(Pittsburgh) Sidney Crosby est habitué aux changements. Le capitaine des Penguins de Pittsburgh sait très bien que ceux-ci font partie de la réalité du hockey professionnel.

Will Graves
Associated Press

Mais tous les changements ne sont pas identiques. Certes, des coéquipiers sont échangés, d’autres acceptent une offre d’une équipe rivale, ou se retrouvent simplement sur la liste des blessés à long terme. Cependant, le départ soudain de l’architecte derrière les deux conquêtes consécutives de la Coupe Stanley des Penguins ne fait pas partie de ces catégories.

Donc, oui, c’était étrange pour Crosby et ses coéquipiers des Penguins d’apprendre après la séance d’entraînement de mercredi que leur directeur général, Jim Rutherford, avait décidé de démissionner. Rutherford n’a pas donné de raison particulière, sinon pour citer des motifs personnels, et n’a pas expliqué sa décision à quiconque, pas même à Crosby.

« Tout le monde était surpris », a admis Crosby jeudi.

Le numéro 87 croit néanmoins que la contribution de Rutherford à l’une des concessions les plus prestigieuses de la LNH veut tout dire. Et les Penguins ne sont pas dans un si mauvais état, après tout.

« Et je crois qu’il y a encore de très bonnes personnes en place qui continueront le bon travail », a poursuivi Crosby.

Patrik Allvin pourra maintenant prendre la relève de Rutherford. L’homme âgé de 46 ans, qui a fait partie de l’équipe de dépisteurs des Penguins pendant de nombreuses années avant de devenir adjoint à Rutherford l’automne passé, est du même coup devenu le premier directeur général suédois de la LNH. Allvin n’a toutefois pas pris le temps de mesurer l’ampleur de cette nomination.

« C’est un véritable tourbillon, a reconnu Allvin. Les émotions se bousculent. Je ne sais trop quoi en penser. »

Allvin croit que la philosophie implantée par l’entraîneur-chef Mike Sullivan et le fait qu’il puisse emprunter certaines idées au propriétaire Mario Lemieux signifient que son règne s’inscrira dans la continuité de celui de Rutherford.

« Je crois que le travail de "Sully" (Sullivan) depuis cinq ans, la philosophie de l’équipe et son identité mettent la table pour d’éventuels succès », a évoqué Allvin.

« Nous venons d’être mis à l’épreuve et nous avons toujours adopté la mentalité du négligé, a-t-il rappelé. Ça testera la profondeur de notre organisation, mais aussi le caractère de nos joueurs. »

En attendant, Allvin devra développer sa relation avec Crosby - même s’ils sont arrivés à Pittsburgh à peu près en même temps, les deux hommes ont très peu échangé jusqu’ici - et le Russe Evgeni Malkin, notamment.

Entre-temps, le président des Penguins, David Morehouse, a indiqué qu’Allvin faisait partie des candidats pour le poste de directeur général. Les prochains mois seront déterminants dans le processus d’embauche de la prochaine personne qui occupera ce poste, sans étiquette intérimaire.

« Je ne m’attends à rien d’autre que d’être à Pittsburgh et être prêt à faire face à la musique, a dit Allvin. C’est mon message au personnel. Évidemment, je vais discuter davantage avec "Sully" afin de déterminer ses besoins.

« Mais je crois que nous disposons de nombreux éléments de qualité en place. Je ferai ma part, mon travail, et nous verrons jusqu’où ça nous permettra de nous rendre. »