Si la saison 2020-2021 avait compté 82 matchs, les Sénateurs d’Ottawa auraient-ils participé aux séries éliminatoires ?

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Probablement pas. Un départ aussi catastrophique que le leur (2-12-1 à leurs 15 premiers matchs) ne pardonne généralement pas, même dans un calendrier complet.

Mais peut-être se seraient-ils invités dans la course. Car mine de rien, depuis l’arrivée du printemps, cette équipe-là n’en est pas une de second plan.

Depuis le 14 mars, soit à ses 20 derniers matchs, son taux de points cumulés de ,575 la place au troisième rang de la division Nord, derrière les Maple Leafs de Toronto et les Jets de Winnipeg.

La raison de ce succès est assez facile à trouver. Les innombrables jeunes joueurs de l’organisation trouvent leurs repères et ils apprennent à gagner, ce qui n’est pas une bonne nouvelle pour leurs rivaux des prochaines années.

La direction des Sens travaille à visière levée : on a donné les clés de la maison à la relève. À 21 ans, Brady Tkachuk est informellement le capitaine du groupe. Ses compagnons de trio, Drake Batherson et Josh Norris, ont respectivement 23 et 21 ans. Pas surprenant que les médias anglophones de l’endroit les surnomment la « kid line ».

Sur l’unité suivante, on retrouve Tim Stütlze (19 ans) et Colin White (24). Et voilà que Shane Pinto, récent finaliste au trophée Hobey-Baker remporté par Cole Caufield, vient, à 20 ans, de prendre les commandes de la quatrième unité.

La défense a un peu plus de millage au compteur, encore que son quart-arrière Thomas Chabot n’a que 24 ans et que le dernier arrivé, Victor Mete, en a 22.

On ne s’étonne pas davantage d’entendre l’entraîneur-chef D. J. Smith avouer qu’il doit bien davantage composer avec un trop-plein d’enthousiasme et de confiance (« overswagger ») qu’avec une carence de motivation.

« Les gars se sentent bien », a dit Smith aux journalistes d’Ottawa, vendredi – son équipe avait congé d’entraînement, samedi matin, alors que les Sens affrontent le Canadien en soirée.

Ce qui peut arriver avec les jeunes, c’est qu’ils en viennent à oublier certains détails, a renchéri l’entraîneur. Par contre, on sait que le Tricolore est une équipe désespérée qui a besoin de points au classement. Ce sera comme un match de séries éliminatoires. Si les gars ne sont pas dans le bon état d’esprit dès le départ, ils ne connaîtront pas de succès. On sera prêts.

D. J. Smith, entraîneur-chef des Sénateurs

Un tel enjeu « est bon pour nous », a-t-il ajouté. Cette pression « nous permettra de voir comment ils se débrouillent dans ce genre de situation. »

Des fleurs pour Mete

Smith a également eu de bons mots pour son nouveau défenseur Victor Mete, dont le jeu sans la rondelle constitue pour lui « la plus grande surprise. Selon lui, la présence de l’ancien du Canadien explique notamment pourquoi la défense a été « le point fort » des Sénateurs récemment.

De fait, toujours depuis 20 matchs, les Ottaviens ont accordé 2,6 buts par match, au 11e rang de la LNH. Rien à avoir avec leur moyenne de 4,03 de leurs 30 premières rencontres, pire performance du circuit, et de loin.

Toujours selon DJ Smith, Mete, à seulement 22 ans, pourrait bien appartenir à cette catégorie de joueurs qui « voient la lumière et disputent leur meilleur hockey à leur deuxième ou leur troisième équipe ».

« Une carrière peut changer beaucoup de 20 à 25 ans, a-t-il rappelé. Mete gagne en confiance, alors qu’il n’en avait plus beaucoup à Montréal. Il joue très bien pour nous en ce moment. »