« Allons-y ! » C’est le message sur son compte Instagram qu’a adressé, en français, Cole Caufield aux partisans du Canadien, quelques minutes après que le club eut annoncé la mise sous contrat de son espoir le plus attendu.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Sourire aux lèvres, samedi matin, Marc Bergevin avait parlé d’une question d’« heures, de jours, de semaines » avant que le sort du jeune homme soit scellé. C’est finalement le premier scénario qui s’est vérifié.

Le Canadien a annoncé vers 20 h 30 qu’il s’était mis d’accord sur une entente de trois ans avec Caufield, son choix de premier tour en 2019. À son arrivée à Montréal, prévue dimanche ou lundi, le joueur se soumettra à une quarantaine de sept jours, après quoi il se présentera au Rocket de Laval, club-école du Tricolore dans la Ligue américaine.

Son contrat, d’une durée de trois ans, pèsera pour 880 833 $ sur la masse salariale du club, à partir de la présente saison jusqu’en 2022-2023. Il est assorti de bonis de performance qui pourraient atteindre 1,28 million.

Les négociations se sont poursuivies toute la journée, samedi. En fin d’après-midi, l’agent de Caufield, Matt Williams, avait confié à La Presse s’attendre à un dénouement « d’ici deux jours », laissant présager une annonce en début de semaine.

« Ç’a été plus rapide que prévu », a-t-il plus tard avoué, après que la nouvelle du contrat fut tombée. Il a décrit cette entente comme « satisfaisante pour les deux parties ».

Son client est « fébrile » et « prêt à l’action », a-t-il ajouté.

Caufield a disputé vendredi son dernier match dans la NCAA. En huitième de finale du championnat national, il a récolté trois points, dont deux buts, dans une défaite de 6-3 des Badgers du Wisconsin aux mains des Beavers de l’Université d’État de Bemidji. Il conclut la campagne avec une récolte exceptionnelle de 30 buts en 31 matchs, ce qui pourrait lui valoir le trophée Hobey-Baker, remis au joueur par excellence du circuit universitaire américain.

Encore samedi, Bergevin a vanté le talent « exceptionnel » de l’attaquant, mais a rappelé qu’un « très grand saut » séparait la NCAA de la LNH.

Le DG a réitéré son enthousiasme à l’endroit du jeune homme. Son deuxième but du match, vendredi, rappelait la rapidité d’exécution d’Alex Ovechkin, a-t-il dit.

En soirée, le Tricolore a publié sur les réseaux sociaux un montage vidéo sur Caufield, dans laquelle on revoit notamment l’annonce de sa sélection au 15e rang en 2019 par le capitaine, Shea Weber, ainsi que quelques-uns des nombreux buts qu’il a marqués dans la NCAA.

Petit, mais dangereux

S’il atteint la LNH dans un avenir rapproché, Caufield deviendrait, à 5 pi 7 po, l’un des plus petits joueurs du circuit, à égalité avec Alex DeBrincat et Blake Lizotte. Seuls Rocco Grimaldi (5 pi 6 po) et Nathan Gerbe (5 pi 4 po) sont plus menus.

Son petit gabarit a toutefois été largement éclipsé, jusqu’à maintenant, par son redoutable instinct de marqueur. Sa saison 2021, aussi prolifique qu’elle ait été, l’a toutefois vu devenir un joueur moins unidimensionnel. « Son jeu sans la rondelle et son engagement ont progressé beaucoup », a dit Bergevin il y a une dizaine de jours.

À sa dernière campagne au sein du programme de développement américain, en 2018-2019, il a inscrit 72 buts en 64 matchs aux côtés de Jack Hughes, qui allait devenir le tout premier choix du repêchage de 2019.

Par la suite, à sa première saison dans la NCAA, en 2019-2020, il a été sacré recrue de l’année dans la division Big-10 après avoir marqué 19 buts en 36 rencontres.

Il a en outre participé à deux reprises au Championnat mondial junior. Après un tournoi décevant en 2020, il a remporté l’or avec la formation américaine en 2021.

Sur Instagram, Caufield a remercié les Badgers pour les deux saisons qu’il a passées avec l’équipe. Pour celui qui a grandi à Stevens Point, au Wisconsin, s’aligner avec cette équipe était un « rêve », dit-il, remerciant au passage les partisans, le personnel d’entraîneurs ainsi que ses coéquipiers, devenus ses « frères et ses meilleurs amis ».

Avant de conclure, en post-scriptum, avec les deux seuls mots que voulaient entendre les inconditionnels du CH : « Allons-y ! »