On va se le dire, les premiers choix du Canadien qui ont fait patate sont assez nombreux.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

De David Fischer à Louis Leblanc, de Kyle Chipchura à Éric Chouinard, ce ne sont pas les candidats qui ont manqué… et qui ont raté leur coup, pour une foule de raisons.

L’arrivée de Cole Caufield pourrait permettre de replacer un peu cette moyenne vers le haut. Le premier choix du Canadien au repêchage de 2019 n’a disputé qu’un seul match, et on attend (avec impatience) son premier but, mais il s’agit d’un premier choix en qui les espoirs et les attentes sont énormes.

En tout cas, le directeur général Marc Bergevin doit certes croiser les doigts. Parce que depuis son arrivée dans la chaise du directeur général en 2012, ses premiers choix n’ont pas tous été des succès retentissants.

L’année : 2012

Le choix : Alex Galchenyuk

Le rang : 3e au total

La production : 255 points en 418 matchs avec le Canadien

Le cas de Galchenyuk est particulier. A-t-il été un flop ? Non, en tout cas, pas dans le sens douloureux du terme. Après tout, cet attaquant a déjà réussi une saison de 30 buts en 2015-2016. C’est surtout que Galchenyuk n’a jamais été le joueur que l’on croyait, et aussi, qu’il est arrivé lors d’une année de repêchage assez tiède, où le meilleur attaquant a été repêché au 11e rang, puis échangé. Galchenyuk a aussi été une source de distraction en raison de la lourdeur de son entourage, et puis en juin 2018, la direction du Canadien, lasse des hauts et des bas, l’a finalement échangé en retour de Max Domi, qui est devenu ensuite Josh Anderson, par une autre transaction. Il tente aujourd’hui de se relancer avec les Maple Leafs de Toronto, et il a obtenu 7 points en 18 matchs avec eux cette saison.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Alex Galchenyuk

L’année : 2013

Le choix : Michael McCarron

Le rang : 25e au total

La production : 8 points en 69 matchs avec le Canadien

Un cas classique de « repêcher un besoin ». Pour le Canadien, les séries de 2013 se sont terminées en cinq petits matchs contre les Sénateurs d’Ottawa et leur entraîneur « aux yeux globuleux », dixit Brandon Prust. Surtout, le Canadien avait passé la série à se faire taper dessus par les Sénateurs, et le mot d’ordre était clair : il fallait « grossir » le club. Est donc arrivé ce McCarron, 6 pi 6 po et 232 livres qui, de l’avis de plusieurs dépisteurs, avait de la misère à avancer sur ses patins. Ce léger détail aurait dû être suffisant pour lever un gros drapeau rouge dans le carnet d’évaluation du Canadien, mais non, il a quand même été choisi, et il n’a jamais été capable de se faire une place. En 2020, le Canadien l’a échangé aux Predators de Nashville en retour d’un autre joueur de la Ligue américaine, Laurent Dauphin. McCarron a été vu brièvement chez les Preds cette saison, disputant cinq matchs et ne récoltant aucun point.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Nikita Scherbak

L’année : 2014

Le choix : Nikita Scherbak

Le rang : 26e au total

La production : 7 points en 29 matchs avec le Canadien

De tous les joueurs choisis au premier tour lors du repêchage de 2014, seulement deux ont été moins productifs que Scherbak. Drôle de bonhomme qui donnait parfois l’impression d’être heureux d’être content, cet attaquant n’a démontré que quelques impressions favorables à l’occasion, mais la plupart du temps, il était tout à fait invisible. Un très mauvais choix, qui va sans doute retourner un jour en KHL pour y conclure sa carrière. Au fait, de ce très mauvais repêchage de 2014 pour le Canadien, il ne reste plus que Jake Evans, un choix de septième tour, pour sauver l’honneur.

L’année : 2015

Le choix : Noah Juulsen

Le rang : 26e au total

La production : 8 points en 44 matchs avec le Canadien

Vous pensez que le repêchage de 2014 a été affreux pour le Canadien ? Eh bien, celui de 2015 a été encore pire. Des cinq jeunes hommes qui ont été choisis cette année-là, il ne reste plus personne. Dans le cas de Juulsen, il faut bien le souligner, il est difficile de tirer une quelconque conclusion, puisque les blessures à un œil l’ont empêché de se faire valoir, et aujourd’hui, le défenseur tente de se relancer chez les Panthers de la Floride. On lui souhaite la meilleure des chances, mais pour le Canadien, ce choix-là a été gaspillé.

L’année : 2016

Le choix : Mikhail Sergachev

Le rang : 9e au total

La production : aucun point en 4 matchs avec le Canadien

Jusqu’à maintenant, il est le meilleur premier choix de l’ère Bergevin, et de loin. Le problème, bien sûr, c’est qu’il porte depuis 2017 le maillot du Lightning, et qu’il est devenu un défenseur de premier plan à Tampa et non à Montréal. Évidemment, la province en entier se rappelle que ce défenseur a été échangé en retour de Jonathan Drouin. Donc, en tant que tel, Sergachev a été un très bon choix… qui profite aujourd’hui à une autre équipe. Drouin ? Plusieurs croyaient que cette saison allait être la bonne, mais de toute évidence, il est toujours ralenti par un poignet qui tarde à guérir. En ce moment, il s’agit d’une transaction qui ne paraît pas très bien pour le Canadien.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Ryan Poehling

L’année : 2017

Le choix : Ryan Poehling

Le rang : 25e au total

La production : 4 buts en 28 matchs

Pour une génération, ce fut « où étiez-vous quand l’émeute de Maurice Richard a éclaté ? », et pour une autre, ce fut « où étiez-vous quand Patrick Roy a gagné la Coupe un soir de mai 1986 à 20 ans » ? Pour la présente génération, c’est « où étiez-vous quand Ryan Poehling a marqué quatre buts dans un match qui ne voulait strictement rien dire ? » On fait avec ce qu’on a. Mais depuis cette soirée mémorable d’avril 2019 au Centre Bell, le jeune attaquant a un peu disparu. Nos espions qui suivent de près les activités du Rocket de Laval, toutefois, nous assurent que Poehling a fait des progrès cette saison dans la Ligue américaine. C’est à suivre.

L’année : 2018

Le choix : Jesperi Kotkaniemi

Le rang : 3e au total

La production : 62 points en 162 matchs

Trop tôt, encore, pour parler de lui ? Sans doute. Ceci dit, il aura 21 ans cet été, ce qui constitue en soi une excellente nouvelle, parce qu’on va arrêter d’entendre dire qu’il n’a que 20 ans. Ce sympathique jeune homme termine sa troisième saison chez les pros et les paris sont encore ouverts dans son cas, mais comme McCarron, le Canadien l’a repêché pour combler un besoin (un trou à combler au poste de centre, dans ce cas-ci), et on peut se demander si le club s’est gouré en repêchant le besoin et non le meilleur joueur disponible à ce moment-là. L’avenir le dira bien assez vite, mais on en profite pour rappeler qu’à Ottawa, Tim Stutzle, un autre troisième choix au total, a plus de points au compteur que Kotkaniemi cette saison… et qu’il n’a que 19 ans.

Gallagher de retour sur la glace

Blessé à un pouce lors du match du 5 avril au Centre Bell, l’attaquant Brendan Gallagher a été aperçu par les caméras de RDS sur la glace du Centre d’entraînement de Brossard mardi matin. Gallagher, dont le retour au jeu n’est prévu que pour le début des séries, n’a pas été vu avec des rondelles sur les images qui ont circulé, ce qui laisse croire que sa blessure au pouce n’est sans doute pas totalement guérie.