Joe Sakic est un petit coquin.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Un journaliste de Denver lui a demandé mercredi soir lors d’un point de presse impromptu de commenter la présence de Marc Bergevin au Colorado cette semaine.

– Tu ne sais probablement pas que sa fille étudie à CU (Colorado University), a répondu le directeur général de l’Avalanche avec un sourire en coin. Tu pourras lui demander.

– Non, je ne savais pas, heureux de t’avoir posé la question alors, a rétorqué le reporter. Et c’est un fan de hockey, alors j’imagine que ça explique sa présence à vos deux derniers matchs ?

– Oui, c’est un fan de hockey. Il aime regarder des matchs…

La conversation a provoqué l’hilarité générale. Personne n’était dupe.

Tout directeur général avisé optera pour quelques jours de vacances afin de visiter sa fille à une semaine de la date limite des échanges, n’est-ce pas ? Comme par hasard dans la ville d’un club acheteur, alors qu’on est vendeur. Et pourquoi pas assister à deux matchs du club en question dans la semaine. Et si, en plus, ce DG n’aime pas la solitude, pourquoi ne pas se faire accompagner en vacances par son bras droit, le directeur général adjoint Scott Mellanby (ceux qui, ici, n’auraient pas encore saisi l’ironie, on le confirme… c’est de l’ironie).

Il y a de la fumée. Peut-être de la braise. Pas encore de feu. On ne vous annonce pas ici un échange entre l’Avalanche du Colorado et le Canadien de Montréal. Mais il y a sans l’ombre d’un doute des tractations entre les deux organisations.

Sakic a rencontré les journalistes en marge du match contre les Islanders, et il a aussi visité le studio de télé local entre les périodes. Il a dit essentiellement la même chose.

Il se cherche un gardien auxiliaire, puisqu’il a des blessés à cette position non seulement à Denver, mais au sein du club-école. Il veut améliorer l’équipe, mais sans pour autant sacrifier son avenir. Sakic n’est pas chaud à l’idée d’échanger un choix de première ronde, mais il n’écarte pas ce scénario si l’offre lui plaît. Il préférerait un joueur sous contrat pour encore un an ou plus, mais ne ferme pas non plus complètement la porte à un joueur de location.

« Idéalement, je ferais un échange de hockey pour améliorer le club, a-t-il dit. Tout dépend du prix à payer. Nous avons eu beaucoup de conversations ces dernières semaines, si nous obtenons une bonne offre, nous bougerons ce soir, demain, lundi. »

À moins d’un revirement de situation extraordinaire, il ne sacrifiera pas l’un de ses trois meilleurs espoirs, Bowen Byram, Alex Newhook ou Connor Timmins pour du renfort. « Vous avez bien deviné, a-t-il demandé à un collègue qui lui posait la question. De toute façon, nos blessés reviendront d’ici la fin de l’année, nous pouvons traverser la tempête d’ici là. Il y a des pièces dont on est prêt à se départir, d’autres non. Si l’échange est avantageux, nous bougerons. »

L’Avalanche ne cracherait sans doute pas sur un Tomas Tatar, un Max Domi ou même un Jonathan Drouin, l’ancien ailier de Nathan MacKinnon à Halifax, pour améliorer son attaque. Pour obtenir l’un de ces joueurs, il faudra au moins un choix de première ronde et une autre pièce. Sinon, Ilya Kovalchuk pour moins cher ?

Sakic veut améliorer son équipe en prévision des séries éliminatoires. Excluons sur-le-champ Nathan MacKinnon, Gabriel Landeskog, Mikko Rantanen, Cale Makar, Andrei Burakovsky, JT Compher, Samuel Girard (le joueur le plus utilisé chez l’Avalanche, et encore une fois hier), Erik Johnson, et probablement Valeri Nichushkin parmi les réguliers.

Tyson Jost, choix de première ronde en 2016, est probablement disponible. Le jeune homme déçoit depuis son entrée chez les pros, malgré de grandes promesses à son année de repêchage (j’admets ma culpabilité ici). Il aurait 22 ans dans quelques semaines et il a eu de nombreuses chances de se faire valoir. Un club croit-il encore en lui ? Le jeune attaquant Vladislav Kamenev est sans doute disponible également.

Martin Kaut, 20 ans, un choix de première ronde en 2018, a été rappelé pour la première fois de sa carrière mercredi soir en présence de Marc Bergevin au Pepsi Center. Un hasard ? Après avoir obtenu seulement 6 points à ses 30 premiers matchs dans la Ligue américaine, cet ailier droit dynamique de 6 pieds 2 pouces en a obtenu 10 à ses 11 derniers avec les Eagles du Colorado avant son rappel.

En défense, Joe Sakic peut sans doute se passer de Nikita Zadorov, 24 ans. Ce géant de 6 pieds 6 pouces et 240 livres est un régulier depuis cinq ans au Colorado, mais son potentiel offensif est très limité. Le Canadien a besoin d’un défenseur offensif, pas d’un autre Brett Kulak. Ryan Graves, 24 ans lui aussi, défenseur gaucher comme Zadorov, connaît la saison de sa carrière, mais il a le profil d’un Ben Chiarot. Montréal a-t-il besoin d’un autre défenseur de ce type ?

Voilà la plupart des pistes explorées. Sakic, évidemment, discute sans doute aussi avec une multitude d’autres vendeurs. Il acceptera l’offre la plus intéressante, donc pas nécessairement celle du Canadien, vous l’aurez deviné. Idem pour Marc Bergevin avec les autres clubs acheteurs.

Bien hâte de voir la tournure des événements.

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