Si Pierre-Luc Dubois n’a pas été échangé au Canadien de Montréal ce week-end, c’est que Marc Bergevin a refusé de céder aux Blue Jackets de Columbus son jeune centre Nick Suzuki et un autre espoir de l’organisation (on évoque le nom de Cayden Primeau), entre autres, d’après nos informations.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

J’ai tenté de me faire confirmer l’information par Jarmo Kekäläinen, dimanche, mais le directeur général des Blue Jackets n’a pas fléchi : il n’allait pas commenter les conversations privées entre directeurs généraux, ni publiquement, ni en privé, m’a-t-il répondu.

Kekäläinen a finalement accepté l’offre des Jets de Winnipeg, soit Patrik Laine, 22 ans, 140 buts à ses 306 premiers matchs en carrière, lui aussi insatisfait au sein de son organisation, et un jeune centre de bientôt 24 ans qui tarde à éclore, Jack Roslovic, pour obtenir Dubois.

PHOTO JOHN WOODS, LA PRESSE CANADIENNE

Patrik Laine

On ne sait pas à quel degré Kekalainen s’intéressait à Alexander Romanov ou Jesperi Kotkaniemi, assortis d’autres espoirs, pour Dubois. Probablement. Mais de toute façon, la (courte) conversation ne se serait jamais étendue au-delà de Suzuki, et Bergevin, en bon joueur de poker, n’a pas mis ses cartes sur la table.

Tout ceux qui ont eu à transiger avec Bergevin le confirment : c’est un négociateur féroce qui en dévoile bien peu. Il préfère ne pas conclure un échange que de le perdre. D’où son taux de succès impressionnant à ce chapitre.

Mais Romanov n’aurait pas été disponible, me confirme-t-on, et probablement pas Kotkaniemi non plus. Non seulement a-t-on toujours eu le Finlandais en haute estime, mais le jeune homme prend encore plus de galon parmi les penseurs de l’organisation.

Dubois demeure un formidable joueur de centre de 22 ans. Il mesure 6 pi 3 po, pèse 225 livres, a amassé 61 points à sa deuxième saison dans la LNH et il n’a sans doute pas encore atteint son sommet.

PHOTO TIM FULLER, USA TODAY SPORTS

Pierre-Luc Dubois

Ne jamais oublier le plafond

Aussi alléchant soit-il aux yeux de Marc Bergevin, celui-ci doit également agir en DG froid et calculateur. La gestion du plafond salarial demeure aussi au cœur de l’histoire.

Imaginons, par exemple, le Canadien céder Jesperi Kotkaniemi et un espoir, Cole Caufield ou Cayden Primeau, en retour de Dubois.

Il faut aussi offrir un régulier dans la formation pour équilibrer la masse salariale, puisque Dubois touche 5 millions par année et Kotkaniemi 925 000 $. On peut arriver au compte si l’on cède aussi Paul Byron et son salaire annuel de 3,4 millions, à condition que les Blue Jackets absorbent une partie du salaire de Dubois.

Mais un tel échange annihile presque toute chance d’offrir une prolongation de contrat à Phillip Danault. On pourrait peut-être équilibrer le budget pour la première année, en 2021-2022, mais Dubois commanderait une importante augmentation de salaire au terme de la saison 2022.

Dubois ne coûte plus ainsi seulement Kotkaniemi plus un espoir, mais Kotkaniemi plus un espoir, Byron et Danault. Sans savoir si Kotkaniemi ne deviendra pas au moins aussi bon que Dubois dans deux ans, et au risque de briser la belle symbiose qui règne actuellement au sein de l’équipe.

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Jesperi Kotkaniemi

À ma grande surprise, 85 % des lecteurs ont répondu être soulagés de voir l’équipe intacte aujourd’hui, dans mon petit sondage lancé le week-end dernier sur Twitter. Ce n’est évidemment pas un exercice supervisé par une firme spécialisée, mais plus de 5100 internautes ont exprimé leur avis. C’est presque scientifique !

Ça prouve aussi l’engouement des fans pour l’équipe en ce début de saison, où le Canadien est toujours invaincu en temps réglementaire après six matchs.

L’échange entre les Jets et les Blue Jackets est équilibré. Les deux joueurs ont été repêchés la même année, en 2016. Laine au deuxième rang, Dubois au troisième. Laine a un salaire médian de 6,7 millions, Dubois, 5 millions, et les deux exigeront une bonne augmentation sous peu (Laine à la fin de la saison, Dubois l’an prochain).

Les deux exigeaient un échange. Les deux ont prêté flanc aux critiques par leur façon de gérer l’adversité. Les deux ont beaucoup de talent.

Pour revenir au Canadien, on me chuchote que l’offre initiale de 6 ans pour 30 millions à Phillip Danault (le camp Danault parle plutôt de cinq ans) ne serait plus sur la table, quoi qu'on espère toujours le retenir.

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Phillip Danault

On invoque le fait que cette offre a été déposée avant la signature des contrats de 39 millions pour 6 ans à Brendan Gallagher, 38 millions pour 7 ans à Josh Anderson, 17 millions pour 4 ans à Tyler Toffoli et 5,7 millions pour 2 ans à Jake Allen.

C’est peut-être le jeu des négociations, ou peut-être la réalité actuelle aussi. Laissons-les se parler. Si Danault veut rester à Montréal, j’imagine qu’ils pourront s’entendre, et plus tôt que tard.

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3- Tom Brady au Super Bowl avec les Buccaneers de Tampa Bay. Qui l’eut cru ? En finale contre les Chiefs de Kansas City. Le rêve. Notre spécialiste Miguel Bujold nous partage ses impressions.