On pourrait avoir le réflexe de croire que le passage à la Ligue américaine n’est pas obligé en jetant un coup d’oeil à la formation du Canadien.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Un seul joueur de l’équipe actuelle, Jake Evans, a passé au moins une saison au sein du club-école de l’organisation montréalaise.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cet état de choses. Il y a eu, bien sûr, un creux de vague au chapitre du repêchage entre 2008 et 2015. Il y a eu de sérieuses lacunes au plan du développement au niveau de la Ligue américaine avant l’arrivée de Joël Bouchard.

Quelques jeunes surdoués, comme Nick Suzuki, Jesperi Kotkaniemi et Alexander Romanov, ont fait le saut rapidement sans passer par le club-école (outre le bref passage à Laval de Kotkaniemi l’hiver dernier).

Avant eux, Carey Price et Brendan Gallagher ont également été promus rapidement en raison de leur talent.

Artturi Lehkonen a eu le temps de mûrir en Suède jusqu’à 21 ans. Victor Mete a été lancé dans la gueule du loup très jeune par manque de défenseurs gauchers.

Mais dans un contexte normal, la majorité des joueurs ont besoin d’une période de développement dans la Ligue américaine. D’anciens piliers de la formation, Max Pacioretty, P.K. Subban, Tomas Plekanec, David Desharnais, Chris Higgins, Mike Komisarek, Michael Ryder, y ont tous passé entre un ou même trois ans.

Parmi les joueurs actuels du Canadien, la plupart ont eu à apprendre les rudiments du métier dans la Ligue américaine : Jeff Petry (un an), Tyler Toffoli (un an), Josh Anderson (deux ans), Tomas Tatar (quatre ans), Shea Weber (un an, mais des rappels à Nashville), Joel Armia (trois ans), Phillip Danault (deux ans), Ben Chiarot (trois ans), Paul Byron (quatre ans), Brett Kulak (deux ans), Joel Edmundson (un an et demi) et Jake Allen (quatre ans).

Le Rocket de Laval entame sa saison vendredi soir au Centre Bell. Il n’y a jamais eu autant de jeunes joueurs à développer depuis des lunes. On n’y retrouve pas de McDavid ou de MacKinnon, évidemment, mais il y a chez le Rocket d’éventuels joueurs de la LNH, s’ils se développent de la bonne façon.

Ryan Poehling devrait jouer régulièrement au centre cette année. Joël Bouchard a confirmé qu’on voulait continuer à le développer à cette position. Poehling a connu une première année difficile chez les professionnels, mais il demeure un choix de première ronde, un joueur important à St. Cloud State dans la NCAA, lors de son passage dans les rangs universitaires, et un attaquant transcendant au Championnat mondial junior, au point de remporter le titre de joueur par excellence.

Il sera intéressant de voir à l’oeuvre Jesse Ylonen, 21 ans, un ailier très rapide de 6 pieds 1 pouces et 173 livres repêché en deuxième ronde en 2018. Ylonen n’est pas en territoire complètement inconnu chez le Rocket puisque Joël Bouchard a joué avec son père Juha à l’époque à Phoenix. Ylonen a obtenu du succès au Championnat mondial junior en 2019 avec six points en sept matchs mais ses statistiques sont plus modestes dans la Ligue d’élite de Finlande. Joël Bouchard a confirmé qu’il ferait partie de la première vague en supériorité numérique vendredi soir.

PHOTO ANDRÉ PICHETTE, ARCHIVES LA PRESSE

Jesse Ylonen

Il commence à se faire tard pour Lukas Vejdemo, 25 ans fin janvier, et il restera un joueur de soutien s’il atteint la LNH, mais sa progression reste constante et il a eu droit à sept matchs avec le Canadien l’an dernier.

Deux anciens de la LHJMQ, Joël Teasdale, 21 ans, et Raphaël Harvey-Pinard, 22 ans, auront la chance de se faire valoir lors du match d’ouverture contre Belleville. Ils ont connu tous les deux un excellent camp d'entraînement. Harvey-Pinard aura même la chance de jouer sur le premier trio vendredi soir !

En défense, Cale Fleury, 22 ans, 6 pieds 1 pouces, 211 livres, membre de l’escouade volante du Canadien jusqu’à tout récemment, sera un élément clé. Fleury, repêché en troisième ronde en 2017, ne deviendra pas un défenseur offensif, mais il est robuste à souhait et sa première passe est généralement réussie.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Cale Fleury

Josh Brook, repêché en deuxième ronde en 2017, part de plus loin. Il a connu une carrière junior plus prolifique que celle de Fleury, mais s’est moins bien ajusté aux rangs professionnels l’an dernier. On l’a même employé à l’attaque par moments, mais il a terminé la saison en force l’an dernier aux dires de l’entraîneur Joël Bouchard.

Le premier choix du Canadien en 2020 (16e au total), Kaiden Guhle, 19 ans en janvier, profite du report de la saison dans la Ligue junior de l’ouest pour acquérir de l’expérience au niveau professionnel. Guhle, solide au Championnat mondial junior malgré son jeune âge, reçoit les éloges de Bouchard depuis le début du camp d’entraînement. Il ne jouera pas vendredi soir en raison d’une blessure mais on le verra dès qu’il sera rétabli.

Devant le filet, Cayden Primeau a seulement 21 ans. C’est le gardien d’avenir du CH et il devrait jouer souvent cet hiver.

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