Bien malgré lui, Tyler Toffoli pourrait bien coûter le poste du directeur général Jim Benning à Vancouver.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Benning est critiqué vertement depuis la touchante lettre publiée par Toffoli sur le site The Players Tribune la semaine dernière, dans laquelle l’attaquant du Canadien a rappelé son désir de demeurer dans l’organisation des Canucks à la fin de la dernière saison.

« Je me voyais terminer ma carrière à Vancouver. Mais le hockey est une question de business. Il n’y a eu aucune offre des Canucks, alors j’ai eu à prendre une autre direction. J’étais déçu, mais je savais qu’un autre club se manifesterait et verrait le joueur que je suis. »

Toffoli a finalement signé un contrat de quatre ans à Montréal, à une très respectable moyenne salariale de 4,25 millions par saison. Ses 28 buts en 52 matchs, 44 sur une saison complète, font très mal paraitre Benning.

Celui-ci a cru, à tort, pouvoir remplacer Toffoli par Jake Virtanen, dont on a prolongé le contrat pour deux ans à 2,55 millions par saison, et par l’arrivée de la recrue Nils Hoglander.

Le Suédois de 20 ans n’a pas mal fait avec 26 points, dont 12 buts, en 54 matchs. Mais Virtanen a constitué un désastre. Ce sixième choix au total en 2014, devant William Nylander, Nikolaj Ehlers et Kevin Fiala, entre autres, a obtenu cinq points en 38 matchs. On vient de le suspendre indéfiniment depuis qu’il est accusé d’agression sexuelle.

Le départ de Toffoli est d’autant plus étonnant qu’il a coûté à Benning un espoir, Tyler Madden, et des choix de deuxième et quatrième ronde à la date limite des échanges en 2020. Et il a produit avec 14 points, dont huit buts, en 17 matchs, incluant les séries.

PHOTO DARRYL DYCK, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le propriétaire des Canucks de Vancouver Francesco Aquilini (à gauche) avec le directeur général Jim Benning.

La perte de Toffoli passerait mieux si les Canucks avaient connu une saison à la hauteur des attentes. Mais ce club tombe de haut. Vancouver a été le seul club canadien à atteindre la deuxième ronde, après avoir éliminé successivement le Wild du Minnesota en ronde préliminaire, puis les Blues de St. Louis au premier tour. Ils ont finalement perdu en sept matchs aux mains des Golden Knights de Vegas.

On voyait grand pour les Canucks et leurs jeunes premiers Elias Pettersson, Quinn Hughes et Brock Boeser. Le gardien numéro un Jakob Markstrom allait profiter de son autonomie complète, mais Thatcher Demko semblait prêt à prendre la relève et on avait acquis Braden Holtby pour le seconder.

Le partenaire de Hughes, Chris Tanev, a choisi Calgary comme Markstrom, mais on l’a remplacé par un défenseur encore plus doué, Nate Schmidt.

Pour une raison qu’on ignore, les Canucks ont connu un début de saison catastrophique, marqué entre autres par quatre dégelées aux mains du Canadien, au cours desquelles Toffoli s’est fait un plaisir de torturer son ancien DG. Il a marqué huit buts et amassé trois aides à ses cinq premiers matchs contre Vancouver.

Bien avant d’être frappés par l’épidémie de COVID-19 il y a un mois, les chances de participer aux séries étaient déjà très faibles à Vancouver.

Il leur reste deux matchs sans signification à disputer contre Calgary. Les Canucks occupent le 26e rang du classement général. Ils pourraient passer au 23e rang et devancer les Sénateurs d’Ottawa s’ils remportent leurs deux matchs, mais ils ne peuvent descendre sous leur rang actuel.

Cet article de Rob Williams nous donne une bonne perspective de l’avenir des Canucks. Il cite de nombreux articles qui nous permettent d’y voir plus clair dans les défis financiers de l’organisation et l’avenir précaire de Benning.

Le repêchage pourrait donner un peu d’espoir aux fans des Canucks puisque l’équipe sera bien positionnée pour la loterie, mais leur as recruteur, Judd Brackett, l’homme derrière l’arrivée de Pettersson, Hughes et Hoglander, a quitté pour le Wild du Minnesota l’an dernier.

Les choses changent vite dans le monde du hockey. Une ou deux mauvaises décisions peuvent couler un club…

À lire

1- Carey Price et Brendan Gallagher ont pu se délier les jambes lundi soir avec le Rocket de Laval sans se faire blesser. Mission accomplie !

2- Danielle Goyette rejoindra son ancienne coéquipière Hayley Wickenheiser au sein de l’organisation des Maple Leafs de Toronto. Un (autre) texte de Simon-Olivier Lorange.

3- Les membres de l’organisation des Alouettes ont reçu leur première dose de vaccin lundi. Katherine Harvey-Pinard raconte.