Maintenant que les Badgers de l’Université du Wisconsin sont éliminés, il ne reste plus de barrière entre Cole Caufield et un saut chez les professionnels.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Tout indique donc que le choix de premier tour du Canadien en 2019 (15e total) se rapportera à l’équipe incessamment.

Au cours d’un point de presse virtuel tenu samedi matin, Bergevin, un grand sourire aux lèvres, a indiqué qu’il allait « voir ce qui va se dérouler dans les prochaines heures, les prochains jours, les prochaines semaines » au sujet de Caufield.

Relancé sur la possibilité de voir le dossier se dénouer au cours des « prochaines heures », il a rappelé, toujours souriant, qu’il avait aussi dit « semaines ».

Et à savoir s’il estimait qu’il vaudrait mieux pour le jeune homme de se rapporter au Rocket de Laval, dans la Ligue américaine, ou directement avec le Canadien, Bergevin a répondu, moqueur : « Laisse-moi y penser une couple de jours. »

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Caufield a disputé vendredi ce qui sera, selon toutes vraisemblances, son dernier match dans la NCAA. En huitième de finale du championnat national, il a récolté trois points, dont deux buts, dans une défaite de 6-3 des Badgers aux mains des Beavers de Bemidji State. La Presse a pu confirmer qu’après le match, disputé au Connecticut, il est rentré avec son équipe au Wisconsin et n’a donc pas mis le cap sur Montréal sur-le-champ.

Il conclut la campagne avec une récolte exceptionnelle de 30 buts en 31 matchs, ce qui pourrait lui valoir le trophée Hobey-Baker, remis au joueur par excellence du circuit universitaire américain.

Encore samedi, Bergevin a vanté le talent « exceptionnel » de l’attaquant, mais a rappelé qu’un « très grand saut » séparait la NCAA de la LNH.

L’expérience de Staal

Le prétexte de la rencontre médiatique de Marc Bergevin était d’abord la transaction qui a amené Eric Staal à Montréal, vendredi. En retour, le Tricolore a cédé aux Sabres de Buffalo des choix de 3e et de 5e tour au prochain repêchage, tandis que les Sabres se sont engagés à verser la moitié du salaire du vétéran de 36 ans, qui écoule la dernière année de son contrat.

Le DG n’a pas fait de cachette : la version de Staal que verront à l’œuvre les partisans du CH n’est pas celle de ses 25 ans. N’empêche, sa nouvelle équipe apprécie d’emblée l’expérience qu’il apporte à la position de centre, là où les joueurs sont les plus jeunes dans l’équipe. Jusque-là, Phillip Danault, à 27 ans, était le doyen d’une ligne composée de Nick Suzuki (21 ans), Jesperi Kotkaniemi (20 ans) et Jake Evans (24 ans).

PHOTO FOURNIE PAR LE CANADIEN

Eric Staal portera le numéro 21 avec le Canadien.

À 6 pi 4 po, Staal devient également le plus grand attaquant du Canadien, devant Josh Anderson, Joel Armia et Corey Perry, qui mesurent tous 6 pi 3 po.

Sa bague de la Coupe Stanley, obtenue alors qu’il évoluait chez les Hurricanes de la Caroline en 2006, a également pesé dans la balance.

Eric Staal, qui portera le numéro 21, doit arriver au Québec samedi. Il fera la route en voiture depuis Buffalo et se soumettra à une quarantaine de sept jours, comme le stipule la nouvelle procédure entérinée par le gouvernement du Canada.

Cette réduction de la moitié du délai précédent de 14 jours a d’ailleurs accéléré la conclusion de la transaction, a avoué Bergevin.

Ce dernier avait laissé entendre, jeudi, que la situation salariale très serrée du Canadien ne lui permettrait probablement pas de faire des échanges d’ici la date limite du 12 avril. À ce moment, dit-il, les discussions avec les Sabres n’étaient pas avancées.

Une autre condition essentielle était que l’interlocuteur de Bergevin accepte d’assumer une large portion du salaire de Staal. Et, évidemment que le prix à payer a du sens pour le DG du Canadien. Les astres se sont alignés.

Bergevin a d’ailleurs rappelé que même en ayant cédé deux choix au repêchage, il en possédait toujours 12 en vue de l’encan 2021.

C’est la quatrième fois en cinq ans que le joueur de centre change d’équipe. En 2016, les Hurricanes de la Caroline, qui l’avaient repêché au 2e rang au total en 2003, l’ont envoyé aux Rangers de New York. Il a ensuite signé un contrat comme joueur autonome avec le Wild du Minnesota l’été suivant, et après quatre saisons là-bas, il a été cédé aux Sabres de Buffalo.

Bergevin a indiqué avoir déjà « eu de l’intérêt [pour lui] dans le passé ». « Des joueurs de centre d’expérience qui ont connu du succès, c’est toujours intéressant », a-t-il dit. Ce l’était encore plus « à l’époque où c’était plus mince au centre » chez le Canadien.

À ses trois dernières saisons complètes, Staal a récolté 65, 76 et 52 points. La saison dernière, il a ajouté 47 points en 66 matchs, un rythme de 59 points sur 82 rencontres.

En 2021, chez les misérables Sabres, il s’est contenté de 10 points en 32 joutes, ce qui l’a néanmoins placé au cinquième rang des attaquants du club.

Et la suite?

À un peu plus de deux semaines de la date limite des transactions, Bergevin a-t-il terminé ses emplettes?

Deux lectures sont possibles.

La première, une transcription littérale de sa réponse à ce sujet : « On a fini, on n’a plus d’argent, on a maximisé » le plafond salarial.

Et la deuxième, qui exige une mise en contexte. Sourire en coin, il venait de cabotiner sur le cas de Caufield. En outre, il a ajouté : « On a encore du temps d’ici au 12 avril. »

C’est certain qu’on travaille toujours pour améliorer l’équipe.

Marc Bergevin

Et de conclure : « Tout est possible. »

En réalité, le DG a avoué qu’il ne jugeait pas qu’il était dans son intérêt ni dans celui de son équipe de « s’asseoir devant les caméras et dire tout ce qu’[il allait] faire ».

Il assure que des équipes sont prêtes à faire des concessions salariales, c’est-à-dire recevoir un joueur qui gagne cher ou débourser le salaire d’un joueur cédé, comme les Sabres l’ont fait pour Staal. « Mais il y a un prix à payer », a prévenu Bergevin.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Le DG du Canadien, Marc Bergevin

Même s’il estime que son équipe s’est « bien débrouillée » depuis que Ben Chiarot est tombé au combat, d’aucuns s’entendent pour dire que du renfort en défense serait bienvenu. Ceci étant dit, Bergevin a précisé s’attendre à ce que Chiarot revienne au jeu « plus rapidement que prévu », donc au courant du mois d’avril.

Dans tous les cas, s’il devait de nouveau bouger, il le ferait vraisemblablement « le plus tôt possible », sachant que le 12 avril, il ne restera que 17 matchs à jouer, et qu’il faut en outre considérer la quarantaine de 7 jours.

En quelques lignes

• Selon Marc Bergevin, le Canadien garde le cap sur un retour au travail lundi matin, après une semaine de pause attribuable à une éclosion de COVID-19. Jesperi Kotkaniemi et Joel Armia, dont l’un des deux a contracté le virus, sont toujours sur la « liste COVID » de la LNH, mais aucun joueur du CH ne s’y est ajouté depuis lundi dernier.

• Si le Tricolore dispute son prochain match mardi comme prévu, Tyler Toffoli manquerait à l’appel, a confirmé le DG. Blessé « au bas du corps », le meilleur buteur de l’équipe n’a pas disputé le dernier match des siens et devait rater le programme triple prévu contre les Oilers au cours de la dernière semaine.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Tyler Toffoli raterait le match contre les Sénateurs si le Tricolore revient au jeu mardi.

• La LNH n’a toujours pas dévoilé le calendrier révisé du Canadien. Bergevin a dit qu’il y avait « de grandes chances » que l’équipe joue mardi si tous les tests de l’équipe se révélaient négatifs jusqu’à lundi. Mais il n’a pas voulu dire « contre qui ou à quel endroit » cette rencontre serait disputée. À l’heure actuelle, le duel à l’horaire est prévu contre les Sénateurs à Ottawa.

• Bergevin ne s’était pas encore prononcé sur le cas de Jordan Harris, défenseur dont on a appris la semaine dernière qu’il disputerait une quatrième et ultime saison à l’Université Northeastern plutôt que de passer chez les professionnels. Samedi, il a rappelé que Harris venait d’être nommé capitaine de son équipe que la dernière année sur les campus avait été « difficile » en raison de la COVID. Néanmoins, le jeune homme n’aurait donné « aucune indication » à l’effet qu’il ferait faux bond au Tricolore dans un an. « Il sait qu’on a passé beaucoup de temps à le regarder. On est vraiment impliqués dans son développement », a dit Bergevin. Rappelons que si Harris ne signe pas de contrat d’ici août 2022, il deviendra joueur autonome sans compensation.