Il faisait bon de voir Jesperi Kotkaniemi s’éclater ainsi, mercredi soir, avec le Rocket de Laval.

Mathias Brunet Mathias Brunet
La Presse

Ses trois passes retiennent évidemment l’attention, le jeune homme porte ainsi son total à quatre aides en seulement deux matchs, mais son jeu dans l’ensemble à cinq contre cinq, au sein d’un redoutable trio complété par Charles Hudon et Jake Evans, demeure l’aspect le plus important dans son cas.

D’ailleurs sur ses quatre aides depuis sa rétrogradation, une seule, sur le deuxième but du match de Hudon, constituait une passe primaire. Mais quelle passe…

Son flegme, son cran, sa vision, sautaient d’abord aux yeux mercredi soir, disait-on. On a pu revoir par moments le Kotkaniemi confiant de la première moitié de saison l’an dernier. L’élément le plus frappant ? Le temps dont il disposait pour réaliser ses jeux. Il semblait nettement plus calme en possession de rondelle. Il a effectué quelques passes lumineuses qu'il avait l’habitude de réaliser l’an dernier.

Le voir dominer avec une telle aisance au plan offensif dans la Ligue américaine rassure. Son talent a toujours crevé les yeux, mais ses performances depuis un an avec le Canadien ont semé le doute chez certains, malgré son jeune âge.

Mais on oublie justement trop souvent son âge. Kotkaniemi pourrait jouer pour les Voltigeurs de Drummondville, les Foreurs de Val d’Or ou le Sting de Sarnia cet hiver (exemples fictifs, il n’a pas été réclamé au repêchage des joueurs étrangers en 2018).

La Ligue américaine n’est pas une ligue facile. Casey Mittelstadt, 21 ans, huitième choix au total en 2017, a 12 points en 20 matchs à Rochester depuis sa rétrogradation. Filip Zadina a amassé 35 points en 59 matchs l’an dernier à Grand Rapids. C’est très bien, mais un jeune premier, malgré tout son talent, ne « brûle » pas nécessairement pas la Ligue américaine à ses débuts là-bas.

Kotkaniemi est arrivé à Laval avec le sourire. Il a tenu des propos étonnants après sa première partie, en déclarant qu’il s’agissait de son match le plus agréable de l’année et qu’il appréciait sentir la confiance de ses entraineurs sur le banc.

Sa situation rappelle celle de Max Pacioretty en début de carrière. Après un départ prometteur à 19 ans sous Guy Carbonneau, Pacioretty a vu son temps d’utilisation diminuer drastiquement avec l’arrivée de Jacques Martin. Il avait 14 points, dont trois buts, en 52 matchs lorsqu’il a supplié l’organisation de le renvoyer dans la Ligue américaine.

« Quand j’ai été rappelé par Carbo, il m’a donné toute la confiance du monde et placé dans des situations pour réussir, avait-il déclaré aux journalistes en 2010. Et quand je faisais des erreurs, il ne me punissait pas. Si on ne me place pas dans un contexte pour me permettre de produire, je ne vois pas pourquoi je resterais à Montréal. Ils ont assez de joueurs de troisième et quatrième trios pour faire le travail. J’aime autant me retrouver à Hamilton. »

PHOTO FOURNIE PAR LES BULLDOGS DE HAMILTON

Max Pacioretty alors qu'il évoluait avec les Bulldogs de Hamilton.

Pacioretty a refait sa confiance à Hamilton. Il avait 32 points, dont 17 buts, en 27 matchs lorsqu’il a été rappelé par le CH la saison suivante. Un an plus tard, il marquait 33 buts.

Kotkaniemi jouait en moyenne 13 minutes par match à Montréal. Claude Julien a mis quelques mois avant de le faire jouer en supériorité numérique. Il a joué 17:12 mercredi contre Utica. Il n’a jamais atteint un tel sommet en deux ans à Montréal.

Il lui reste évidemment beaucoup de choses à apprendre. « Je lui donne beaucoup d’informations, a déclaré l’entraîneur Joël Bouchard après la rencontre. Je vais prendre le temps de lui montrer des séquences où il doit s’améliorer. On met la barre haute pour lui et on va travailler avec lui. Il doit casser certaines mauvaises habitudes pour progresser. »

Il faut maintenant le laisser terminer la saison à Laval. Et envoyer Ryan Poehling l’y rejoindre le plus rapidement possible, même si celui-ci a disputé l’un de ses bons matchs de la saison mardi au New Jersey.

PHOTO HUGO-SÉBASTIEN AUBERT, ARCHIVES LA PRESSE

Ryan Poehling

Avec sa victoire en prolongation mercredi, Laval a accentué à trois points son avance sur les Marlies de Toronto, au quatrième rang de sa division, dernière place donnant accès aux séries. Toronto a néanmoins deux matchs de plus à disputer.

L’arrivée de Kotkaniemi, doublée de celle de Poehling, donnerait un sérieux coup de pouce au Rocket dans le dernier droit. Et qui sait, l’occasion de disputer quelques rondes de séries éliminatoires.

Renvoyé à Laval avec Kotkaniemi, le défenseur droitier Cale Fleury a connu une soirée plus difficile. Tous ne s’ajustent pas aussi rapidement. Mais il a connu du succès l’an dernier avec le Rocket. Son retour en force ne devrait pas tarder.

Le rendement de Josh Brook confirme les craintes. Non seulement le jeune homme ne se démarque-t-il pas par une grande compréhension du jeu collectif, mais il perd la plupart de ses bagarres pour la rondelle. Ses 75 points en 59 matchs dans les rangs juniors en ont endormi plusieurs.

PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE

Josh Brook

Peut-être le moment serait-il choisi par Marc Bergevin de le refiler à un DG aveuglé par ses habiletés offensives afin d’obtenir un espoir de qualité à une autre position ?

Le match de mercredi était présenté sur les ondes de RDS. Le prochain sera diffusé le vendredi 21 février. Tous les matchs sont diffusés à la radio sur les ondes du 91,9 Sports.

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