Philadelphie est-elle en train d’enterrer un autre gardien, prometteur celui-là ?

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

La « malédiction de Pelle Lindbergh » est bien documentée dans la ville de l’amour fraternel. Depuis la mort tragique en 1985 de Lindbergh, le dauphin de Bernard Parent disait-on, les gardiens des Flyers ont eu la vie dure.

Carter Hart, 22 ans à peine, est la plus récente victime. On cherchait tellement désespérément le sauveur tant attendu qu’on a précipité son entrée dans la LNH à 20 ans.

N’est pas Patrick Roy qui veut. Parlez-en à Carey Price, dont les premières années à Montréal ont été chaotiques.

Sept mois après avoir éliminé le Canadien en première ronde, les Flyers de Philadelphie, une équipe pleine d’avenir disait-on, sont menacés de rater les séries. Ils se retrouvent aujourd’hui à cinq points des Bruins de Boston et du dernier rang donnant accès aux éliminatoires, avec deux matchs de moins à disputer.

La défense des Flyers est atroce. Le jeune Hart aussi. Seuls les Sénateurs d’Ottawa ont accordé plus de buts par match en moyenne.

La semaine dernière, Alain Vigneault a accordé un congé de matchs au jeune homme, dont la moyenne de buts alloués se situe à 3,88 et le taux d’arrêts à ,871. Hart a regardé deux rencontres du haut de la tribune de presse.

À son retour au jeu, mardi, il n’a pas été nécessairement vilain en accordant trois buts dans une défaite de 4-2, mais il a eu le malheur d’être battu par le quatrième gardien dans la hiérarchie des Bruins, Jeremy Swayman, 22 ans, à son premier départ en carrière dans la LNH.

Les réseaux sociaux peuvent être cruels et très peu subtils, on s’est déchaîné avec encore plus de fureur sur Hart depuis ce match. On ridiculise le fait que le joyau déchu de l’organisation des Flyers a été battu par le quatrième gardien des Bruins.

Peu importe si Hart était moins bien protégé que son vis-à-vis, peu importe que Swayman n’avait rien à perdre, peu importe que Swayman faisait un tabac dans la Ligue américaine et s’établit désormais comme un espoir de premier plan malgré une sélection plutôt tardive en quatrième ronde en 2017.

Certains prédisaient pourtant le trophée Vézina à Hart en début d’année, après une saison de 24-13-3, une moyenne de 2,42 et un taux d’arrêts de ,914. Il a même fait l’objet d’un reportage élogieux récemment dans le magazine Hockey News. Ces experts auraient pourtant dû savoir que la confiance d’un gardien aussi jeune peut vite vaciller.

Ilya Samsonov, 24 ans, devait d’ailleurs être l’indiscutable numéro un à Washington à la suite du départ de Braden Holtby. Mais un nouveau venu, Vitek Vanecek, a profité des ennuis de santé d’Henrik Lundqvist pour se faufiler dans la LNH et lui voler son poste.

À Vancouver, le successeur de Jakob Markstrom, Thatcher Demko, 25 ans, a connu des ennuis en début de saison, avant de finalement retrouver ses moyens.

Malgré son jeune âge, on croyait Hart outillé pour résister à la pression. Il semblait bien entouré et travaillait étroitement avec un psychologue sportif depuis la petite école.

Or, il s’est séparé de ce précieux allié, John Stevenson, en début de saison. Les médias de Philadelphie font désormais un lien de cause à effet. Ils n’ont peut-être pas tort.

Alain Vigneault n’a pas mis de gants blancs quand il a donné un congé à Hart récemment. Il lui a rappelé qu’il ne s’agissait pas d’une pause d’entraînement pour autant. « Il doit travailler sur son jeu. Il doit travailler plus dur et mieux. J’ai eu des discussions avec Kim Dillabaugh (l’entraîneur des gardiens) et lui à propos de mes attentes sur ses routines d’entraînement et son devoir de bloquer la rondelle. »

L’autre gardien des Flyers, Brian Elliott, 35 ans, est légèrement supérieur, mais il ne peut faire de miracles avec une défense aussi brouillonne, handicapée par la perte de Matt Niskanen, dont la retraite a surpris l’organisation cet automne.

Le DG Chuck Fletcher aura des décisions importantes à prendre d’ici la date limite des échanges, lundi prochain.

Doit-il se dénicher un gardien plus expérimenté et laisser Hart mûrir dans les mineures ? Doit-il sacrifier de jeunes éléments ou des choix pour renforcer sa défense ? Ou au contraire liquider certains vétérans ?

Fletcher se retrouve certes dans une position qu’il n’aurait pas imaginée début janvier. Alain Vigneault non plus d’ailleurs…

À lire

1- Les vétérans du Canadien ont contribué à la victoire de lundi, aux jeunes de se lever maintenant, écrit Guillaume Lefrançois.

2- Quelques années après avoir perdu son poste, Jason Di Tullio est de retour dans son rôle d’adjoint avec le CF Montréal. Il s’est adressé aux médias mardi. Frédérick Duchesneau y était.

3- Le Tournoi des Maîtres de golf à Augusta est de retour à sa date habituelle. Michel Marois a les détails.