Shorts et patins ne vont généralement pas ensemble. Maintenir une glace de qualité dans la LNH en août ou organiser la finale de la Coupe Stanley en septembre ? Ça aussi, ce n’est pas la norme.

John Wawrow et Stephen Whyno
Associated Press

Avec les séries éliminatoires de la LNH, qui devaient commencer mercredi, en suspens pour une durée indéterminée en raison de la pandémie de coronavirus, de nombreux scénarios sont sur la table si l’objectif du commissaire Gary Bettman de compléter la saison doit se concrétiser.

Sites neutres ?

Quel sera le format, à quel moment les activités reprendront de façon réaliste et est-ce que la LNH pourrait exiger des matchs dans des sites neutres. Que diriez-vous du Dakota du Nord ? Voilà des questions qui suscitent bien des conjectures.

PHOTO JEFF CURRY, USA TODAY SPORTS

Jordan Binnington avant le match No 4 de la finale entre les Bruins et les Blues l’an dernier.

« Ce sont toutes des questions légitimes, mais pas celles dont nous devons résoudre pour l’instant », a soutenu le commissaire adjoint de la LNH, Bill Daly, à l’Associated Press, comparant la situation de la ligue à « un casse-tête à plusieurs facettes ».

Au cours du week-end, les gouverneurs de New York et de la Floride ont tous deux minimisé l’espoir du président Donald Trump de remettre les sports à l’affiche en août. Le gouverneur de New York, Andrew Cuomo, a déclaré : « J’adorerais revoir le sport pour combattre l’ennui. … Mais il ne s’agit pas d’espoirs, de rêves et d’aspirations et de ce que vous aimeriez voir se réaliser. »

Questions en suspens

La LNH, qui a reporté ses activités le 12 mars, a plusieurs fois repoussé ses directives d’autoquarantaine – c’est maintenant le 15 avril – avant que les joueurs puissent même envisager de se présenter aux installations de l’équipe. La date devrait de nouveau être repoussée.

Mais peu importe l’endroit et le moment où la coupe Stanley est décernée, une ancienne vérité se répétera, affirme le directeur général des Penguins de Pittsburgh, Jim Rutherford :

Celui qui la gagnera ressentira la même joie dès qu’il la remportera, quel que soit le jour où il la gagnera, comme si c’était normalement à la mi-juin.

Jim Rutherford, directeur général des Penguins de Pittsburgh.

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Peu importe l’endroit et le moment où la coupe Stanley sera décernée, une ancienne vérité se répétera : celui qui la gagnera ressentira la même joie, peu importe l’endroit, peu importe la date. Ci-haut, feu Henri Richard prenant la Coupe Stanley des mains du président de la LNH Clarence Campbell le 10 mai 1973 à Chicago.

La remise de la coupe la plus tardive a eu lieu le 24 juin, en 1995 et 2013, les deux fois à la suite de saisons écourtées par un lock-out. La pandémie n’a toutefois pas de calendrier.

Cela soulève l’interrogation quant à avoir si la LNH aura le temps de disputer les 189 matchs restants à la saison régulière pour déterminer les têtes de série, ou passer directement aux séries éliminatoires en fonction du classement actuel, que ce soit en fonction du total des points ou des pourcentages de points.

Dans le scénario du pourcentage, les Islanders de New York, 9e tête de série, auraient l’avantage sur les Blue Jackets de Columbus, no 8, dans l’Association Est. Dans l’Ouest, les Jets Winnipeg, septièmes, seraient écartés à la faveur des Canucks de Vancouver.

D’autres options incluent l’élargissement du format des séries éliminatoires pour tenir compte du nombre inégal de matchs disputés par les équipes.

Avis divergents

Ces différents scénarios ont donné lieu à des échanges amusants entre les joueurs lors de récentes vidéoconférences de la LNH.

« Je préfère commencer les éliminatoires tout de suite », a avancé Alex Ovechkin, dont les Capitals de Washington trônent au sommet de la section Métropolitaine. Il a ensuite ri et a ajouté : « Désolé, les gars », en s’adressant aux trois autres joueurs participant à l’appel.

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Le Russe Alex Ovechkin, des Capitals de Washington, soulevant la Coupe Stanley le 7 juin 2017.

« Ne t’excuse pas, a répliqué le capitaine des Blue Jackets, Nick Foligno. Nous avons notre place en séries. »

Le défenseur P. K. Subban des Devils du New Jersey a proposé un format à 31 équipes – toutes les équipes de la ligue – qui pourrait être la seule façon pour son équipe qui occupe le dernier rang dans la section Métropolitaine de se qualifier.

D’autres ont soulevé la nécessité de jouer autant de matchs de saison régulière que possible pour préserver l’intégrité des séries éliminatoires, ainsi que le besoin de se réhabituer à la vitesse et à l’intensité de l’action.

Le besoin de matchs est nécessaire pour le capitaine Connor McDavid des Oilers. Edmonton fait face à la perspective de commencer les séries éliminatoires contre les Flames Calgary, une rivalité qui comprend déjà plusieurs matchs de saison régulière ponctués de nombreuses pénalités cette année.

PHOTO PAUL CHIASSON, THE CANADIAN PRESS

Martin Brodeur après avoir blanchi les Mighty Ducks 3-0 dans le dernier match de la saison le 9 juin 2003.

« Je ne pense pas que nous puissions simplement amorcer les séries avec un premier match entre Calgary et Edmonton où les gars frappent tout ce qui bouge alors que nous n’avons pas joué depuis deux mois », a expliqué McDavid.

Le capitaine des Flames, Mark Giordano, a reconnu que les séries éliminatoires seraient compétitives, car toutes les équipes présenteraient des formations en santé, compte tenu du temps dont les joueurs disposaient pour se reposer et récupérer.

Et n’oublions pas les gardiens.

« Vous pouvez vous entraîner et tout le reste, mais lorsque vous arrivez au camp, je trouve que les tirs de la LNH et la vitesse du jeu sont quelque chose que vous devez vous réhabituer, a analysé le gardien Marc-André Fleury, des Golden Knight de Vegas. Ce serait bien d’avoir un peu de temps pour se remettre dans le bain. »