À l’occasion de la dernière semaine d’activités dans la LNH, Mathias Brunet relatera chaque jour une histoire marquante de la saison, par ordre chronologique. Aujourd’hui, la purge chez les Rangers de New York.

Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Il n’y a pas un évènement pour définir la saison des Rangers de New York, mais DES évènements. Le meilleur défenseur de la saison précédente a été expulsé en début d’année, le président, le DG et les entraîneurs congédiés quelques mois plus tard.

En octobre, pourtant, un sentiment d’allégresse régnait à New York. Les Rangers avaient remporté la loterie et s’apprêtaient à repêcher Alexis Lafrenière. Ils comptaient déjà dans leurs rangs le deuxième choix au total de la saison précédente, Kaapo Kakko.

À leur deuxième année de reconstruction, les Rangers avaient maintenu une fiche de 37-28-5, grâce entre autres aux prouesses de Mika Zibanejad et Artemi Panarin, et tous citaient l’organisation comme un modèle à suivre.

La déconfiture en ronde préliminaire des séries éliminatoires, un balayage en trois matchs aux mains des Hurricanes, 11-4 au total des buts, était annonciatrice de la suite. Sans compter les départs des vétérans Henrik Lundqvist et Marc Staal.

Une équipe n’est en principe pas condamnée à l’excellence après seulement deux ans de reconstruction, mais les attentes du patron James Dolan, elles, semblaient élevées en prévision de la saison actuelle.

L’année a mal commencé avec le scandale provoqué par le défenseur Tony DeAngelo, quatrième pointeur chez les défenseurs de la LNH la saison précédente derrière John Carlson, Victor Hedman et Roman Josi.

PHOTO GENE J. PUSKAR, ARCHIVES ASSOCIATED PRESS

Tony DeAngelo

Son altercation physique avec le gardien Alexander Georgiev après une défaite en prolongation à la fin janvier a fait déborder le vase. On accusait aussi DeAngelo, dont la vilaine réputation remonte aux rangs juniors, d’intimidation à l’égard de certaines recrues de l’équipe.

On l’a soumis au ballottage, il n’a pas été réclamé, et on ne l’a pas revu dans un uniforme de hockey depuis. Sa carrière à New York, et peut-être dans la LNH, est terminée.

Les gros canons des Rangers ont tardé à produire, Alexis Lafrenière ne pouvait quand même pas transporter le club sur ses épaules à 19 ans et New York n’a jamais su se remettre de son vilain départ.

Les Rangers étaient déjà éliminés des séries éliminatoires lorsque Tom Wilson a violemment agressé Pavel Buchnevich, puis Panarin, lors d’un match début mars.

PHOTO BRUCE BENNETT, AGENCE FRANCE-PRESSE

Tom Wilson et Artemi Panarin

Wilson a reçu une sentence bonbon et le propriétaire de l’équipe, James Dolan, déjà pas un grand copain de Gary Bettman, a réagi furieusement à la décision de la ligue en exigeant publiquement la tête du préfet de la LNH, George Parros.

La Ligue nationale a réagi en imposant une amende de 250 000 $ à Dolan, soit 245 000 $ de plus que celle de Tom Wilson. Le milliardaire Dolan l’a payée comme le commun des mortels règle une contravention de stationnement illégal.

Dolan, pas le plus friand des reconstructions, n’était déjà pas très heureux des résultats des Rangers sur la glace. Il a explosé en apprenant que son président John Davidson et son DG Jeff Gorton désavouaient sa bravade à la LNH.

Davidson et Gorton n’ont plus d’emploi aujourd’hui et l’ancien hockeyeur Chris Drury est chargé de relancer les Rangers. Il porte les chapeaux de président et directeur général.

Il a pris sa première décision d’importance cette semaine en congédiant l’entraîneur David Quinn. Un lien solide unissait pourtant les deux hommes. Ils ont tous deux joué pour Boston University et Drury a insisté pour qu’on l’embauche à New York il y a quelques années.

On a déjà évoqué le nom de plusieurs candidats pour succéder à Quinn : John Tortorella, Gerard Gallant, Bob Hartley, Patrick Roy.

On veut aussi ajouter de la robustesse à la formation. Drury pourrait échanger de jeunes surdoués un peu moins hargneux pour des joueurs de caractère.

Les regards sont tournés vers lui. La pression ne manquera pas au deuxième étage du Madison Square Garden, mais Drury ne manque pas d’éléments pour relancer cette organisation.

À lire

1- Dans son analyse du dernier match de la saison chez le Canadien, Richard Labbé porte son attention sur deux jeunes joueurs, Cole Caufield et Jesperi Kotkaniemi.

2- Le Canadien est prêt à accueillir des spectateurs en séries. Il attend l’aval de la santé publique. Un premier texte dans La Presse, pour notre recrue Katherine Harvey-Pinard, dont le frère signait le même jour une entente de deux ans avec le Canadien !

3- Un cycliste montréalais, le Rwanda et Simon Drouin. Inutile d'en dire plus, il faut lire !