Les prochains mois seront mouvementés chez le Canadien. Dans les circonstances, le contrat signé mercredi par Rafaël Harvey-Pinard tombe à point pour le jeune homme.

Guillaume Lefrançois
Guillaume Lefrançois La Presse

Dans la formation actuelle, six attaquants deviendront joueurs autonomes sans compensation cet été s’ils ne signent pas de contrat d’ici là, 11 si on compte les avants qui ont évolué avec le Rocket de Laval pendant le gros de la saison.

Ajoutez le repêchage d’expansion – bien que le Tricolore risque davantage d’y perdre Jake Allen ou un défenseur –, et vous avez les ingrédients pour du roulement de personnel à l’attaque au prochain camp.

« Ça pourrait être une belle occasion. Je devrais avoir un gros été d’entraînement. Tu peux être sûr d’une chose, je vais arriver prêt au camp et je vais tout donner pour faire ma place », a commenté Harvey-Pinard en visioconférence, jeudi.

Le petit attaquant a signé mercredi son premier contrat avec le Canadien. On dit premier, parce que cette saison, il joue en vertu d’une entente de la Ligue américaine, avec le Rocket. Cette fois, il a en poche un contrat d’entrée en bonne et due forme, à deux volets.

Et, oui, ça pourrait bouger chez le Canadien, particulièrement aux ailes. Tomas Tatar, Joel Armia, Corey Perry et le réserviste Michael Frolik sont toujours sans contrat en vue de la saison prochaine, sans oublier les centres Phillip Danault et Eric Staal. À cela s’ajoutent les attaquants du Rocket Jordan Weal, Alex Belzile, Laurent Dauphin, Lukas Vejdemo et Brandon Baddock.

Harvey-Pinard, en tant qu’attaquant de petite taille, choix au repêchage tardif, ne fait pas nécessairement figure de favori s’il y a des ouvertures. Il n’aura pas droit au traitement royal qu’ont reçu Cole Caufield et Alexander Romanov, disons !

Cela dit, le joueur de 22 ans s’est fait une spécialité, depuis le début de sa carrière, de causer la surprise. Dans la LHJMQ, il a été le 130e joueur repêché en 2015. Ça ne l’a pas empêché d’y connaître une fructueuse carrière, marquée par une conquête de la Coupe Memorial avec les Huskies de Rouyn-Noranda, équipe dont il était le capitaine.

PHOTO ANDREW VAUGHAN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Rafaël Harvey-Pinard a gagné la Coupe Memorial avec les Huskies de Rouyn-Noranda en 2019.

Au repêchage de la LNH, il a dû attendre au 201e rang, à sa troisième année d’admissibilité (2019), avant d’entendre son nom. Encore fallait-il qu’il décroche ensuite un contrat, ce qui n’est pas un automatisme dans une organisation qui a repêché 10 espoirs en 2019, 11 l’année précédente. Rappelons que les équipes de la LNH sont limitées à 50 contrats dans leur organisation.

« Je ne dirais pas que je rêve encore plus, mais c’est une autre étape de franchie », a dit le Saguenéen.

Le poids, le nerf de la guerre

Harvey-Pinard connaît une très bonne première saison chez les professionnels. En 33 matchs, il totalise 8 buts et 11 mentions d’aide pour 19 points.

« Il n’est pas le plus gros, mais il joue de la bonne façon. Il porte une grille en ce moment parce qu’il a perdu des dents. Mais il ne lâche pas. Il ne cherche pas d’excuses et il va là où ça fait mal », a résumé l’entraîneur-chef du Rocket, Joël Bouchard, après le match de mercredi.

« Pas le plus gros. » Harvey-Pinard semble condamné à ce que toute discussion sur son potentiel revienne à cet enjeu. À 5 pi 9, il sera toujours parmi les plus petits. Il estime son poids à « 178, 180 lb ».

Ces questions de taille reviennent également dans l’entourage du Canadien avec l’arrivée de Caufield, mais la qualité du tir de ce dernier en fait un cas différent. Pour Harvey-Pinard, c’est une très flatteuse comparaison avec Brendan Gallagher qui revient le plus souvent.

« Je l’ai entendue, c’est sûr que c’est flatteur pour moi. Chaque fois que Gallagher joue, j’essaie de regarder la façon dont il joue. C’est un bel exemple pour moi et pour tous les joueurs en général. »

La façon dont il se donne soir après soir est une inspiration pour moi.

Rafaël Harvey-Pinard au sujet de Brendan Gallagher

Son deuxième but dans la Ligue américaine ressemblait d’ailleurs à ceux que marque l’autre numéro 11 de l’organisation…

« Cet été, je veux encore améliorer mon coup de patin, car la LNH et la Ligue américaine sont des ligues rapides. Je veux aussi être plus gros, plus fort, pour être meilleur et marquer plus de buts autour du filet. »

S’il y parvient, et si sa progression devait l’amener à Montréal, il atteindrait alors un autre objectif qu’il a cité, lorsqu’il a été interrogé sur la délicate question de la présence des Québécois chez le Canadien. On le disait plus tôt, Danault et Belzile sont sans contrat pour la saison prochaine. Il faudra voir ce qui adviendra de Jonathan Drouin quand ce dernier sera prêt à reprendre le hockey.

« Je vais contrôler ce que je peux contrôler, et ce sont mes performances, ma préparation. Mon objectif sera d’amener un Québécois de plus à jouer dans l’organisation. »