Il faut de l’audace pour chatouiller l’orgueil d’une puissance comme le Canada à l’aube d’une finale de Championnat du monde junior.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Mais le meilleur attaquant américain, Trevor Zegras, n’avait pas tout à fait tort : les Canadiens n’avaient pas encore été testés sérieusement depuis le début du tournoi.

PHOTO JASON FRANSON, LA PRESSE CANADIENNE

Trevor Zegras

Les déclarations de Zegras auraient pu fouetter les Canadiens, mais l’échec avant efficace des Américains et leur rythme soutenu ont surpris leurs adversaires.

Et Zegras, tout sauf un joueur ordinaire, a obtenu une mention d’aide sur le premier but du match et il a compté le deuxième. À la surprise générale, les États-Unis l’ont emporté 2-0 et ont privé le Canada d’une deuxième médaille d’or consécutive.

« On les a surpris par notre efficacité profondément en zone adverse, a déclaré Zegras après le match. Ils n’avaient pas vu ce type d’opposition depuis le début du tournoi. On a marqué rapidement, puis on a fermé la porte avec du bon jeu défensif. »

Le meilleur défenseur canadien, Bowen Byram, était inconsolable sur la glace après la rencontre. Il avait un peu retrouvé ses esprits en point de presse. « On n’a peut-être pas remporté l’or, mais on demeure toute une équipe de hockey. Ce match ne nous enlève rien. J’espère que les fans au Canada pensent la même chose que nous. »

Avant d’affronter les États-Unis, le Canada avait marqué 41 buts et en avait accordé seulement quatre, mais aucun à égalité numérique. Il n’avait jamais non plus tiré de l’arrière dans une rencontre.

Avec ses deux points, Zegras, neuvième choix au total en 2019 par les Ducks d’Anaheim, a haussé son total de points à 18 en seulement 7 matchs, pour remporter le titre des compteurs devant le Canadien Dylan Cozens. Sans surprise, il a été nommé le joueur par excellence du tournoi. Il succède à Alexis Lafrenière et Ryan Poehling.

L’autre grand héros de ce match, le gardien Spencer Knight, choix de premier tour des Panthers de la Floride, 13e au total, en 2019, a été impérial. Il n’a pas eu d’arrêts spectaculaires à faire en raison d’un positionnement impeccable. Le contrôle de ses retours était aussi impressionnant.

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Le Canadien Peyton Krebs (18) tente un tir face au gardien américain Spencer Knight (30)

« Personne ne gagne des matchs à lui seul, a déclaré Knight. Notre équipe a bataillé tellement fort, du début à la fin. On a respecté notre plan de match : jouer avec intensité et pour l’équipe d’abord. »

Ironiquement, il avait connu un match affreux contre la Russie en ouverture de tournoi. Il s’est élevé au moment-clé.

Cinq points pour Caufield

Le Canada comptait 20 choix de premier tour dans sa formation contre 9 pour les États-Unis. Alexis Lafrenière n’avait pas été prêté aux Canadiens par les Rangers de New York ; les Américains étaient privés de Jack Hughes, premier choix au total l’année précédente par les Devils du New Jersey, eux aussi réticents à envoyer leur jeune vedette à Edmonton.

Parmi les espoirs du Canadien, le premier choix de l’équipe en 2019, 15e au total, Cole Caufield a obtenu quelques bonnes chances de marquer dans un match extrêmement serré, mais il a manqué de précision.

Il ne s’agissait pas de son match le plus achevé offensivement, mais il a participé à l’effort collectif et s’est rendu efficace dans un rôle plus défensif en troisième période au sein du deuxième trio complété par un Matthew Beniers très incisif et Matthew Boldy.

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Les deux espoirs du Canadien de Montréal, Kaiden Guhle (21) et Cole Caufield (13)

Caufield quitte Edmonton avec cinq points en sept matchs, un rendement inférieur aux attentes, mais il a montré d’autres facettes de son jeu et remporté la médaille la plus précieuse.

Le défenseur Kaiden Guhle, le choix de premier tour du Canadien en 2020, 16e au total, était dans son élément dans cette guerre de tranchées. Il a même frappé solidement Caufield deux fois, mais il a joué un rôle de second plan derrière le premier duo constitué de Byram et Jamie Drysdale. Le jeune homme de 18 ans remplira une mission plus importante l’an prochain pour l’équipe canadienne.