Portrait des duels de premier tour dans la division Ouest

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Blues–Avalanche

Les Blues par la porte de derrière

La meilleure équipe de la LNH, l’Avalanche du Colorado, affrontera les anciens champions de la Coupe Stanley, les Blues de St. Louis, qui ont eu à trimer dur pour obtenir leur place en séries.

Presque 20 points séparent l’Avalanche des Blues. St. Louis s’est difficilement remis de la perte de son meilleur défenseur, Alex Pietrangelo, et Jake Allen n’est plus en mesure d’épauler Jordan Binnington quand celui-ci connaît des défaillances.

Le duel est inégal au premier coup d’œil. Le Colorado a terminé au premier rang du classement général et les Blues sont parmi les trois pires équipes qualifiées, devant les Jets de Winnipeg et le Canadien. Le Colorado possède non seulement l’attaque la plus dévastatrice de la ligue, mais aussi l’une des meilleures défenses.

Les Blues s’en remettent surtout au premier trio mené par Ryan O’Reilly et David Perron. Deux piliers, l’attaquant Vladimir Tarasenko et le défenseur Vince Dunn, n’ont pas joué en fin de saison en raison de blessures. Leur cas est évalué sur une base quotidienne. Au moins, St. Louis possède encore 17 membres de l’équipe championne de 2019, donc l’expérience ne manquera pas au sein du club.

Mais l’Avalanche peut frapper de partout. L’équipe a neuf compteurs de 30 points ou plus, dont trois défenseurs, Cale Makar, Samuel Girard et Devon Toews. Le jeune Alex Newhook, choix de premier tour en 2019, un rang après Cole Caufield, s’ajoute à un club déjà bien nanti. Il a obtenu trois aides en six matchs.

Le joueur sous les projecteurs

PHOTO JOE PUETZ, ASSOCIATED PRESS

Ryan O’Reilly

Ryan O’Reilly, qui a remporté le trophée Conn-Smythe, remis au joueur par excellence en séries, en 2019, n’aura pas une mince tâche. Il devra non seulement contrer Nathan MacKinnon, mais aussi produire. Il n’a ni l’explosivité ni le soutien de MacKinnon. L’effort collectif sera donc crucial à St. Louis.

La clé de la victoire

L’Avalanche est ultrarapide, les Blues ont une formation costaude. Les joueurs de St. Louis devront donc frapper et épuiser leurs adversaires s’ils veulent avoir une chance de l’emporter. Mais encore faut-il les atteindre, surtout avec autant de défenseurs mobiles chez l’Avalanche, capable de semer la zizanie dans les défenses adverses.

Wild–Golden Knights

David contre Goliath

Le Wild du Minnesota est probablement l’un des clubs les plus sous-estimés de la LNH. Il a obtenu sept points de moins que les Golden Knights. S’il y a une équipe capable de provoquer une surprise, c’est bien elle !

On a beaucoup parlé de la recrue Kirill Kaprizov, le nouveau héro au Minnesota avec 51 points en 55 matchs. On parle moins de la défense du Wild. Cette équipe compte pourtant sur l’un des meilleurs top 4 de la LNH avec Jared Spurgeon, Matt Dumba, Jonas Brodin et Ryan Suter.

PHOTO HARRISON BARDEN, USA TODAY SPORTS

Kirill Kaprizov (97), Victor Rask (à droite) et Matthew Dumba, du Wild du Minnesota

Le Wild constitue sans doute la surprise de l’année dans la LNH avec les Panthers de la Floride. On se demandait si le DG Bill Guerin n’était pas sur le point d’entamer une reconstruction, mais le club a terminé parmi les meilleures formations au classement. Cela dit, les principaux leaders à l’attaque, Jordan Greenway, Joel Eriksson Ek, Kevin Fiala et Kaprizov, n’ont pas beaucoup d’expérience en séries.

Les Golden Knights ont flirté avec le premier rang du classement général jusqu’à la fin. Mark Stone et Max Pacioretty, acquis il y a deux ans contre des jeunes et des choix, sont au sommet de leur art. Ils constituent les deux seuls marqueurs de plus de 20 buts chez les Knights. Alex Pietrangelo, l’ancien capitaine des Blues, amène beaucoup de talent et d’expérience en défense.

Vegas est solide devant le filet avec Marc-André Fleury et Robin Lehner. Cam Talbot et la recrue Kaapo Kahkonen n’ont pas une aussi grande réputation.

Le joueur sous les projecteurs

PHOTO KELVIN KUO, USA TODAY SPORTS

Robin Lehner (90), des Golden Knights de Vegas

Marc-André Fleury a été tassé au profit de Lehner l’an dernier. On a même offert à Lehner une prolongation de contrat de cinq ans pour 25 millions à la fin de l’été, mais Fleury, qu’on n’a pas pu échanger, a rebondi avec la meilleure saison de sa carrière. Remporter une Coupe Stanley avec les Knights constituerait le summum d’une carrière déjà bien remplie.

La clé de la victoire

Le Wild, comme les Golden Knights, est faible en supériorité numérique, le pire parmi les clubs qualifiés avec un taux de succès de 17 %. Celui qui pourra trouver une efficacité à ce chapitre se donnera un sérieux coup de pouce.