Le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, a défendu la capacité de son pays d’accueillir le Championnat du monde de hockey sur glace en ridiculisant au passage les États-Unis après la violente attaque survenue au Capitole la semaine dernière.

Associated Press

Le dirigeant autoritaire a rencontré le président de la Fédération internationale de hockey sur glace, René Fasel, pour des entretiens au milieu des appels à délocaliser le championnat du monde à la suite de manifestations de masse contre le régime de Loukachenko.

Il a affirmé à Fasel que ces manifestations ne rendraient pas dangereux pour la Biélorussie d’accueillir le tournoi et a comparé son pays aux États-Unis, où les partisans du président Donald Trump ont envahi le Capitole la semaine dernière.

« Dans notre pays, les manifestants et autres personnes insatisfaites ne prennent pas d’assaut les bureaux gouvernementaux et les bâtiments législatifs, a mentionné Loukachenko. Nous avons une situation tout à fait normale du point de vue du développement des processus démocratiques. »

La Biélorussie doit agir comme co-hôte du championnat du monde avec la Lettonie en mai et juin. Mais l’opposition dans le pays a appelé au boycottage et le gouvernement letton a déclaré qu’il souhaitait que la Biélorussie soit remplacée.

Lors de son entretien avec Fasel, Loukachenko a embrassé son invité et a également proposé d’accueillir l’ensemble du tournoi sans la Lettonie et a ajouté que ce serait « le meilleur championnat du monde de l’histoire ».

Des manifestations de masse ont balayé la Biélorussie, une ancienne république soviétique de 9,5 millions d’habitants, après que les résultats officiels de l’élection présidentielle du 9 août aient donné à Loukachenko une victoire écrasante sur son adversaire très populaire, Sviatlana Tsikhanouskaya. Elle et ses partisans ont refusé de reconnaître le résultat, affirmant que le vote était criblé de fraude.

Les autorités ont sévèrement réprimé les manifestations pourtant pacifiques, dont la plus importante a attiré jusqu’à 200 000 personnes. La police a utilisé des grenades assourdissantes, des gaz lacrymogènes et des matraques pour disperser les rassemblements.

Selon les défenseurs des droits de l’homme, plus de 30 000 personnes ont été arrêtées depuis le début des manifestations en août, et des milliers d’entre elles ont été brutalement battues. Quatre personnes seraient mortes des suites de la répression du gouvernement contre les manifestants et les partisans de l’opposition.

Loukachenko est président du Comité olympique de la Biélorussie depuis les années 1990 et Fasel est un membre du CIO qui siégeait auparavant au comité exécutif. Le CIO a suspendu Loukachenko de toutes les activités olympiques le mois dernier, y compris des Jeux de Tokyo, affirmant que l’organisme olympique du pays n’avait pas protégé les athlètes victimes de discrimination en raison de leurs opinions politiques.