« Oui… », répond Phillip Danault sans équivoque.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

On venait de lui demander si, dans un monde idéal, il souhaiterait passer le reste de sa carrière avec le Canadien de Montréal.

Le centre du Canadien n’a rien ajouté. Rien sur son rôle futur avec l’équipe, rien sur les aléas des négociations, pas de « si », pas de « mais ».

Un seul mot, et ce silence, après sa réponse, qui disait tout.

Danault a admis vendredi midi lors de son interview par Zoom avec les médias montréalais avoir été dérangé par son nouveau rôle au sein de la formation et ces histoires de contrat.

En septembre, son clan aurait refusé, rappelons-le, une offre de contrat de cinq ou six ans, évaluée à 5 millions par année. Il deviendra joueur autonome sans compensation à la fin de la saison.

« Au début, tout avait changé, le temps d’utilisation, le rôle en infériorité numérique, le contrat, a-t-il confié. Pas que c’était dur à digérer, mais il y a eu une petite adaptation. Je ne veux pas que le club soit affecté par ça, alors je n’en parle pas. J’ai encore mes partenaires de trio [Tomas Tatar et Brendan Gallagher], peu importe ce qu’il faut faire pour gagner. Je vais le faire. »

Danault jouait en moyenne 18 min 53 s l’an dernier, un sommet chez les attaquants de l’équipe. Après 10 parties cette saison, il joue trois minutes de moins. Suzuki est désormais l’attaquant le plus utilisé, 18 min 11 s, Tyler Toffoli est second.

Le Québécois a sans doute disputé son meilleur match de la saison contre Ottawa jeudi. Il a obtenu deux aides et maintenu un taux de succès de 58,8 % lors des mises au jeu, en presque 16 minutes d’utilisation. Il avait été blanchi lors des six rencontres précédentes.

J’ai retrouvé mon assurance depuis cinq matchs. Je suis à mon meilleur quand je ne pense pas trop sur la glace. Récemment, notre trio a obtenu de bonnes chances de marquer. On est sur la bonne voie.

Phillip Danault

Danault admet ne pas avoir connu un début de saison à son goût. « C’était frustrant au départ. Il y avait beaucoup d’espace sur la glace, mais plus ça avance, plus ça se resserre, et c’est dans ce temps-là qu’on devient plus important. »

L’attaquant du Canadien se dit privilégié de jouer pour un entraîneur, Claude Julien, qui l’appuie et le comprend. « Claude m’aide énormément depuis son arrivée à Montréal. C’est un entraîneur extraordinaire pour moi. Il a dirigé de grands joueurs de centre, il m’aide, moi et les jeunes. Il sait comment me prendre aussi… quand c’est le temps de me piquer ou de m’aider ! »

Claude Julien a-t-il eu à piquer ou à aider son vétéran récemment ? « Un peu des deux… », a répondu le coach. « Encore jeudi, il a disputé un match solide. Il a eu des chances. Ce fut notre meilleur trio. Quand tu connais Phil, tu sais comment le prendre. »

Peu importe les questions de contrat, l’émergence des jeunes, le rôle de Danault, le Canadien a une formation nettement supérieure avec lui. En espérant pour les deux parties une annonce positive d’ici la fin de la saison, ou le début de la prochaine…

Revanche samedi contre Ottawa

Phillip Danault n’a pas eu peur des mots pour résumer la défaite de jeudi contre le pire club de la LNH. « On les a pris à la légère, a-t-il lancé. Ils étaient plus affamés, il faut être prêts dès le départ. À la fin de la journée, ça nous ramène un peu d’humilité, et ça montre que n’importe quel club qui travaille plus fort que nous peut nous battre. Il faut travailler plus fort. »

Paul Byron abondait dans le même sens. « Il s’agit de regarder la vidéo du match, ce que nous ferons à bord du train à destination d’Ottawa, apprendre de nos erreurs et rebondir samedi, tout simplement. Il faut jouer à notre façon, avec notre intensité et notre vitesse. On sait que c’est un club qui travaille très fort. Il joue toujours bien contre nous, car il y a une rivalité entre les deux équipes. »

Le Canadien a peaufiné son jeu en supériorité numérique à l’entraînement vendredi matin avant le départ pour Ottawa. Le CH n’a pas marqué en quatre tentatives la veille. « On doit trouver le moyen de lancer un peu plus au filet, a souligné Claude Julien. Jouer avec plus d’assurance. Nos sorties et nos entrées de zone étaient meilleures jeudi, mais une fois dans le territoire, il faut marquer et lancer plus. »

Petite frousse pour Romanov

PHOTO BERNARD BRAULT, LA PRESSE

Alexander Romanov

Le jeune défenseur Alexander Romanov a quitté l’entraînement après avoir reçu une rondelle en plein visage, mais il sera à son poste samedi, avec quelques points de suture en plus. Romanov a disputé un match inspiré jeudi, après avoir été laissé de côté lors de la rencontre précédente. Il a joué 20 min 13 s. Seuls Shea Weber et Jeff Petry ont été employés davantage. « Donner un congé à ces jeunes-là leur permet de voir le match d’un autre angle, a expliqué Claude Julien. Ils prennent un pas de recul pour en faire deux en avant. C’est ce qu’on a vu contre les Sénateurs. Il est revenu en force. Il connaît un bon début de saison. Il a des petits ajustements à faire par rapport au jeu nord-américain, comparativement à ce qu’il pouvait faire chez lui [en Russie]. On aime bien en Europe y aller de regroupements avec les défenseurs et ralentir le jeu. Ici, on veut jouer plus rapidement. C’est l’ajustement qu’on lui demande de faire. »

Anderson « possédé »

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Josh Anderson

Josh Anderson a marqué un septième but en 11 matchs en troisième période jeudi. Il est revenu très hargneux après avoir été blessé dans les flancs. « Il aurait dû y avoir une punition sur le jeu, a déclaré Claude Julien. On lui a donné un double-échec dans les côtes alors qu’il n’avait pas la rondelle, sous les yeux de l’arbitre. Il semblait possédé par la suite. Et il a presque marqué le but égalisateur dans la dernière minute. Nous sommes très heureux, ça fait longtemps qu’on n’avait pas eu un gars comme ça, costaud, rapide et robuste. »

Price ou Allen ?

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Carey Price

Claude Julien n’a pas voulu dévoiler l’identité de son gardien samedi. « Je ne divulguerai rien sur les gardiens. On sait ce que Carey amène à l’équipe. Il est content d’avoir Jake Allen. On peut trouver toutes sortes de raisons, en bout de ligne, tout va bien avec les deux. »