Une nouvelle période s’amorce chez le Canadien, avec la nomination de Dominique Ducharme comme entraîneur-chef par intérim. Il succède à Claude Julien, congédié mercredi après avoir dirigé l’équipe pendant quatre saisons et demie.

Alexandre Pratt Alexandre Pratt
La Presse

Je chroniquerai plus longuement à propos du changement de garde après la conférence de presse de Dominique Ducharme et du DG Marc Bergevin, prévue mercredi en milieu d’après-midi. D’ici là, voici cinq défis auxquels Dominique Ducharme sera confronté dès maintenant.

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Le nouvel entraîneur-chef par intérim du Canadien, Dominique Ducharme.

1– Carey Price ou Jake Allen ?

Le gardien du Canadien est méconnaissable. Capable du meilleur, mais aussi du pire dans la même minute. Il cherche ses repères. Trop souvent, ces derniers matchs, on l’a vu regarder derrière lui pour vérifier s’il avait bel et bien arrêté la rondelle. Ça n’inspire pas confiance à ses défenseurs. Cette instabilité se reflète dans ses statistiques individuelles. Il a arrêté 89,3 % des tirs dirigés vers lui cet hiver, en route vers sa pire saison en carrière. Selon le site Evolving Hockey, Price a aussi accordé sept buts de plus qu’anticipé, en tenant compte de la qualité des tirs. À l’inverse, Jake Allen a sauvé 3,5 buts.

Dominique Ducharme osera-t-il augmenter la charge de travail d’Allen, au détriment de Price ?

2– La supériorité numérique

Après un début de saison prometteur, l’attaque massive du Canadien s’est effondrée. Il ne se passe plus rien. Depuis le 30 janvier, seulement deux buts en 29 opportunités. Au cours de cet intervalle, seuls les Red Wings de Detroit ont fait pire.

Pendant cette période, Nick Suzuki n’a aucun point en 29 minutes. Jonathan Drouin ? Aucun point en 26 minutes. Jesperi Kotkaniemi, Brendan Gallagher, Corey Perry, Tomas Tatar ? Tous blanchis en 20 minutes. Dominique Ducharme devra trouver la bonne combinaison pour décadenasser cette unité qui n’a rien de spéciale.

3– L’infériorité numérique

Une des principales faiblesses du club. On l’a constaté, mardi soir, contre les Sénateurs d’Ottawa. Lors d’un surnombre de quatre minutes, les Sénateurs ont cadré neuf tirs. Neuf ! Il est temps de réviser non seulement le système de jeu – trop passif –, mais aussi les joueurs employés. Depuis le 1er février, Paul Byron et Jake Evans présentent des moyennes de buts alloués par 60 minutes jouées en infériorité numérique de 17,65 (!) et 18,49 (!!). C’est d’autant plus important que le Canadien est souvent puni. Il passe en moyenne 6 min 16 s par match à court d’un homme, le quatrième plus haut total de la LNH.

4– La productivité des centres

Depuis 10 matchs, Nick Suzuki a compté deux buts. Jesperi Kotkaniemi ? Un. Phillip Danault et Jake Evans ? Aucun. C’est trop peu. Dominique Ducharme, lui-même un ancien joueur de centre, devra trouver le bon système de jeu pour mettre en valeur ses pivots.

5– Améliorer l’ambiance

Lundi, le capitaine Shea Weber a indiqué qu’il ressentait « beaucoup d’énergie négative autour [du club], que ce soit pendant la partie ou après ». Venant de lui, un modèle de stoïcisme, on peut deviner que l’ambiance ces derniers jours devait être exécrable dans l’entourage de l’équipe. Dominique Ducharme connaît bien la dynamique du vestiaire et les leaders de l’équipe. L’instauration d’un climat positif sera tout en haut de sa liste des priorités.