Le Canadien a reçu un beau cadeau des Blues de St. Louis mardi. Obtenir un choix de deuxième ronde, et peut-être un choix supplémentaire de quatrième, pour Marco Scandella, acquis quelques semaines plus tôt pour un choix de quatrième ronde, relève de l’exploit.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Le Canadien gonfle donc encore davantage son nombre de choix en prévision du repêchage de juin à Montréal. Le CH possède désormais un choix de première ronde (fort probablement dans le top 10), trois choix de deuxième ronde, dont deux parmi les dix premiers de cette ronde, un choix de troisième ronde, trois choix de quatrième ronde et deux choix de cinquième ronde, sans compter ses choix de sixième et septième ronde.

L’équipe pourrait ajouter davantage de choix en échangeant Ilya Kovalchuk, Nate Thompson, Nick Cousins et peut-être Tomas Tatar, qui sait ?

Avant de s’emballer trop vite avec le repêchage de juin, il importe cependant de mettre certaines choses en perspective. Le Canadien ne repêchera pas trois Roman Josi au second tour en juin. Mais il se donne davantage de chances de mettre la main sur des joueurs de la Ligue nationale.

Le choix de première ronde, le septième ou le huitième, demeure crucial. Trevor Timmins et son groupe n’ont pas le droit à l’erreur. Les choix dans le top 10 font grandir les organisations. Les choix de deuxième et troisième rang vous permettent de dénicher des perles à l’occasion.

Prenons les cas de ratages spectaculaires d’abord. En 2010 et 2011, les Panthers de la Floride détenaient quatre choix de première ronde, dont deux parmi les trois premiers, cinq choix de deuxième ronde et cinq choix de troisième ronde. De cette somme de joueurs repêchés, quatre seulement ont atteint la LNH et y sont encore, Jonathan Huberdeau (3e au total), Erik Gudbranson (3e au total), Vincent Trocheck et Nick Bjugstad. Les dix autres n’ont pas aidé les Panthers. Gudbranson s’est avéré un vilain choix au troisième rang.

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Jonathan Huberdeau

Les Sabres de Buffalo détenaient trois choix de deuxième ronde en 2014. Brendan Lemieux a une carrière, mais il a été échangé à Winnipeg, Eric Cornel et Vaclav Karabacek n’ont pas percé. Buffalo avait deux choix de première ronde et trois choix de deuxième ronde en 2013. Rasmus Ristolainen est toujours avec l’équipe, Nikita Zadorov (1re ronde) et JT Compher (2e ronde) ont été échangés au Colorado pour Ryan O’Reilly, mais les deux autres choix de deuxième ronde, Connor Hurley et Justin Bailey n’ont pas eu de carrière.

Mais il y a aussi des exemples plus positifs. On reproche aux Bruins de Boston d’avoir raté le bateau en 2015 avec trois choix de première ronde et trois choix de deuxième ronde. Mais le volume de choix leur a permis de dénicher des joueurs importants. Deux des trois choix de première ronde, Jakub Zboril et Zach Senyshyn, constituent des flops. Mais sans au moins deux choix de première ronde, Jake DeBrusk n’aurait jamais été repêché. DeBrusk n’est pas Mathew Barzal ou Kyle Connor, mais il a 18 buts et il est employé au sein de la première unité en supériorité numérique.

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Jake DeBrusk

La même logique s’applique en deuxième ronde. Brandon Carlo n’appartiendrait peut-être pas aux Bruins. Carlo constitue un solide partenaire pour Torey Krug.

En 2006, les Bruins ont repêché dans l’ordre Yuri Alexandrov et Milan Lucic en deuxième ronde. Brad Marchand a été choisi en troisième ronde. Sans ce choix de deuxième ronde supplémentaire, Alexandrov est peut-être repêché au 50e rang à la place de Lucic et non pas au 37e, et Lucic constitue peut-être le choix de troisième ronde des Bruins au 71e rang à la place de Marchand.

Les Red Wings de Detroit détenaient un choix de première ronde et deux choix de deuxième ronde en 2016. Dennis Cholowski et Givani Smith ont été les deux premiers, Filip Hronek le troisième, au 53e rang. Il est déjà, à 22 ans, leur meilleur défenseur. Sans deux choix de deuxième ronde en 2013, Detroit se retrouve avec un flop, Zach Nastasiuk, et probablement pas avec son actuel ailier gauche de premier trio Tyler Bertuzzi, le deuxième choix dans cette ronde.

Les Blues ont trois choix de deuxième ronde en 2011. Ty Rattie, Dmitrij Jaskin et Joel Edmundson. Seul le troisième est dans la LNH. Mais sans ces trois choix, un Jaskin ou un Edmundson est peut-être encore disponible au 88e rang pour le choix de troisième ronde des Blues. Et St. Louis ne repêche pas son gardien Jordan Binnington…

Dernier exemple, Tampa en 2015. Les choix de deuxième ronde Mitchell Stephens et Matthew Spencer n’ont jamais percé. Ni le choix de début de troisième ronde, Dennis Yan. Mais le second choix de troisième ronde, le quatrième du Lightning cette année-là, a réussi là où les trois autres ont échoué. Il s’appelle Anthony Cirelli, il joue au centre du deuxième trio et a désormais un poste au sein de la première vague en supériorité numérique.

Le Canadien a eu le privilège de repêcher trois fois en deuxième ronde récemment, en 2018 et 2013. Il est trop tôt pour juger les choix de 2018, mais on attend Alexander Romanov avec beaucoup de fébrilité en septembre. Romanov a pourtant constitué le deuxième choix du Canadien dans cette ronde derrière Jesse Ylonen. S’il devient le joueur attendu, le CH se félicitera d’avoir eu autant de choix dans cette ronde. Jacob Olofsson a constitué le troisième choix de cette ronde. Il devait en principe jouer au centre du premier trio de l’équipe suédoise au Championnat mondial junior, mais sa saison a été interrompue par une blessure.

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Alexander Romanov

Marc Bergevin a échangé son quatrième choix de deuxième tour, le dernier de cette ronde, pour des choix de troisième et cinquième ronde.

Le CH a repêché le défenseur Jordan Harris en troisième ronde et le Québécois Samuel Houde en cinquième. Harris montre de très belles promesses à Northeastern. Le second choix de la troisième ronde, le centre droitier Cam Hillis, a relancé sa carrière dans les rangs juniors après une saison marquée par les blessures l’an dernier. Hillis a 72 points en 53 matchs à Guelph, il en avait obtenu seulement 22 en 33 la saison passée.

En 2013, Montréal a repêché Jacob De La Rose, Zachary Fucale et Artturi Lehkonen en deuxième ronde. Seul Lehkonen est utile au Canadien. Il s’agissait d’une cuvée extrêmement faible. D’ailleurs, De La Rose et Lehkonen viennent au premier rang pour les matchs disputés dans la LNH parmi tous les choix de la deuxième ronde. Sans ces deux choix supplémentaires, Lehkonen n’appartient pas au Canadien aujourd’hui et on parle d’un repêchage complètement raté.

Il faut donc se réjouir de ce nombre important de choix au repêchage pour le CH. Mais il faut aussi modérer ses attentes. Il peut toujours y avoir des Romanov et le Canadien se donne les moyens d’en dénicher, mais il y a aussi beaucoup de Karabacek, de Sproul et de Nastasiuk…

À LIRE

Samedi, c’était la faute des arbitres. Mardi soir, les joueurs du CH. Claude Julien ne s’est pas gêné pour les blâmer, entre autres Nick Suzuki, son meilleur joueur depuis un mois. « Je ne peux pas mettre mes patins et jouer à leur place », a-t-il déclaré après le match. Malgré les difficultés, et elles sont nombreuses et sans doute dures à gérer émotionnellement, un entraîneur doit être en contrôle. Ça ne semble pas le cas actuellement. Tous les détails sur la soirée d’hier dans ces textes de Guillaume Lefrançois.