(Brossard) Depuis le début des années 2000, les Bruins de Boston sont les vrais et possiblement uniques rivaux du Canadien, principalement parce qu’ils se sont affrontés six fois lors des séries éliminatoires au cours du nouveau millénaire.

Alexis Bélanger-Champagne La Presse Canadienne

Le Canadien et les Maple Leafs ? Dire que la rivalité n’est plus ce qu’elle a déjà été est un euphémisme.

Les deux équipes n’ont pas croisé le fer en séries depuis 1979. Le centre des Maple Leafs Joe Thornton, qui est le joueur le plus âgé qui participera à la série Canadien-Leafs à compter de jeudi, allait naître un peu plus de deux mois après que le Tricolore eut complété le balayage des Leafs en route vers un quatrième triomphe de la coupe Stanley d’affilée.

Carey Price est le joueur avec le plus d’ancienneté au sein du Canadien, lui qui évolue avec le Tricolore depuis la saison 2007-08. Demandez-lui de parler d’un moment où il a senti la rivalité entre le Canadien et les Maple Leafs et il ne saura pas vers quoi pointer.

« Je dirais que c’est toujours spécial de jouer contre les Maple Leafs, a dit Price en visioconférence, dimanche. Mais je ne dirais pas que ce sont des rivaux comme le sont les Bruins de Boston. Nous avons affronté les Bruins tellement souvent en séries ! »

La rivalité remonte plutôt à l’époque où le Canadien et les Maple Leafs étaient les deux seules équipes canadiennes dans la LNH. Le fait que les Leafs n’aient pas été dans la même association que le Tricolore de 1981 à 1998 n’a certainement pas aidé à garder la flamme très vive.

En fait, la rivalité est peut-être demeurée plus forte hors de la patinoire, auprès des partisans. Il y a aussi le contexte historique, alors que Montréal est le marché francophone le plus important au pays, et Toronto son équivalent anglophone.

« Les partisans des deux équipes ont certainement beaucoup de fierté, a souligné Price. Je suis certain qu’il y aura beaucoup d’échanges colorés sur les médias sociaux. »

Les partisans devront toutefois garder leur distance, pandémie oblige. S’il est coutume de voir des chandails bleus au Centre Bell ou des chandails rouges au Scotiabank Arena lors des matchs entre les deux équipes, ce ne sera pas le cas ce printemps en raison des mesures sanitaires.

L’occasion est quand même belle pour raviver cette rivalité. Les Maple Leafs espèrent remporter une première série depuis 2004. Le Canadien a aussi des choses à prouver après une saison en dents de scie et un noyau de vétérans qui espère enfin s’approcher de la coupe Stanley.

« C’est une rivalité historique, a insisté Thornton, qui a baissé pavillon contre le Canadien en 2002 et 2004 alors qu’il portait l’uniforme des Bruins. Et quand vous vous affrontez 10 fois pendant la saison, vous vous connaissez très bien. Les matchs ont été intenses.

« Nous avons l’occasion d’écrire le prochain chapitre. Et ce sera encore plus intense. »

Pour sa part, l’entraîneur-chef par intérim du Canadien, Dominique Ducharme, a aussi parlé d’un nouveau chapitre. Il espère toutefois avoir plus que seulement quelques pages à écrire.

« Effectivement, il y a la rivalité entre le Canadien et les Maple Leafs, mais en tant qu’équipe, c’est ce que nous voulons faire par rapport à notre histoire à nous, a-t-il dit. Nous avons la chance de remplir des pages blanches et d’écrire notre histoire. »