Bob Murray a tenu à préciser cette semaine que le poste de son entraîneur Dallas Eakins n’était pas en danger.

Publié le 9 mars 2021
Mathias Brunet
Mathias Brunet La Presse

Les Ducks d’Anaheim sont en réinitialisation depuis deux ans. Ils ont terminé au 27e rang du classement général à la première saison sous Eakins, l’an dernier. Ils occupent le 25e rang cette année avec une fiche de 8-12-6, mais ils seraient 28es si l’on tenait compte du taux de victoires.

« Il fait un bon travail en ce moment avec tout ce qui se passe, a déclaré Murray aux journalistes de la Californie lundi. « Je suis beaucoup plus encouragé par notre jeu cette année comparativement à la saison dernière. Mais il faut compter des buts. Notre efficacité en supériorité numérique doit être meilleure. Notre rendement à ce chapitre est inacceptable et nous fait mal. »

Le DG des Ducks a admis cependant qu’il s’apprêtait à donner de plus grandes responsabilités à son conseiller spécial et mentor de Eakins, Darryl Sutter, jusqu’à ce que celui-ci ne soit embauché comme entraîneur- chef par les Flames de Calgary la semaine dernière.

Murray s’attend sans doute à de meilleurs résultats parce que son club n’a pas fait table rase. Ils comptent toujours sur l’un des meilleurs gardiens de la LNH, John Gibson, secondé par Ryan Miller. La défense est constituée de Cam Fowler, Hampus Lindholm, Kevin Shattenkirk et maintenant Jani Hakanpaa.

Ryan Getzlaf, Rickard Rakell, Jakob Silfverberg et Adam Henrique devaient aider la bande de jeunes attaquants à s’épanouir.

Maxime Comtois, 22 ans, choix de deuxième ronde en 2017, connait une splendide saison. Il est en tête des compteurs de son club, à l’aile gauche du premier trio, avec 19 points en 26 matchs.

Les autres ne débloquent pas. Sam Steel et Max Jones, 23 ans, deux choix de première ronde en 2016, sont timides. Le premier a 8 points en 25 matchs, le second 4 points en 15 matchs.

Isaac Lundestrom, 21 ans, repêché en première ronde en 2018, a 6 points en 19 matchs, dont un match de trois buts. On est sévère avec Jesperi Kotkaniemi et ses 12 points en 24 matchs, Lundestrom a huit mois de plus et un temps d’utilisation qui varie de 16 à 18 minutes.

On s’emballait beaucoup avec Troy Terry, 23 ans, à la suite de sa saison de 41 points en autant de rencontres sous Eakins dans la Ligue américaine en 2018-2019. Il a 7 points en 21 matchs.

L’embauche de Dallas Eakins il y a deux ans visait justement à permettre la progression de ce groupe de jeunes premiers qu’il dirigeait dans la Ligue américaine : Terry, Jones, Steel.

PHOTO GARY A. VASQUEZ, USA TODAY SPORTS

Maxime Comtois (53), Sam Steel (23) et Troy Terry (61)

Mais les Ducks ont la pire attaque de la LNH après les Sabres de Buffalo et les Red Wings de Detroit (moyenne de 2,31 buts par match. Ils sont 28es en supériorité numérique avec un faible taux de 13 %. Ils n’ont aucun compteur de dix buts.

La jeune sensation Trevor Zegras, brillant au Championnat mondial pour les Américains avec 18 points en 7 matchs, 9e choix au total en 2019, vient de joindre les Ducks après avoir amassé 9 points en 8 matchs dans la Ligue américaine. Ses débuts sont timides avec 2 points en 9 matchs. Mais il a seulement 19 ans.

On prie pour qu’il ne s’éteigne pas comme les trois autres. Ça ne devrait pas. Le talent lui sort par les oreilles.

Mais Eakins est capable de saboter une jeune équipe douée. Son expérience à Edmonton, de 2013 à 2015, a duré à peine un an et demi.

Monsieur a transformé le vestiaire des Oilers à son arrivée et effacé tous les souvenirs des années de gloire de l’équipe pour permettre aux jeunes joueurs de son équipe de créer leur propre identité gagnante.

Son initiative a été mal reçue à Edmonton. On lui a reproché d’avoir contribué à hausser la pression sur ses jeunes alors qu’il tentait de faire le contraire.

Le système de jeu défensif proposé à ses joueurs n’a pas fonctionné et on l’a aussi blâmé pour ses piètres qualités de communicateur. Le vestiaire était sur le point d’exploser à la fin de son règne.

Les mauvaises langues lui ont reproché de parler davantage de ses exploits dans les compétitions de triathlon que des solutions pour relancer les Oilers.

Il a été congédié en décembre 2014, avec une fiche de 36-63-14 et on ne croyait plus jamais le revoir dans la LNH. Jusqu’à ce que Bob Murray ne lui donne une seconde chance. Sa fiche globale s’établit désormais à 73-108-29.

Lueur d’espoir à l’horizon, les Ducks ont remporté leurs deux derniers matchs en prolongation, contre l’Avalanche et les Kings, par 5-4 puis 6-5. Terry a marqué deux buts dans le premier match et Comtois a amassé quatre aides en deux rencontres.

Comtois, originaire de Longueuil, avait une fiche de 51 points en 64 matchs à son année de repêchage. Voilà sans doute pourquoi il a été repêché vers la fin de la deuxième ronde seulement. Il a explosé l’année suivante avec 85 points en 54 matchs. Une autre belle prise de Martin Madden fils, le recruteur en chef des Ducks.

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1- Le Canadien était à une quarantaine de secondes de l’emporter par blanchissage, lundi soir à Vancouver. Il a perdu en fusillade mais récolté un point. Dommage que les arbitres aient ratés les six joueurs des Canucks sur la glace, en plus du gardien, dans la dernière minute.

2-Alexandre Pratt a le don de nous offrir des histoires originales. Il en a une autre aujourd’hui. Achèteriez-vous un arrêt de Carey Price pour 25 000 $ ?

3- Mikaël Kingsbury n’avait pas gardé le meilleur pour la fin, ce qui ne l’a pas empêché de décrocher une deuxième médaille d’or aux Championnats du monde de ski acrobatique d’Almaty, mardi. Un texte de Simon Drouin.