Quatre organismes s’unissent pour lancer un nouveau programme d’accompagnement auprès des joueurs de la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ), de leurs « heures de gloire » jusqu’à la transition vers des études postsecondaires ou le marché de l’emploi. Trop peu abordée, cette étape est pour bien des jeunes athlètes un moment « excessivement difficile ». Portrait du phénomène.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« C’est souvent comme un deuil ou une séparation pour bien des jeunes, qui perdent la totalité de leur cercle social en se retirant du sport. C’est super beau d’avoir une passion et c’est quelque chose de privilégié, mais ça peut devenir très difficile si cette passion-là est ta seule raison de vivre, surtout quand arrive une pandémie ou simplement une retraite plus tôt que prévu », explique la responsable des services aux athlètes à la Fondation de l’athlète d’excellence (FAEQ), Sophie Brassard.

Elle affirme que si la transition sportive est « bien planifiée », les « symptômes dépressifs » ou les émotions négatives que peuvent ressentir certains athlètes seront beaucoup moins grands.

« Si le sport est la seule chose qu’un athlète a et qu’on lui enlève, ça devient dangereux pour lui. Mais s’il se prépare à ça, et qu’il comprend qui il est en dehors du sport, pour transférer ces compétences-là dans d’autres sphères, il n’a plus l’impression de perdre 100 % de son identité », poursuit Mme Brassard.

Le nouveau programme d’accompagnement, qui sera mené en collaboration avec la Fondation Molson, la LHJMQ et l’Alliance Sports-Études, offrira notamment la possibilité aux joueurs d’avoir recours à de l’orientation scolaire ou professionnelle, des simulations d’entrevues d’embauche, de l’aide à la rédaction de CV, du mentorat, des opportunités de réseautage ou encore des stages en entreprises.

Ces jeunes sont généralement bien encadrés sur le plan académique, mais là, on veut vraiment y aller sur le plan global. Peu importe le chemin qu’ils prendront, la transition vers autre chose que le sport, elle viendra un jour.

Sophie Brassard, de la Fondation de l’athlète d’excellence

Un pas de plus pour le junior majeur

Joint par La Presse, le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, s’est dit très enthousiaste à l’idée de « bonifier » l’accompagnement qui sera fourni aux joueurs de son circuit.

« Quand on a quelqu’un comme Andrew Molson qui manifeste un intérêt pour bonifier l’encadrement existant, ce n’est pas rien. Ça veut dire que ces gens-là ont pris le temps de regarder tout le travail qui est fait pour leurs joueurs, pendant que ceux-ci jouent dans notre ligue », soutient-il.

M. Courteau dit en effet avoir beaucoup mis l’accent sur le développement des joueurs à l’extérieur de la patinoire, au fil des dernières années, notamment en faisant bondir le montant des bourses d’études offertes. « D’ici un an ou deux, j’estime qu’on versera un total de 1,5 million à nos jeunes annuellement. Environ 250 joueurs pourront en bénéficier, ce qui est majeur », soulève-t-il.

Avec l’arrivée de ce nouveau programme, on ajoute un « suivi personnalisé auprès des joueurs », dit le commissaire. « On pourra tenir des rencontres avec des conseillers pédagogiques et donner également une certaine accessibilité au niveau de l’entrevue d’embauche, de l’admission à l’Université, de stages. Bref, on vient renforcer cet encadrement qui était déjà en place pour nos joueurs », ajoute l’homme de 63 ans.

Il n’y a aucun doute dans mon esprit que ça va donner encore plus d’importance à notre programme d’aide aux joueurs, et à notre volonté d’être toujours à la fine pointe de ce qu’on peut faire pour encadrer nos jeunes.

Gilles Courteau, commissaire de la LHJMQ

« Tous gagnants »

De son côté, le président du conseil d’administration de la Fondation Molson, Andrew Molson, assure que son organisation financera tous les services d’accompagnement qui seront offerts par la FAEQ. « Nous en sortirons tous gagnants que de pouvoir accompagner nos leaders de demain », écrit-il dans une déclaration.

« Pour nous, il est plus que concevable que ces athlètes puissent mettre leurs nombreuses qualités de leader, de coéquipier, d’athlète discipliné, engagé, persévérant et déterminé au profit d’un projet d’avenir bien choisi, réfléchi et réussi », ajoute par ailleurs M. Molson.

À l’Alliance sport-études, le directeur général, Sébastien Fyfe, appuie.

« Nos services de conciliation sport-études les aident à réussir, mais l’implication plus que bienvenue de la FAEQ et de la Fondation Molson enrichira la formation des joueurs, notamment en ciblant avec eux le cheminement scolaire qui leur convient et en proposant des conseils et des outils pour faciliter la suite de leur parcours », conclut-il.