Il était inévitable que ça se produise. Ça n’aura finalement pris que cinq matchs.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

La commotion cérébrale subie par Joel Armia, jumelée à la blessure à un pied dont souffre Paul Byron après avoir reçu une rondelle tirée par Shea Weber, ouvre déjà le ballet complexe qu’est le processus de rappel des joueurs de remplacement.

Comme la masse salariale du Canadien est très élevée, tout près du maximum, il n’y a pas beaucoup de sous disponibles pour remplacer un joueur blessé. À l’heure actuelle, il y a suffisamment d’espace sous le plafond pour rappeler un patineur – il s’agirait de Michael Frolik ou de Corey Perry, qui se sont entraînés avec l’équipe principale vendredi et qui gagnent chacun 750 000 $.

Pour rappeler les deux, il faudrait que le nom de Byron ou celui d’Armia soit placé sur la liste des blessés à long terme, un processus complexe qui permet aux équipes de se libérer d’une portion du salaire des joueurs blessés. Or cette option apporte aussi ses désagréments, car elle impose notamment que le joueur mal en point s’absente pendant 10 matchs ou 24 jours.

Vendredi, l’entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, n’a pas été en mesure de fournir de mise à jour quant à l’état de santé de ses deux joueurs. Il est déjà acquis qu’Armia ratera quelques rencontres. Quant à Byron, on saura ce samedi s’il peut jouer ou non.

S’ils demeurent tous les deux sur la liste des joueurs actifs, la bonne nouvelle serait qu’on s’attend à de courtes absences – peut-être aucune pour Byron. La mauvaise, ce serait que le Tricolore n’aurait d’autre option que de se dépatouiller avec un seul remplaçant. Perry, un droitier qui possède un profil semblable à celui d’Armia, serait sans doute l’heureux élu.

Si Byron devait néanmoins rater de l’action, par exemple un match ou deux, il n’est pas exclu que Victor Mete dispute ses premières rencontres de la saison, que ce soit comme attaquant ou dans une formation à sept défenseurs. Le petit joueur est l’unique réserviste que la direction a gardé au sein du groupe principal.

En fait, même si Armia était le seul à devoir s’absenter, on pourrait aussi n’insérer que Mete dans la formation et laisser Perry dans l’escouade d’urgence pour sauver de l’argent.

Interrogé sur ces différents scénarios, Claude Julien a insisté sur le fait qu’il s’agissait d’une situation « hypothétique » et qu’il allait « traverser la rivière en arrivant au pont ». Par contre, il n’a pas écarté l’idée. « On va voir si on atteint ce point [samedi] », a-t-il ajouté.

Et ça ne fait que commencer, mesdames et messieurs. Mentionnons tout de même qu’à l’entraînement, vendredi, Perry avait pris la place d’Armia et Frolik, celle de Byron.

Pas de suspension

Cette gymnastique est attribuable, on l’a mentionné, à la commotion cérébrale dont souffre Armia. À ce sujet, le service de la sécurité des joueurs de la LNH a déterminé, vendredi, que Tyler Myers ne méritait pas de suspension à la suite de la mise en échec qui a blessé le Finlandais jeudi. Il sera donc à son poste ce samedi pour le troisième et dernier affrontement d’une courte série entre le Canadien et les Canucks de Vancouver.

Dans une vidéo, la Ligue a expliqué qu’après avoir visionné la séquence sous tous les angles possibles, il avait été déterminé qu’il s’agissait d’une « mise en échec au corps », donc légitime, mais dont le résultat est « malheureux ».

On estime en effet que c’est le torse d’Armia, et non sa tête, qui a reçu l’essentiel du choc, et que l’angle d’attaque de Myers se rapprochait de celui d’une mise en échec dite légale.

Invité à commenter le verdict, Claude Julien s’en est tenu à dire qu’il préparait son équipe « à gagner un match [samedi] ». « On va de l’avant et on fait ce qu’on a à faire », a-t-il ajouté.

L’attaquant Tomas Tatar a fait preuve d’un peu plus de scepticisme concernant la valeur de la décision du service de la sécurité des joueurs de la LNH.

Je ne crois pas que Joel a vu [Myers] venir et il y avait un contact évident avec sa tête. J’imagine que la Ligue a pris la bonne décision, mais j’espère que Joel pourra vite revenir au jeu.

Tomas Tatar

Peu importe qui de Perry, de Frolik ou de Mete sera inséré dans la formation, la relève est prête, a assuré l’entraîneur-chef. Perry et Frolik, surtout, deux vétérans affectés à l’escouade d’urgence à la suite du camp d’entraînement, ont été « un exemple incroyable » pour les jeunes jusqu’ici, notamment sur le plan de l’« éthique de travail ». « On savait qu’ils entreraient dans la formation tôt ou tard, ils sont assez diligents pour être prêts », a résumé Julien.

Même si la rencontre aura lieu sur la côte Ouest, elle s’amorcera exceptionnellement à 19 h, heure de Montréal. Le Canadien et les Canucks se sont échangé les victoires lors des deux premiers affrontements entre les deux clubs cette semaine. Les locaux l’ont d’abord emporté 6-5 en tirs de barrage mercredi. Le lendemain, les Montréalais ont facilement gagné 7-3.

— Avec La Presse Canadienne