L’été d’allégresse annoncé se transforme en morte saison compliquée pour le DG de l’Avalanche du Colorado, Joe Sakic.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Son club était l’un des favoris pour remporter la Coupe Stanley, malgré sa jeunesse. Les quatre défaites consécutives contre les Golden Knights de Vegas en deuxième ronde, après avoir remporté les deux premiers matchs, semblent avoir semé le doute à Denver.

Ainsi la défense ne serait pas assez costaude désormais. Certains évoquent même l’éventualité d’échanger le brillant Samuel Girard, puisque Cale Makar et lui, les deux meilleurs arrières du club, ne font pas six pieds.

« J’aurais cloué Girard au banc dans le sixième match pour faire jouer davantage Makar et Devon Toews, écrit Ryan O’Halloran dans une discussion avec ses confrères du Denver Post. Si un club à la recherche d’un défenseur offensif appelle, Sakic devrait écouter parce que l’Avalanche a besoin de flexibilité salariale en prévision du prochain contrat de Makar. S’ils gardent Girard, Sakic doit embaucher un défenseur robuste comme Jamie Oleksiak pour permettre à Girard de continuer à exploiter son talent offensif. »

Le collègue Mike Chambers est plus pondéré. « Il reste encore six ans au contrat de Samuel Girard, avec un salaire annuel de 5 millions, mais il a seulement 23 ans et je crois que l’Avalanche va chercher à l’améliorer et non à l’échanger. Il a été extraordinaire en saison régulière quand le jeu était plus ouvert. Quand ça s’est resserré contre Vegas, il a été misérable. Il ne peut probablement pas gagner davantage en muscles, mais on peut améliorer sa technique pour qu’il puisse être plus efficace quand il y a moins d’espace. »

Brillant en première ronde contre les Blues, mais plus discret contre les Golden Knights, Gabriel Landeskog suscite aussi des interrogations. À 29 ans, il aura droit à l’autonomie complète cet été.

PHOTO STEPHEN R. SYLVANIE, USA TODAY SPORTS

Gabriel Landeskog

« Une mauvaise équipe avec beaucoup d’espace sur la masse salariale pourrait être intéressée par un leader acharné comme Landeskog, lance O’Halloran. C’était pénible de le regarder jouer contre Vegas. Il n’a presque pas obtenu de tirs. Il était trop souvent en zone défensive. S’il quitte, le prochain capitaine sera facile à trouver : Mikko Rantanen. »

Les chroniqueurs du Denver Post sont sévères. On ne discuterait cependant pas de l’avenir de Landeskog et de Girard au Colorado s’il n’y avait pas de plafond.

Mais la question salariale constitue une préoccupation incontournable. Sakic disposera de 20 millions, mais le gardien numéro un Phillipp Grubauer, comme Landeskog, aura droit à l’autonomie complète, tout comme l’attaquant de puissance Brandon Saad. Landeskog et Saad touchent tous deux plus de 5 millions.

Il faudra aussi offrir un nouveau contrat à Makar, finaliste au trophée Norris. Makar touche un salaire de recrue inférieur au million (sans compter les bonis). On pourrait lui soumettre une offre qualificative, mais ça serait jouer avec le feu. Il pourra aisément commander un salaire entre 8 et 10 millions.

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Cale Makar

Malgré tout, Joe Sakic peut encore manœuvrer de façon à conserver la plupart de ses joueurs importants. L’émergence des jeunes Alex Newhook, un centre, de Martin Kaut et des défenseurs Bowen Byram et Conor Timmins peut permettre au DG de l’équipe de larguer certains joueurs de milieu de formation.

Sakic a toujours favorisé la stabilité et il prend rarement des décisions sur un coup de tête. À moins d’une surprise de taille, il restera fidèle à son plan et continuera de miser sur un club mobile et talentueux. Quitte à mieux entourer ses jeunes.

Le vétéran Erik Johnson, sur la liste des blessés à long terme, et payé 6 millions par année, lui a fait une faveur en acceptant de renoncer à sa clause de non-mouvement en prévision du repêchage de l’élargissement des cadres avec Seattle.

Sakic pourra ainsi protéger ses trois premiers défenseurs, Girard, Makar et Devon Toews. L’Avalanche pourrait perdre Ryan Graves, mais son départ permettrait d’économiser 3 millions et des jeunes peuvent le remplacer.

Ne nous attendons à rien de drastique dans les Rocheuses. L’Avalanche est encore jeune et le club a terminé au premier rang du classement général, après tout.