Dimanche soir, au 20e échelon des meilleurs pointeurs de la Ligue nationale de hockey, un nom bien connu des partisans montréalais était bien visible à l’œil nu : Max Pacioretty.

Richard Labbé
Richard Labbé La Presse

Eh oui. Ce joueur offert aux Golden Knights de Vegas dans le cadre d’une transaction prétendument à sens unique, en septembre 2018, ne montre aucun signe de ralentissement à 32 ans.

Même que l’ex-capitaine du Canadien a récolté 51 points en 48 matchs cette saison. Avec de tels chiffres, en fait, Pacioretty serait en ce moment même le meilleur marqueur du Canadien, sept points devant Tyler Toffoli.

Pendant ce temps, Nick Suzuki, l’espoir de premier plan obtenu par le Canadien dans cette transaction, a 39 points au compteur, et Tomas Tatar, un autre qui est arrivé de Vegas le même jour, a tout de même 30 points à sa fiche en 2021.

Pas que Pacioretty soit nécessairement au courant.

« Je me tiens un peu informé de ce qui se passe avec le Canadien », a-t-il expliqué dimanche lors d’une conférence vidéo pour le Club des 10 du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM). Ce qui est bien d’être dans l’Ouest, c’est qu’on voit les matchs des équipes de l’Est avant les nôtres, alors je vais les regarder de temps à autre. »

Il y a eu tant de changements, comme il y en a souvent chez le Canadien, alors c’est plus dur de suivre ce qui se passe avec l’équipe. Il y a plusieurs de leurs joueurs que je ne connais pas.

Max Pacioretty

Pacioretty se plaît ces jours-ci avec les Golden Knights, mais il insiste pour le dire : malgré la fin plutôt abrupte de son récit avec le Canadien, il garde de bons souvenirs de son passage au Centre Bell, et pour l’équipe qui l’avait repêché avec un choix de premier tour en 2007.

« Je me souviens très bien du printemps de 2010 même si j’avais été blessé cette saison-là… ce fut complètement fou, ce printemps. Jaro [Halak] avait offert l’une des meilleures performances qu’il m’ait été donné de voir en séries éliminatoires, comme Jean-Sébastien Giguère l’avait fait auparavant.

« À ma deuxième saison avec le Canadien, c’était le 100e anniversaire du club si je me souviens bien, et c’est la saison où l’on a passé le plus de temps à côtoyer les légendes de l’équipe. Et puis de pouvoir entendre leurs histoires quand ils gagnaient et à quel point l’organisation était si en avance sur les autres lors de ces années-là… Il y avait une raison pour expliquer que le club était si en avance sur la compétition. Ça prend une certaine personnalité, et c’est pourquoi ces gars-là ont gagné tant de Coupes Stanley avec le Canadien des bonnes années. »

« J’ai pris mon rôle à cœur »

Avec le temps, on a souvent raconté à quel point Pacioretty ne se sentait pas si bien à Montréal, à quel point la pression du club et du C sur son maillot pouvait l’étouffer.

Il jure que ce ne fut jamais ainsi.

« J’ai vraiment pris mon rôle avec le club à cœur, surtout quand j’ai été nommé capitaine. J’ai tant appris. Parfois, ç’a été beaucoup plus difficile de réussir ce qu’on voulait accomplir dans un marché comme Montréal, mais cette expérience m’a aidé en arrivant à Las Vegas. Ça m’a aidé dans mon jeu, mais aussi à l’extérieur de la glace. »

Pacioretty a aussi eu la chance de jouer avec deux des meilleurs gardiens de sa génération, Carey Price et Marc-André Fleury. Ça aussi, il n’est pas près de l’oublier.

« Ils font partie des meilleurs de l’histoire pour une raison… Marc-André, il n’est pas humain ! Comment il est, comment il se comporte, c’est la raison pour laquelle il a gagné des Coupes Stanley. Quand je serai à la retraite, je vais être fier de pouvoir dire à mes enfants que j’ai joué avec ces deux-là ! »