Les membres de la direction des Blue Jackets de Columbus et Pierre-Luc Dubois n’ont rien fait pour calmer les rumeurs d’échange à Montréal ou ailleurs, dimanche midi, en visioconférence.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

« On voulait un contrat avant le début du camp d’entraînement, mais les discussions entre mon agent, l’équipe et moi resteront privées », s’est contenté de dire le Québécois, représenté par Pat Brisson.

Le directeur général Jarmo Kekäläinen n’a pas nié les échos selon lesquels leur premier centre voulait changer d’équipe.

« C’est une question pour lui, pas pour moi… », a répondu Kekäläinen quand un collègue lui a demandé si sa jeune vedette souhaitait demeurer à Columbus après avoir accepté un contrat de seulement deux ans.

« On veut des joueurs qui sont fiers de représenter l’organisation, la ville, l’État, a poursuivi le directeur général des Blue Jackets. Mais quand on repêche un joueur, on détient ses droits jusqu’à 27 ans. À nous de décider où il joue et avec qui on transige dans l’intérêt des Blue Jackets. »

Comme je le répète souvent, Wayne Gretzky a été échangé, tout le monde peut être échangé.

Jarmo Kekäläinen, directeur général des Blue Jackets de Columbus

Les Blue Jackets voulaient s’entendre à long terme avec Dubois, leur meilleur marqueur l’an dernier avec 49 points en 70 matchs, et 10 points en autant de rencontres en séries éliminatoires.

« Il faut être deux pour en venir à une entente, a dit Kekäläinen. Nous avions plusieurs scénarios sur la table, même un contrat de huit ans, mais ils ont décidé d’y aller pour deux ans et c’est correct. Il y a aussi des avantages pour nous avec un contrat de deux ans. Le contrat actuel mène de 22 à 25 ans, puis un contrat à long terme amène à 33 ans. »

Le directeur général des Blue Jackets n’a pas encore rencontré Dubois depuis la signature de son contrat.

« Avec la COVID-19, on ne peut pas voir les joueurs en personne, ça sera lundi à l’ouverture du camp, mais je lui ai parlé, c’est un professionnel, il sera ici à temps et c’est tout ce qui compte. »

John Tortorella

Les Blue Jackets ont vécu le même type de situation avec la perte de deux vedettes, Sergei Bobrovsky et Artemi Panarin, il y a deux ans. Josh Anderson a aussi été échangé au Canadien parce qu’il refusait de signer un contrat à long terme avec les Jackets. L’équipe ne semble pas une destination très populaire depuis quelques années. Est-ce en raison de la présence derrière le banc du rugueux John Tortorella ?

Celui-ci était de fort bonne humeur dimanche, même si les points de presse ne demeurent pas son activité favorite.

« Je ne suis pas surpris [par cette histoire concernant Pierre-Luc Dubois], ce n’est pas nouveau pour nous. Je ne lui ai pas encore parlé, on va le faire sous peu, entre hommes. Je ne suis pas déçu. On va être transparents. Mais le personnel d’entraîneurs, je le répète souvent, on investit du temps avec ceux qui veulent être ici. »

Un conflit entre Tortorella et Dubois est-il à la source du problème ? En séries éliminatoires, l’entraîneur a savonné son jeune joueur devant les caméras lors du deuxième match de la ronde préliminaire contre les Maple Leafs de Toronto. Dubois a répondu avec trois buts lors de la rencontre suivante, mais l’incident a-t-il laissé des traces ?

« Ce qu’il vit avec moi, tous les joueurs le vivent, répond Tortorella. Je les pousse. Certains joueurs le vivent différemment. Parfois, le processus est plus long. Je ne suis pas trop sûr de ce qui a été dit, de ce qui est à la base du problème, ce qu’il veut vraiment. Parfois, certains joueurs croient avoir plus de réponses et ils ne veulent pas passer par le processus, mais le conflit n’est pas nécessairement une mauvaise chose. »

On va passer du temps avec les joueurs qui veulent être ici.

John Tortorella, entraîneur-chef des Blue Jackets de Columbus

Tortorella n’a pas manqué de rappeler qu’il était bien excité de voir à l’œuvre les nouveaux centres Max Domi, Mikko Koivu et Mikhail Grigorenko. « Ils ne doivent pas croire qu’ils sont nécessairement derrière Dubois. On veut améliorer notre attaque collectivement. Domi amène du caractère. Koivu est un brillant centre défensif, et capable d’offensive aussi. »

Cam Atkinson avait tenté sans succès il y a deux ans de convaincre Panarin de demeurer à Columbus. Il ne fera pas la même chose cette fois-ci. « C’est sa décision. Je lui ai déjà parlé. Mais il vient de signer pour deux ans, on a besoin de lui et il faut le traiter comme un coéquipier. »

Marc Bergevin convoitait Dubois à la veille du repêchage de 2016. Son premier choix (neuvième au total) et P. K. Subban auraient été offerts aux Oilers d’Edmonton pour le quatrième choix des Oilers, entre autres, mais les Blue Jackets ont surpris le monde du hockey en préférant Dubois à Jesse Puljujärvi avec le troisième choix au total.

Le Canadien a réglé son problème au centre depuis, mais Bergevin tentera-t-il néanmoins de sonder Kekäläinen pour attirer le Québécois de 22 ans ? Le prix exigé ne sera sans doute pas inférieur à un Nick Suzuki ou à un Jesperi Kotkaniemi, mais il y aurait aussi un souci de plafond salarial à régler puisque Dubois touchera en moyenne 5 millions par année pour les deux prochaines saisons.

Et il y a aussi 29 autres clubs à qui Kekäläinen peut parler, ne l’oublions pas…