Quand Anthony Mantha s’est réveillé de sa sieste de l’après-midi dans sa chambre d’hôtel, à quelques heures du match entre les Red Wings et les Hurricanes, à Raleigh, un message texte de son DG Steve Yzerman l’attendait : « Rappelle-moi le plus vite possible ! »

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Quelques instants plus tard, il apprenait qu’il passait de l’un des pires clubs de la LNH, Detroit, à l’un des meilleurs, Washington, avec ses stars Ovechkin, Carlson, Backstrom et compagnie !

Les Capitals ont offert Jakub Vrana, 25 ans, 25 points en 39 matchs cette saison, le jeune vétéran Richard Panik et des choix de premier et de deuxième tours pour l’obtenir.

Mantha connaissait une saison inférieure à ses propres standards avec 21 points, dont 11 buts, en 42 matchs, mais son gabarit de 6 pi 5 po et ses habiletés de marqueur en font un atout fort intéressant pour un club aspirant à la Coupe.

« J’ai été surpris mais emballé », a confié, enthousiaste, le Québécois mardi midi lors d’une conversation par Zoom avec les journalistes affectés à la couverture de la LNH.

Je venais de signer une entente à Detroit [de quatre ans et 22,8 millions], je m’attendais à y rester quelques années au moins. Mais c’est un nouveau départ ici.

Anthony Mantha

Tout s’est bousculé après l’annonce de l’échange. Pendant que ses désormais anciens coéquipiers se rendaient à l’amphithéâtre afin de se préparer pour leur match, Mantha y récupérait son équipement et sautait dans une limousine pour faire le trajet de quatre heures séparant Raleigh de Washington.

Mantha formait un trio avec Nicklas Backstrom et T. J. Oshie, mardi, lors de l’entraînement matinal en prévision du match en soirée contre les Flyers de Philadelphie. Alexander Ovechkin, Evgeny Kuznetsov et Tom Wilson constituaient l’autre.

Le Québécois a connu un premier match de rêve avec sa nouvelle équipe : il a obtenu deux points, mettant d’abord la table pour le but de Tom Wilson en première période, puis en inscrivant son 12e but de la campagne, en deuxième.

« C’est incroyable, a-t-il répété plusieurs fois lors de l’entretien. J’espère que ça va cliquer vite [avec Backstrom et Oshie]. J’ai eu le temps de parler un peu avec le coaching staff et le DG. J’ai fait quelques séances vidéo. C’était spécial de voir les Ovechkin et Backstrom faire leurs tirs et leurs passes à l’entraînement. Je vais sans doute apprendre beaucoup d’eux. »

Coupe Stanley

Après plusieurs années de reconstruction à Detroit, Mantha, un choix de premier tour des Red Wings en 2013 (20e au total), a une chance de remporter la Coupe cette année.

« Ils sont premiers dans leur division, c’est une grosse occasion pour moi. Je peux amener beaucoup d’offensive, je vais bien cadrer avec eux ; gros bonhomme, je tire souvent. Je peux jouer de façon robuste ici. J’aime gagner mes batailles à un contre un. Je peux obtenir quelques lancers par match et en tirer quelques buts. »

Les adieux ont néanmoins été déchirants, malgré la situation difficile des Red Wings. « Ç’a été dur de les quitter quand je me suis rendu à l’aréna pour récupérer mon équipement, a confié cet ancien des Foreurs de Val-d’Or. Je jouais avec certains de ces joueurs depuis quatre à six ans. J’ai de bons souvenirs du repêchage jusqu’à mon dernier match, mais je vais les revoir, car je vais sûrement passer l’été au Michigan. »

Il s’agissait d’une première expérience de la sorte pour Mantha, qui a connu l’an dernier sa meilleure saison en matière de production de points par match avec 38 points en 43 rencontres. « Je n’avais jamais été échangé, même dans les rangs juniors ! Ça devrait toutefois être facile de m’intégrer avec mes coéquipiers. C’est un nouveau défi excitant. Je vais découvrir de nouveaux endroits, de nouveaux coéquipiers, c’est agréable. »

Le jeune homme donnait l’impression d’avoir gagné à la loterie. Ça n’est pas tout à fait faux…