Marc Bergevin avait quelques offres sur la table pour Ilya Kovalchuk, et apparemment il a laissé à son joueur le choix de l’équipe avec laquelle il passera le reste de la saison et les séries éliminatoires.

Simon-Olivier Lorange Simon-Olivier Lorange
La Presse

Au cours d’une mêlée de presse tenue juste avant son départ pour Washington, Kovalchuk a souligné à quel point le directeur général du Canadien avait été « professionnel dans sa façon d’aborder la situation ». « Ça en dit long sur lui », a-t-il ajouté, précisant que de « meilleures offres » avaient été déposées par d’autres formations.

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Kovalchuk, rappelons-le, a été échangé aux Capitals de Washington dimanche soir en retour d’un choix de troisième ronde au prochain repêchage. Les Bruins de Boston auraient également tenté d’obtenir ses services.

Dans la capitale américaine, l’ailier gauche retrouvera plusieurs compatriotes russes – Evgeni Kuznetsov, Ilya Samsonov, Dmitry Orlov et évidemment Alexander Ovechkin –, mais il rejoint surtout une formation qui aspire sérieusement à remporter la Coupe Stanley.

« On vient d’affronter les Capitals, je sens que je peux les aider, a dit Kovalchuk. Ils sont déjà bons. J’espère qu’on se rendra loin en séries. »

Depuis son embauche au début du mois de janvier dernier, le numéro 17 a répété à plusieurs reprises à quel point il appréciait de jouer pour le Canadien. Et il l’a encore redit ce lundi, décrivant en plus cette équipe comme « une famille ».

« Une des meilleures décisions que j’ai prises »

À la fin de l’année 2019, Kovalchuk était sans contrat puisque son association avec les Kings de Los Angeles s’est conclue par un divorce à l’amiable entre les deux parties. Lorsque son agent lui a dit que le Canadien s’était montré à ses services, il était dubitatif, car il ne « connaissait personne » dans l’organisation – il avait en réalité déjà joué avec Nate Thompson en Californie et avec Scott Mellanby à Atlanta.

Or, son agent a insisté, et après coup, le choix du Canadien s’est révélé « une des meilleurs décisions que j’ai prises », a-t-il avoué.

« J’ai été ici deux mois, mais ça m’a paru plus long. […] Les fans, les jeunes, la direction que l’équipe prend, ce sont des choses que j’aime. »

Lorsqu’il deviendra agent libre sans compensation le 1er juillet prochain, un retour à Montréal est fort possible, a-t-il assuré. « Ce n’est pas adieu, c’est sûr. »

Malgré la saison pénible que traverse le Canadien, « l’avenir est vraiment radieux » vu les bons jeunes joueurs de l’organisation. « L’équipe aura tous les éléments bientôt », estime-t-il. À ses yeux, Suzuki est un joueur « incroyable » : « J’ai adoré jouer avec lui, il est si créatif. Regardez-le à l’entraînement, ce qu’il fait à l’entraînement, c’est incroyable… »

Le jeune joueur de centre a souri lorsqu’un journaliste lui a rapporté le compliment de Kovalchuk à son endroit. Il y avait eu droit en personne avant l’entraînement de lundi matin, puisque le vétéran est allé faire un tour dans le vestiaire pour saluer ses coéquipiers.

«Il m’a dit de continuer à travailler fort, a raconté Suzuki. Il dit qu’il voit un beau futur pour moi ici. C’est une légende du hockey, je n’oublierai jamais que j’ai eu la chance de jouer avec lui.»

Des fleurs

De son passage chez le Tricolore, Kovalchuk a dit qu’il retiendra assurément le match du 8 février dernier, remporté contre les Maple Leafs de Toronto. Il avait d’ailleurs déchaîné la foule du Centre Bell en marquant lui-même le but gagnant en prolongation.

Et malgré la position peu enviable de l’équipe au classement, il n’exclut toujours pas de la voir participer aux séries éliminatoires.

« Ils vont pousser. Je le sais, c’est dans le vestiaire, les gars en parlent tous les jours. Personne n’abandonne. »

Dans le vestiaire, ses coéquipiers ont confirmé tout le respect et l’affection qu’ils ont pour le nouveau porte-couleurs des Capitals.

« Ça fait longtemps qu’il est dans la LNH, il nous parlait beaucoup, apportait toujours de l’énergie, a dit Jonathan Drouin. Qu’on gagne ou qu’on perde, il n’avait pas peur de nous dire sa façon de penser. Il en avait amplement le droit, car il avait beaucoup de choses à dire. Ça nous a aidés de l’avoir avec nous. »

Brendan Gallagher, pour sa part, a confirmé que le groupe accueillera Kovalchuk à bras ouverts s’il désire revenir dans le giron du Canadien l’été prochain.

« Il aimait cette équipe, et on aimait l’avoir. S’il veut revenir, on va être contents de le revoir », a-t-il dit.

De Kovalchuk et Nate Thompson, il a souligné à quel point ils avaient « accompli beaucoup de chose pour cette équipe, sur la glace et à l’extérieur ». « Ils étaient un bon exemple pour nos jeunes joueurs. »

Gallagher a par contre insisté convenu que le départ de ces deux vétérans avait du sens vu la position difficile du Tricolore du classement, où il demeure coincé à six points d’une place en séries éliminatoires.

« On perd des joueurs parce que pendant les trois quarts de la saison, on n’a obtenu les résultats nécessaires pour montrer à l’administration qu’on pouvait faire une poussée [vers les séries], a-t-il concédé. C’était à nous, les joueurs, de faire mieux. Personne ne va abandonner dans ce vestiaire, mais avec la probabilité de faire les séries qui descend, la direction s’ajuste. »