La présente pause est arrivée à un bien mauvais moment pour tout le monde, et puis aussi, elle est arrivée à un bien mauvais moment pour Noah Juulsen.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Après avoir subi une sérieuse blessure à l’œil gauche lors d’un match présenté au Centre Bell en novembre 2018, le jeune défenseur était sur le chemin du retour. Le 11 mars à Laval, dans le maillot du Rocket, il disputait, enfin, un premier match depuis le 29 novembre précédent, lui qui avait pu jouer 12 matchs en début de 2019-20 avec le Rocket. Bref, une éternité pour lui.

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Noah Juulsen le 25 mars 2019 lors d’un entraînement avec le Rocket de Laval.

Puis tout s’est arrêté le 12 mars, et depuis, Juulsen attend son tour.

Incertitude

« Je n’ai aucune idée des plans de l’équipe en ce qui me concerne, a-t-il répondu lors d’un appel-conférence vendredi après-midi, depuis sa Colombie-Britannique natale. Il y a beaucoup d’incertitude pour le moment, alors on verra bien ce qui va arriver. »

Beaucoup d’incertitude ? On peut dire ça, oui. D'abord, il y a de l’incertitude dans le monde du hockey. La Ligue américaine a déjà annulé le reste de sa saison 2019-20, ne sachant trop quand ses arénas vont rouvrir. Pendant ce temps, la LNH tente, de manière désespérée, de sauver la mise et de présenter un tournoi éliminatoire de 24 équipes afin de pouvoir remettre la coupe Stanley dans un avenir plus ou moins rapproché.

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Noah Juulsen mettant en échec Elias Lindholm, des Flames de Calgary, lors d’un match à Calgary le 15 novembre 2018.

Ça laisse en plan les joueurs comme Juulsen, ceux qui sont un peu pris entre la Ligue américaine et la LNH, et qui n’ont pas de contrat pour la prochaine saison. Premier choix du club au repêchage de 2015, Juulsen, à 23 ans, a encore du temps devant lui, mais force est d’admettre que ça commence à presser un brin.

Ç'a été long sur le chemin du retour après ma blessure, et je ne savais pas vraiment ce qui allait m’arriver. Mais la direction du Rocket a choisi de me faire jouer lors de ce match (du 11 mars à Laval) et je me suis senti vraiment bien. J’ai disputé environ 18 minutes de jeu, et je me suis senti comme à la normale. Il n’y a pas eu de recul. Alors je me sens aussi bien qu’à l’habitude.

Noah Juulsen

Au moment où tout s’est arrêté le 12 mars, le Canadien comptait déjà sur un groupe de défenseurs dont Juulsen ne faisait évidemment pas partie. Est-ce que cette situation pourrait changer en 2020-21, selon lui ?

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Noah Juulsen, dans l’uniforme du grand club lors d’un match préparatoire contre les Maple Leafs de Toronto le 26 septembre 2018.

« Je suis juste heureux d’avoir pu retrouver mes repères… Le match que j’ai pu disputer en mars avec le Rocket représente beaucoup pour moi. Maintenant, tout ce qui importe, c’est de me préparer en vue de la prochaine saison. »

Deux rondelles en plein visage

Et puis dans tout ça, il y a pour lui cette nouvelle, peut-être la meilleure des nouvelles : près de deux ans après avoir reçu ces deux rondelles en plein visage lors de cette soirée contre les Capitals de Washington au Centre Bell en novembre 2018, Noah Juulsen se dit enfin pleinement rétabli. Les maux de tête ont disparu, les problèmes de vision aussi.

Sa carrière n’est plus menacée, et puis enfin, il peut s’imaginer un futur au hockey. Pour un joueur qui n’a pu disputer que 37 matchs lors des deux dernières saisons en raison des ennuis de santé que l’on sait, il s’agit de la meilleure nouvelle qui soit.

« Je n’ai plus d’inquiétudes et je sais de quoi je suis capable, a-t-il ajouté avant de prendre congé. Il y a eu des moments où ce fut très frustrant, mais je me sens en forme comme jamais. »