La critique la plus cruelle à l’égard du DG des Maple Leafs, Kyle Dubas, provient du clavier de Michael Traikos, du quotidien Toronto Sun.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

« Oubliez ce que cette équipe aurait pu faire contre le Canadien si John Tavares ne s’était pas blessé lors du premier match, ou si Jake Muzzin avait été disponible pour le septième match, écrit Traikos. À la place, demandez-vous où seraient les Leafs s’ils n’avaient pas chassé Lou Lamoriello de Toronto pour donner les guides de l’équipe à Kyle Dubas. »

La direction des Leafs est sévèrement critiquée depuis l’élimination de l’équipe aux mains du Canadien, vous l’aurez deviné.

À la défense de Dubas, les blessures demeurent un élément à considérer. Tavares, son joueur le mieux payé après Auston Matthews, a joué 2:42 avant de tomber au combat. Et Muzzin, le défenseur le plus utilisé du club, n’était pas disponible pour la majorité du sixième match et du septième match en entier.

La saison de 35-14-7, la meilleure de son histoire, avec évidemment Tavares et Muzzin en uniforme, est déjà oubliée.

On n’y va pas dans la nuance ces jours-ci à Toronto et toutes les recommandations y passent, de l’embauche de Jim Rutherford comme directeur général du club au départ de Mitch Marner.

On ratisse très large dans les médias torontois, où tous, sans exception, avaient prédit une victoire des Leafs, et le départ de Lou Lamoriello n’allait pas être ignoré.

La direction des Leafs avaient trois têtes lors des premières années de la reconstruction : le jeune loup Kyle Dubas, 32 ans, le vieux routier Lou Lamoriello, 75 ans, et Mark Hunter, extirpé de son club junior à London.

En 2018, le président, Brendan Shanahan, en a choisi un seul, Dubas. Hunter est retourné à London et Lamoriello a été embauché à Long Island.

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Lou Lamoriello

Depuis son arrivée chez les Islanders, et malgré le départ du capitaine John Tavares, parti en direction inverse à Toronto, l'équipe a déjà gagné quatre rondes, et atteint un carré d’as l’an dernier. Les Islanders pourraient en remporter une cinquième contre les Bruins, contre aucune, évidemment, pour Toronto.

« À quoi ressembleraient les Leafs si on avait gardé le directeur général membre du Temple de la renommée pour donner les clés de l’équipe à quelqu’un qui n’a jamais dirigé un club de la LNH ? Et s’ils ne s’étaient pas tant fiés aux statistiques avancées, et plutôt aux yeux et à l’expérience - et non à la calculatrice - pour bâtir un club champion ? Pourquoi Lou Lamoriello est-il parti d’abord et avant tout ? »

Ironiquement, la philosophie tant décriée à Montréal, celle d’investir dans le gardien et les défenseurs, plutôt que dans les attaquants de pointe, fait des jaloux à Toronto.

« Lamoriello construit ses clubs du filet à l’attaque, poursuit Traikos. Il veut une solide défense et quatre trios presque interchangeables. Dubas a emprunté une direction différente. L’enfant prodige, qui se croit plus intelligent que les autres, a misé sur le talent et l’attaque. Il a investi plus de 40 millions dans ses quatre meilleurs attaquants et a payé les membres de son quatrième trio au salaire minimum. Il a embauché un entraîneur en chef qui a laissé les jeunes choisir leurs partenaires de trio et étirer leurs présences. »

Comme les médias torontois pleurent le départ d’un vieux sage comme Lamoriello, ils exigent désormais l’arrivée d’un autre vieux sage, Jim Rutherford. Celui-ci a abandonné son poste de DG des Penguins en pleine saison.

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Jim Rutherford

« Les Leafs doivent agir rapidement, écrit Don Brennan. La priorité de Shanahan doit être de convaincre Rutherford que gagner à Toronto constituerait le summum de sa carrière. Coïncidence, il a 72 ans, l’âge de Lamoriello lorsque celui-ci a été embauché par les Leafs. Et qui sait si Rutherford n’embaucherait pas son vieux complice Bruce Boudreau derrière le banc. Boudreau est disponible et fébrile à l’idée de recommencer à travailler. »

Bruce Boudreau ? Douze saisons comme entraîneur-chef dans la LNH avec les puissants Capitals de Washington, les Ducks d’Anaheim et le Wild du Minnesota. Cinq rondes remportées en carrière malgré des dominations outrageuses en saison régulière avec ces trois clubs. La solution pour les problèmes en séries éliminatoires des Maple Leafs ?

On sent la panique à plein nez dans la Ville-Reine. Espérons que Brendan Shanahan ne lise pas les journaux. Et qu’il maintienne le cap. Les Leafs ont une trop bonne équipe pour ne pas gagner éventuellement.

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