Le Canadien est en pause jusqu’à lundi prochain. Minimum. Ça, c’est si et seulement si aucun autre joueur ne rejoint Joel Armia et Jesperi Kotkaniemi sur la liste du protocole de la COVID-19.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Est-ce une décision exagérée ?

Pas du tout.

La Ligue nationale de hockey et l’Association des joueurs agissent avec vigilance et responsabilité. Car les deux joueurs du Canadien – dont la contamination n’est pas confirmée – pouvaient être porteurs du virus lors de l’entraînement de lundi.

Or, dans ces séances, les joueurs ne portent pas de couvre-visage. Ils ne sont pas toujours distants de deux mètres non plus. Alors que le virus, lui, adore se promener au-dessus de la patinoire. Sauter d’un joueur à un autre. Dans les entraînements comme dans les parties.

Des chercheurs finlandais l’ont prouvé en reliant 49 adversaires contaminés, répartis dans cinq clubs. La LNH a d’ailleurs reconnu, le mois dernier, que la transmission sur la glace était une possibilité. « Nous ne l’excluons pas », a affirmé le commissaire adjoint Bill Daly, après quatre éclosions au sein de clubs qui venaient de s’affronter.

PHOTO BERNARD BRAULT, ARCHIVES LA PRESSE

Jesperi Kotkaniemi (à gauche) et Joel Armia (à droite) avec leur coéquipier Tomas Tatar

Pour le moment, les autres joueurs du Canadien ne sont pas contaminés.

Tant mieux.

Notez toutefois que si les coéquipiers d’Armia et de Kotkaniemi ont été infectés lundi, on ne le saura pas immédiatement. C’est normal. Souvent, dans les premiers jours, le virus n’est pas assez puissant pour être détecté lors des tests.

Selon le ministère de la Santé du Québec, « la période d’incubation moyenne est estimée entre cinq et six jours ». Ça explique pourquoi toutes les activités du Canadien sont arrêtées jusqu’à lundi prochain, même si les tests les plus récents des autres joueurs sont tous revenus négatifs.

C’est frustrant. Mais sachez que le protocole de la LNH n’a rien d’exceptionnel. C’est le même modus operandi un peu partout dans la société.

Prenez les écoles. Je suis bien placé pour vous en parler ; il y a un cas actif dans le groupe de mon plus jeune. Un variant, en plus. La classe est fermée depuis lundi. Elle le restera jusqu’au 31 mars. D’ici là, les jeunes doivent rester isolés, même si tous leurs tests sont négatifs.

Bien évidemment, cette période d’inactivité risque de nuire au Canadien. Parce que si les parties sont reprises, elles seront insérées dans un calendrier déjà hypercondensé, tout juste avant les séries éliminatoires. Aussi, les joueurs n’auront pas accès au centre d’entraînement avant lundi. Pour la musculation et le cardio, je ne suis pas inquiet. La plupart des gars possèdent des poids et un vélo stationnaire à la maison.

Par contre, c’est plus difficile de travailler l’exécution des unités spéciales, ou le trois contre trois, sur Zoom. Sans compter que leurs adversaires, eux, continueront de garder la forme en disputant des rencontres.

C’est dommage pour le Tricolore. Mais ces inconvénients ne pouvaient pas justifier un retour au jeu précipité. Avec le risque – bien réel – d’une éclosion encore plus importante. Et d’une pause encore plus longue.