Équipe Canada retrouvera un adversaire bien connu lors des demi-finales du Championnat du monde de hockey junior, et elle n’a pas à retourner bien loin dans le temps pour se rappeler à quel point il est coriace.

Simon Servant
La Presse Canadienne

Il y a pratiquement un an jour pour jour, le Canada tirait de l’arrière 3-1 en troisième période contre la Russie quand une poussée de trois buts, couronnée par celui d’Akil Thomas avec 3 min 40 s à écouler, lui a permis de mettre la main sur une 18e médaille d’or à ce tournoi.

Une autre page de cette rivalité vieille de plusieurs décennies s’écrira lundi soir, au Rogers Place d’Edmonton. L’équipe gagnante aura rendez-vous en finale avec les États-Unis ou la Finlande, mardi soir.

L’entraîneur-chef du Canada, André Tourigny, et celui de la Russie, lgor Larionov, étaient tous les deux adjoints derrière leur banc respectif lorsque les représentants de l’unifolié ont remonté la pente pour priver les Russes d’une première médaille d’or depuis 2011.

Maintenant à sa septième présence derrière un banc canadien, Tourigny avoue avoir été témoin de plusieurs bons duels contre la Russie au fil des années. Toutefois, il ne s’attend à rien d’autre qu’un affrontement intense entre deux bonnes formations, lundi.

« Cette rivalité veut dire beaucoup pour moi, mais je ne crois pas qu’il y aura plus d’émotions qu’à l’habitude, a-t-il insisté. Nous avons déjà assez de la fierté de représenter notre pays pour nous motiver. Nous n’avons pas besoin d’en rajouter. L’histoire de la rivalité entre le Canada et la Russie est très bien documentée et elle dure depuis des décennies. Il n’y aura pas de différence demain [lundi]. »

Si ce match contre la Russie ne revêt pas un cachet plus particulier pour Tourigny, le son de cloche est différent chez les joueurs. Et plus particulièrement au sein des six vétérans d’Équipe Canada qui ont contribué à voler la médaille d’or à leurs rivaux, en 2020.

Le défenseur Jamie Drysdale fait partie de ce groupe et il pense que la Russie aura encore en tête cette défaite crève-cœur lorsqu’elle sautera sur la patinoire.

« De notre côté, nous voulons évidemment conserver notre titre, mais j’ai l’impression que de leur côté, ils auront quelque chose à prouver. »

Il y a un peu d’animosité entre les deux équipes et on s’attend toujours à un grand match. L’intensité et le rythme sont toujours très élevés.

Jamie Drysdale

Les joueurs du Canada ont survolé la compétition pendant la ronde préliminaire, et ils ont terminé l’année 2020 avec une performance très convaincante contre la Finlande, dans une victoire de 4-1. Ils ont toutefois éprouvé quelques difficultés contre la République tchèque, en quarts de finale, l’emportant finalement 3-0.

Même si Tourigny s’est malgré tout dit satisfait de ce qu’il a vu de ses joueurs, il estime que l’équipe doit continuer à s’améliorer pour poursuivre sa route et défendre son titre avec succès.

« Si nous ne parvenons pas à nous améliorer de match en match, nous ne pourrons pas gagner ce tournoi. C’est notre approche depuis le début. L’expérience du passé nous prouve que c’est une course pour savoir qui va le plus s’améliorer, a-t-il déclaré. J’ai aimé le langage corporel des gars après le match de samedi. J’ai eu des discussions avec eux et nous serons prêts à la tâche. »

« Le jour et la nuit »

La Russie montre un visage bien différent cette année. Alors qu’elle a habitué les amateurs à des prouesses individuelles et à des montées à l’emporte-pièce en attaque, elle a offert du jeu plus prudent et plus hermétique pendant le tournoi.

C’est d’ailleurs ce style préconisé par Larionov, fort de 14 saisons dans la LNH, qui a aidé les Russes à vaincre les États-Unis et la Suède pendant la ronde préliminaire.

« C’est le jour et la nuit par rapport à l’an dernier, a observé Tourigny. Ils ont été très bons en zone neutre, tant offensivement que défensivement. Ils aiment avoir la possession de rondelle et tenter de longues passes en relance. Ils se défendent très bien et ce sera important de contrer les attaques qu’ils génèrent en zone neutre. »

Le Canada a perdu six de ses dix derniers affrontements contre la Russie.

Par ailleurs, on ne sait toujours pas si l’attaquant Alex Newhook, qui s’est blessé contre la Finlande, pourra prendre part au match de demi-finale.