que son père ne connaît rien ?

Du Texas à Vegas

On retrouve les Caufield pour évidemment parler du but que leur fils a marqué lundi.

Le 1er mai, quand Cole Caufield a marqué son premier but dans la LNH – un but en prolongation pour permettre au Canadien de battre les Sénateurs d’Ottawa –, Paul Caufield était… occupé. Le paternel était au Texas, à l’occasion des Championnats américains de hockey des moins de 15 ans, avec l’équipe qu’il dirige.

C’était le quatrième match de Cole Caufield dans la LNH. « Je me disais que Cole allait jouer beaucoup de matchs dans la LNH, et que je ne pouvais pas arrêter ma vie chaque fois qu’il jouerait », nous explique Paul.

Ce 1er mai, donc, Paul Caufield est à Arlington. Plus précisément, à un match de baseball. Plus précisément, des Rangers du Texas. Et beaucoup plus précisément, aux toilettes.

« Et là, mon téléphone se met à vibrer sans arrêt. Mais je suis aux toilettes, je ne veux pas regarder avant de m’être lavé les mains ! »

Quand il finit par regarder, il apprend que Cole vient de marquer le premier but de sa carrière dans la LNH. Kelly, elle, regarde le match à la télévision, dans leur maison de Stevens Point, petite ville de quelque 25 000 habitants au beau milieu du Wisconsin.

On avance de six semaines et nous voici au T-Mobile Arena. Cette fois, les Caufield n’ont rien manqué de cette autre première, le premier but de Cole en séries dans la LNH.

« Ça se passait à l’autre bout de la patinoire, raconte Paul Caufield. Il a eu une première occasion, je me suis levé, je pensais qu’il avait marqué, on a tous fait “aaaawww”. Et puis il a tout de suite eu une autre chance, et il a réussi.

« C’était assez spécial, je vais toujours me souvenir qu’il a marqué son premier but en séries contre un des meilleurs gardiens de l’histoire, contre un futur membre du Temple de la renommée. »

Encore une fois, le téléphone de Paul a surchauffé. « Ça n’arrêtait pas ! J’ai attendu une vingtaine de minutes avant de le regarder. Je n’ai pas un grand réseau, mais tout le monde me contactait. »

« On a un très bon réseau de soutien, ajoute Kelly Caufield. On vient d’une petite ville et les gens ont à cœur les succès de nos proches. »

Une rencontre par hasard

Après le but, les images de la famille Caufield ont fait le tour de l’Amérique. Les fins observateurs ont aussi remarqué que juste devant eux était assis Brian Savage, accoutré d’une spectaculaire chemise qui fait encore jaser.

La rencontre était tout à fait fortuite. Mais Savage et sa conjointe, Debbie, ont vite engagé la conversation avec les Caufield, pour finalement vivre le premier but de Cole avec eux. Brian et Debbie ont eux-mêmes des enfants qui jouent au hockey, et leur fils Red devrait être repêché cet été.

« Debbie s’est retournée et elle avait les larmes aux yeux, comme moi ! raconte Kelly Caufield. Elle me disait que c’était différent. Quand c’était son mari, elle était contente pour lui. Mais quand c’est ton fils, tu comprends, tu sais tous les sacrifices qu’il a faits pour se rendre là.

C’était juste la fierté de voir qu’il vit son rêve et qu’il a tellement de plaisir. C’est un petit gars qui fait exactement ce qu’il veut faire dans la vie. C’est encore le même enfant à nos yeux et il adore ce qu’il fait dans la vie.

Kelly Caufield

Paul et Kelly portaient tous les deux un chandail du Canadien, numéro 22, pour leur fils. Les chandails du CH étaient nombreux lundi, et on en a vu de toutes les couleurs. Il y avait même un chandail numéro 17 d’Ilya Kovalchuk quelques rangées devant la passerelle de presse !

Mais des numéros 22 de Caufield ? « On en a seulement vu un », répond Kelly.

Brock, lui ? Le grand frère portait un simple t-shirt avec la mention « Goal Caufield », le genre de chandail qui a fait un tabac sur les sites de vente bon marché.

La famille assistera au match de ce mercredi. Brock portera-t-il le même t-shirt ? « Non, c’est de la malchance ! »

Et le père d’acquiescer. « J’aime ça, il pense à l’équipe en premier. »