(St. Paul) Méfiant de toutes les pressions à l’endroit de Kirill Kaprizov et résolu dans sa culture d’équipe, le Wild du Minnesota a tenté de calmer la fanfare entourant son arrivée dans la LNH.

Dave Campbell Associated Press

« J’étais nerveux des attentes parce que nos partisans ont attendu cinq ans avant de le voir et il avait eu du succès », a mentionné le directeur général du Wild, Bill Guerin, en référence aux performances de Kaprizov aux Jeux olympiques de 2018 et dans la Ligue continentale russe.

PHOTO DAVID JOLES, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Le directeur général du Wild, Bill Guerin

Après un match, tout a basculé.

Le 14 janvier à Los Angeles, Kaprizov a intercepté une passe, il s’est échappé, a effectué une belle feinte aux dépens du gardien des Kings Jonathan Quick et il a touché la cible en prolongation.

« Je me suis dit que mon travail de protection était maintenant terminé », a déclaré Guerin en riant.

Âgé de 24 ans, Kaprizov aura l’occasion de montrer son talent sur une plus grande scène alors que le Wild amorcera ses séries dimanche, contre les Golden Knights de Vegas. L’attaquant russe a conclu la campagne avec 27 buts, le huitième plus haut total de la LNH, et il a mené toutes les recrues avec 51 points.

Même s’il a reçu un peu de compétition de l’attaquant des Stars de Dallas Jason Robertson, Kaprizov est le favori pour le trophée Calder, remis à la recrue de l’année dans la LNH. Il serait un des plus vieux gagnants depuis le changement de règle en 1990, qui exige que les candidats soient âgés de 26 ans et moins au 15 septembre de leur saison recrue.

« Nous avons assurément vu de l’amélioration sans la rondelle, mais nous ne pouvons rien dire sur son talent et ses aptitudes offensives », a observé l’entraîneur-chef du Wild, Dean Evason.

Kaprizov a établi plusieurs records d’équipe pour une recrue même s’il n’a joué que 55 matchs cette saison. Son rythme à remplir le filet aurait même menacé le record de tous les temps pour le plus de buts en une saison chez le Wild (42), réussi par Marian Gaborik (2007-08) et Eric Staal (2017-18).

Je n’aime pas me donner des compliments. C’était un effort d’équipe et c’est vraiment tout ce qui compte. Je me concentre vraiment là-dessus.

Kirill Kaprizov

Kaprizov est possiblement le premier joueur du Wild à pouvoir transformer le cours d’un match à lui seul depuis le départ de Gaborik, il y a 12 ans. Il sera d’une grande aide dans la tentative de l’équipe du Minnesota de remporter une première série depuis 2015.

« Chaque fois qu’il a la rondelle, tu peux le sentir dans l’aréna, a affirmé le joueur de centre Joel Eriksson Ek. C’est extraordinaire ce qu’il peut faire. Il crée constamment des choses. »

Les Golden Knights ont tenté de déstabiliser Kaprizov lors de leur plus récent duel contre le Wild, le 5 mai. Le défenseur Nicolas Hague l’a durement plaqué de dos en première période.

Pendant que le reste des joueurs du Wild sont venus à sa défense, Kaprizov n’a pas eu peur de s’en prendre à Zach Whitecloud et il l’a projeté sur la glace. Le Russe de cinq pieds neuf pouces et 200 livres n’avait clairement pas besoin d’aide. Il a d’ailleurs marqué deux buts en troisième période lors de cette partie.

« C’est une des choses que j’aime de lui. Peux-tu jouer à ton meilleur quand tu te fais bousculer ? Il en est capable », a exprimé Guerin.

Le Wild, mené à l’époque par le directeur général Chuck Fletcher, ont pu sélectionner Kaprizov en cinquième ronde du repêchage de 2015 en raison de l’incertitude entourant l’arrivée en LNH des espoirs russes.

Kaprizov a honoré son entente dans la Ligue continentale, mais il a promis au Wild qu’il allait venir en Amérique du Nord lorsqu’elle serait terminée. Il s’est depuis grandement amélioré en anglais et il est devenu l’un des joueurs les plus populaires dans le vestiaire.

« Il a vraiment créé une étincelle pour notre équipe, a insisté Guerin. C’est un joueur électrisant. »