En partant, Auston Matthews s’est arrangé pour nous rappeler le bout important : « Ça fait longtemps que ces deux équipes ne se sont pas rencontrées en séries. »

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Cela est exact. Ça fait longtemps, en effet, et de toute évidence, Matthews est bien informé. Parce que le Canadien et les Maple Leafs de Toronto n’ont pas croisé les lames en séries éliminatoires depuis 1979, pour être bien précis.

Il aurait pu ajouter aussi que de part et d’autre, ça fait longtemps que personne n’avait goûté au doux nectar du succès à même la coupe de lord Stanley : 1993 pour le Canadien, 1967 pour les Leafs.

Pour encore plus enfoncer le clou, Matthews aurait pu rappeler que les Leafs n’ont pas gagné une seule série depuis le printemps 2004, et que le Canadien n’a pas gagné une seule série « normale » depuis 2015 (le club a franchi un tour au tournoi de l’été dernier).

Matthews lui-même, arrivé dans la LNH en 2016-2017, est toujours à la recherche d’un premier tour victorieux quand ça compte.

« C’est une saison différente, a-t-il tenu à préciser. Nous sommes motivés, en raison des revers du passé, de notre désir de vaincre. Nous voulons faire une différence. […] Cette rivalité, c’est un peu comme les Red Sox de Boston et les Yankees de New York au baseball. C’est assez incroyable, les deux équipes ont un passé riche. Mais ça fait longtemps que ce n’est pas arrivé… »

À ce sujet, à Montréal, et aussi à travers la province en entier, il est de bon ton de rappeler que le club jadis glorieux ne gagne plus, aussi les blagues sur 1993, et sur 1986, et sur l’ancien temps sont très faciles à faire. Mais ce n’est pas bien mieux du côté de Toronto, où les attentes sont très élevées… et les résultats tardent.

C’est symbolique à cause de l’histoire entre les deux équipes même si ça remonte à plus loin. Mais c’est une bonne occasion pour nos fans de goûter à cette rivalité. Ce sera une série compétitive.

Sheldon Keefe, entraîneur-chef des Maple Leafs

Les Leafs reviennent d’une saison de rêve, mais ils doivent faire oublier un passé récent qui n’a rien de bien fabuleux. Ainsi, le club à la feuille d’érable s’est fait éliminer au premier tour à chacune des quatre dernières saisons.

Avant ça, l’équipe avait raté les séries pendant trois années de suite, et si on recule encore un peu, on peut se souvenir aussi que de 2005 à 2012, les Leafs avaient été exclus du tableau éliminatoire pendant sept saisons consécutives.

« Retrouver le succès du passé »

Ça commence à faire pas mal plus de bas que de hauts, ça, et c’est pourquoi la présente édition du club doit bien ressentir une certaine forme de pression.

En plus, il se trouve que ce sera face au Canadien à compter de jeudi soir à Toronto.

« Peut-être que les deux équipes n’ont pas eu trop de succès depuis 20 ans ou 25 ans, mais on peut lire sur ce qui s’est passé auparavant », a expliqué l’attaquant Riley Nash, qui disputera son premier match avec le club jeudi soir après avoir été acquis en avril des Blue Jackets de Columbus.

« Les deux équipes cherchent à retrouver les succès du passé et ce sera plaisant de faire partie de cette aventure. La dernière fois que le Canadien et les Leafs se sont affrontés, je pense que l’équipe gagnante avait aussi remporté la Coupe Stanley, alors… on va tenter de faire la même chose. »

Reste à voir si ce sera possible. Il faut dire que 1979 est loin derrière, et dans les deux équipes, il y a un seul joueur qui était (à peine) né cette année-là : l’attaquant Joe Thornton, des Leafs, qui est arrivé sur cette terre trois mois après cette victoire du Canadien en quatre parties face aux rivaux torontois.

L’entraîneur Keefe a par ailleurs confirmé que deux de ses joueurs, les défenseurs Ben Hutton et Zach Bogosian, demeurent blessés pour le moment.