Tomas Tatar est bien au fait des rumeurs d’échange qui le concernent, mais il aimerait mieux qu’on ne perde pas de temps avec ça, parce que lui, il n’a pas l’intention de perdre du temps avec ça.

Richard Labbé Richard Labbé
La Presse

« Les rumeurs ne m’affectent pas, je suis dans cette ligue depuis assez longtemps pour savoir comment ça fonctionne, a-t-il expliqué après l’entraînement de mercredi à Brossard. Il y aura toujours des rumeurs d’échange et à la fin, ça revient à une décision d’affaires, à ce que l’équipe veut bien décider. Mais moi, je veux rester. »

Au moment où le Canadien se prépare à affronter les Sabres à Buffalo, jeudi soir au KeyBank Center, il y a une réalité à laquelle le club ne peut échapper : ses chances d’obtenir une place en séries sont de plus en plus minces. Et ça, en retour, ça mène aux rumeurs que l’on sait, en prévision de la date limite des échanges dans la LNH qui va arriver dans moins d’un mois, le 24 février très précisément. Le nom de Tatar refait surface en premier pour des raisons contractuelles. L’attaquant de 29 ans a encore une année de contrat en poche, à un salaire de 4,8 millions de dollars américains. Si jamais la direction montréalaise souhaite poursuivre un peu plus son désormais célèbre plan de réinitialisation, il fait partie de ceux qui pourraient être sacrifiés.

Sauf que la question se pose : le club au passé glorieux peut-il vraiment se passer de lui ? Il est le meilleur marqueur de l’équipe avec 44 points en 51 matchs, mais surtout, Tatar est de cette race de joueurs qui aime être ici. De cette race pour qui le « marché de Montréal », comme on aime l’appeler d’un ton dramatique, n’est pas un problème, mais plutôt une source de motivation.

« J’ai joué à Detroit mais je n’ai jamais vécu quelque chose comme ça ici, jamais connu auparavant ce genre d’intérêt de la part des fans et des médias, a-t-il ajouté mercredi. Dans le monde du hockey, le sommet, il est ici. Pourquoi on joue au hockey ? On joue pour les fans, et on veut qu’il y ait un maximum de fans à nos matchs. Plus il y a de fans, mieux c’est. C’est ce que je retrouve ici et j’adore ça. Quand je rencontre des gens dans la rue, tout le monde est toujours super gentil avec moi. Ce n’est pas désagréable comme certains peuvent le laisser entendre. Montréal me rappelle l’Europe de par son architecture, de par son offre culinaire, de par la langue française. Ça me rappelle la maison. »

Il est évident que le joueur slovaque se sent ici comme chez lui, en effet. À sa première saison avec le Canadien l’an dernier, il a récolté un sommet de points en carrière, avec un total de 58. Avec un peu de chance, il pourra éclipser cette marque cette saison. Autre détail à ne pas négliger au moment de décider qui va partir et qui va rester en vue de la prochaine saison : Tomas Tatar est un joueur durable. Il n’a raté aucun match cette saison, et n’en a raté que deux en 2018-19, sa première avec le Canadien.

Au cours des quatre saisons précédentes, à Vegas et à Detroit, il a raté un total de seulement… une partie. Voilà pourquoi il affirme afficher la meilleure forme physique de toute sa vie.

« Je me sens bien, je n’ai pas souvent eu à composer avec des blessures lors de la ma carrière, a-t-il répondu. Je pense que j’en suis aux meilleurs moments de ma carrière, avec ma forme physique, avec mon expérience aussi. En tant que joueur de hockey, je suis vraiment à mon mieux. »

Pour Scandella, rien de spécial à Buffalo

Pour bien des gens, un voyage à Buffalo, ce n’est rien de spécial, et c’est aussi le cas pour Marco Scandella. Comprendre par là que le défenseur du Canadien, échangé par les Sabres il y a à peine un mois, va aborder la rencontre de jeudi soir comme toutes les autres. « Ça fait 10 ans que je suis dans cette ligue. Ça va être amusant de pouvoir jouer contre les Sabres, contre mes amis. Mais c’est seulement un autre match, un match important pour nous. Nous voulons les deux points et c’est la priorité. »