Tomas Tatar se voit dans l’uniforme du Canadien pour un bon bout de temps, mais l’ennui, c’est qu’il ne sait pas si cet amour est réciproque.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

Oui, Tatar est encore ici, quelques jours après la date limite des échanges dans la LNH. Dans l’immédiat, il ne s’en va nulle part. Mais l’attaquant slovaque fait partie de ceux qui seront à la recherche d’un nouveau contrat dans un an, et il sait aussi que dans le monde du hockey, il n’y a jamais rien de certain.

« La date limite des échanges est passée et je suis encore là, a-t-il dit au terme de l’entraînement de vendredi à Brossard. Je n’ai pas été échangé, alors ça veut probablement dire que l’équipe veut que je reste ! C’est un bon signe, c’est certain. »

Dans l’immédiat, il reste, oui, mais pour combien de temps ? Pour le moment, rien ne presse dans ce dossier. Tatar est encore sous contrat jusqu’à la fin de la saison prochaine. Ensuite, il pourrait atteindre le marché des joueurs autonomes à l’été 2021, un scénario certes pas idéal pour une équipe qui ne regorge pas de talent offensif.

Mais avant d’en arriver à ce point de non-retour, le Canadien pourra déjà négocier avec lui à compter de cet été. Ce serait un début… et c’est aussi ce que souhaite le principal intéressé, qui estime vivre une sorte de renaissance depuis qu’il a été échangé ici, en septembre 2018.

« Pour moi, pour ma carrière, ce fut une très bonne chose que d’être échangé à Montréal, a-t-il ajouté. Je n’ai rien de mal à dire sur mon expérience ici, autant sur la glace qu’à l’extérieur, parce que j’aime beaucoup ça par ici. Mais le hockey, c’est aussi les affaires, et on ne sait jamais ce qui peut arriver… On verra si on peut amorcer les discussions cet été.

« Avant d’arriver ici avec cette équipe, il n’y a personne qui m’avait offert une telle opportunité. On me fait confiance, on me fait jouer sur le premier trio. Je n’avais jamais eu de telles occasions auparavant. »

Il faut bien sûr préciser que la carrière de Tatar n’allait pas super bien au moment où les Golden Knights ont voulu se débarrasser de son contrat de 5,3 millions de dollars en moyenne par saison dans le cadre de la transaction Pacioretty. À peine arrivé à Vegas, Tatar se savait déjà sur la voie d’évitement, et alors que toute la ville vibrait au rythme du printemps magique de 2018, il était essentiellement un spectateur, se contentant de prendre part à seulement huit matchs lors de cette spectaculaire poussée en séries des Golden Knights.

« J’ai eu une mauvaise saison, celle où j’ai été échangé à Vegas, et j’ai quelques regrets à ce sujet, des choses que j’aurais pu faire de manière différente… Lors de l’été précédent, j’avais été opéré à une épaule et je suis peut-être revenu au jeu trop vite. Mais après les séries à Vegas, j’avais mis tout ça derrière moi, et j’ai eu un très bon été d’entraînement. J’étais prêt à me reprendre avec les Golden Knights… et puis il y a eu l’échange. Tout ce que j’espérais qu’il m’arrive à Vegas m’est arrivé à Montréal. J’ai recommencé à aimer le hockey en arrivant ici. »

Léger détail à ne pas négliger dans cette histoire : le contrat de Tatar se termine au terme de la saison 2020-21… tout comme les contrats à Brendan Gallagher et à Phillip Danault, ses deux coéquipiers qui complètent avec lui le premier trio montréalais. Un premier trio qui pourrait se retrouver tout en entier sur le marché de l’autonomie, disons qu’on ne voit pas ça si souvent…

« Je ne sais pas ce qui va arriver ; moi, je ne veux pas penser aux histoires de contrat, je laisse ça à mon agent, a expliqué Danault vendredi. Les trois ensembles, on se complète sans même avoir à se parler sur la glace. On apprend à se connaître de plus en plus, et c’est un avantage. On se pousse les uns les autres et je pense qu’on aime ça jouer ensemble… en tout cas, moi, j’aime ça !  »

On peut fortement présumer que Tomas Tatar aime ça lui aussi, et s’il récolte un autre point, à commencer par le match de samedi soir au Centre Bell face aux Hurricanes de la Caroline, il signera du coup la meilleure saison de sa carrière, lui dont le total de points cette saison (58) représente un sommet, à égalité avec ses 58 points de la saison dernière.

« Je ne pense pas au nombre de points que je vais avoir à la fin de la saison, a-t-il conclu. Je préfère penser aux résultats de l’équipe en premier. C’est avant tout ça qui m’importe. Le reste, le prochain contrat, ce sera pour plus tard. »

Ouellet bientôt de retour

Blessé depuis qu’il a subi une commotion cérébrale lors du match du 20 février à Washington contre les Capitals, le défenseur Xavier Ouellet a participé à un premier entraînement complet, avec mises en échec, vendredi à Brossard. Il n’attend plus que le feu vert pour pouvoir participer aux matchs, ce qui ne devrait pas trop tarder. « Ce fut moins pire que ça en avait l’air, a dit Ouellet, Je me sentais bien dans les jours qui ont suivi cette mise en échec (de Garnet Hathaway). J’ai suivi le protocole et je fais confiance aux médecins. Ça s’améliore. » Ouellet a été cédé au Rocket de Laval en fin d’après-midi pour le rendre admissible aux séries éliminatoires de la Ligue américaine. Il demeure pour l’instant à Montréal.

Price et Weber absent, Drouin aussi

Carey Price et Shea Weber ont tous deux obtenu une journée de congé lors de l’entraînement de vendredi à Brossard, et ce sera sans doute la norme d’ici à la fin de la saison. Dans le cas de l’autre absent de vendredi, Jonathan Drouin, c’est un peu plus mystérieux. L’attaquant québécois a subi une entorse à une cheville lors du match du 12 février à Boston contre les Bruins, et il s’agit d’une blessure qu’il traîne depuis cette date. Pour l’heure, Drouin n’est plus en mesure de patiner, et l’entraîneur Claude Julien n’a pu apporter des précisions sur cette blessure vendredi.